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Full text of "Mélanges botaniques, ou, Recueil d'observations, mémoires, et notices sur la botanique"

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MÉLANGES BOTANIQUES. 
| OU 


RECUEIL 


D'OBSERVATIONS , MÉMOIRES ET NOTICES 


SUR 


LA BOTANIQUE. 


Par N. C. SERINGE, 
«Mhembre de flaneurs ere Jarvaru et. 


VOL. IL 


N.0 3 DE LA coLLECTION. 


be 1824. #2 PLUS 


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GENEVE, 
Cuez L'AUTEUR, RUE DU PuiTs-ST.-PIERRE , N.0 116. 
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Me 5 DONNE à f PA MATE CE 
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À VIS. 


Mr SERINGE, est logé de manière à recevoir des pen- 
sionnaires ; il mettra à leur disposition son herbier et sa 
bibliothèque pour ceux d’entr’eux qui voudraient s’occu- 
per de botanique, et les facilitera en tout ce qui pourrait 
développer leurs connaissances, particulièrement dans 
celte branche de lhistoire-naturelle. Ses relations avec 
la plupart des professeurs le mettent dans le cas de veiller 
aux progrès des jeunes gens qu'on voudrait bien lui 
confier. Il enverra aux personnes qui le désireront le pro- 
gramme des cours publics et particuliers qui se font à 


Genève chaque année. 


Impr. de P.-A. Bonnanr. 


du dr à 


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MÉLANGES BOTANIQUES, 
OU RECUEIL D'OBSERVATIONS, 


MÉMOIRES ET NOTICES ‘£ 
SUR LA BOTANIQUE. , 3 à 
Par N. C. SERINGE. » 


N.° 3 DE LA COLLECTION. — MAI 1824. 


Notes sur les Plantæ selectæ siccæ collatæ in herbario 
DeCandollit et descripltæ in Prodromo systematis na- 
turalis regni vegetabilis, par N. C. SERINCE. 


L'ncertirune, où l’on se trouve souvent 
pour reconnaître d’après les descriptions 
les espèces des auteurs, rend les herbiers 
d'un si grand intérêt, qüe Jai cru qu'il im- 
porterait aux botanistes exacts de connaî- 
tre avec certitude au moins une partie des 
espèces qui se trouvent décrites dans le 
Prodromus de M: Decandolle. . Etant l'un 
des collaborateurs et chargé de l’arrange- 
ment de l’herbier de ce naturaliste profond, 
je me trouve à portée de connaître les plan- 


© tes décrites dans son ouvrage, Toutes celles 
ÉD | . 


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qui paraïtront dans ces centuriés auront 
été confrontées: sur l'herbier Décandolle, 
sur le mie, ou sur celui de l'auteur, qui 
aura travaillé telle ou telle famille ou genre, 
si J'ai eu occasion de le faire, et le point 
d'exclamation placé- après la citation con- 
firmera la confrontation. Les. citations de 
mes propres ouvrages n’en seront point ac- 
compagnées , car je dois connaître mes es- 
pèces. ou: variétés. Lorsque je n’auraï point 
ajouté de notes à la citation du Prodromus , 
ce sera un signe que je suis de l’avis de 
l’auteur; dans le cas contraire, ou lorsque 
j'aurai à y ajouter quelques remarques, je 
le ferai. 

| Je n’émptesserai dans les notes des cen- 
türies suivantes N le corriger les fautes qui 
äuraient pu se glisser, ou bien jindiqueraï 
l'opinion de tel ou tel botaniste, qui aurait 
fait une critique, qui cependant n'aurait 
pu me décider à changer d'avis. 

Ces centuries rénférmeront non-seule- 
ent des plantes européennes, mais en- 
coré des espèces exotiques, cultivées ou 
spontanées mêmes, sije puis m’en procurer. 


(3) 

Je ne méttrai dans cette collection des 
plantes commuñes, que lorsqu'elles pour- 
ront servir à montrer des différences spé- 
cifiques. Je ferai tous mes efforts pour les 
donner en fleur et en fruit, et si dans le 
moment dé là publication, je ne puis don- 
nér la plante dans tous les états où elle 
pourrait offrir de l'intérêt, jy pourvoirai 
dans la suite par supplément dans l’une des 
centuries ultérieures. Chaque espèce est 
accompagnée de tout l’artiele contenu dans 
ces notes, êt s’il convient aux botanistes 
de les ranger dans l’ordre naturel du Pro- 
dromus, ce que je leur conseille, ils n’au- 
ront qu'à ajouter au bas dé l'étiquette Ser. 
plant. sel. n. .... (1824. ou tout autre 
année de publication. Cette date indiquera 
les changemens successifs qui auraient pu 
s’opérer. Les exemplaires supplémentaires 
seront envoyés gratuitement aux acqué- 
reurs. 

J'emploirai tous les moyens pour rendre 
cette collection instructive par un bon 
choix d'exemplaires en différents états, et 
quelquefois par des analyses de fleurs, 


(4) 
comme Je l'ai fait dans cette centurie pour 
plusieurs espèces du genre Æconüum. J’y 
joindrai même par fois des gravures. Je 
n'enverrai point d'exemplaires séparés. 

Le texte est terminé par un tableau 
méthodique des espèces contenues dans la 
la centurie, et par une table alphabétique 
des espèces ou variétés adoptées et de leurs 
synonymes. 

Le prix de chaque centurie est de :24 
francs de France, mais les souscripteurs 
ne la payeront.que 20 francs. Ils voudront 
bien envoyer, franc de port, le montant de 
deux centuries à la fois, en recevant les 
centuries impaires. Pour cette somme l’ac- 
quéreur recevra dans du papier blanc 100 
espèces ou variétés, accompagnées du texte 
coupé par fragments et ce même texte bro- 
ché. Les personnes qui préféreraient faire. 
en partie des échanges de plantes sèches. 
ou de livres sont priées d'adresser leurs. 
propositions à M." Seringe, à Genève, rue 
du Puits St.-Pierre, n.° 116. 


Lane serrée] 


ORDO I RANUNCULACEZÆ, 


D Crturre PARVIFLORA DC. in mém. soc. genev. I. 
p.433. * et prodr. I. p. 9. n. 76! hort. genev. ined. icon. 


Cultivée au Jardin de Genève. 
LA 


2. CrewaTis ArpiNa ill. dict, n. 9. DC, syst. 1. 
p.165. n. 80 *! et prodr. I. p. 10. n. 32! Atragene 
Alpina Linn. spec. 764. 


Pommier , près Genève, 


3. THazicrRuM ArriNbm Zénn, spec. 767. DC, syst. I. 
P: 175. n. 14 *! et prodr. I. p. 19. n. 19! , 


Pâturages des Pyrénées-Orientales, 


Les exemplaires des monts Altaï, ceux des montagnes 
d'Écosse sont en tout semblables à ceux des Pyrénées, 
tandis que ceux qui proviennent du Grœnland ont la 
hampe un peu plus élevée et les fleurs ainsi que les lobes 
des feuilles un peu plus distants, mais d’ailleurs parfai- 
tement semblables, (Note d’apr. l'herb. de M. Decandolle.) 


h. THALICTRUM SIMPLEX # NIGRICANS Ser. plant. sel. — 
OEd. fl. dan. t. 24h. T. nigricans Jacq. fl. austr. 5.6 


I 


(6) 


421. DC. syst. I. p. 182 * ! et prodr. L. p. 1h, n. 35! Th. 
simplex Linn. mant. 78. DC. syst. I. p.183, n. 34*1 
prodr. I. p: 15. n. ho ! 
Genève, près le bois de la Bâtie. 
Si quelqu'un veut entreprendre un travail sur ce genre, 
il faut qu'il s'attache aux caractères du fruit, et nullement 
à ceux de la largeur ou de l’étroitesse des lobes des feuil- 
les. On ne peut s'entendre et on ne s’entendra jamais sur 
les espèces de ce genre, rendu très-difficile, que lors- 
‘ qu’on récoltera des exemplaires en fruit, èt que l’on fera 
abstraction de ceux tirés des feuilles. Les carpelles dans 
cette espèce sont courtement ovoides, très-sessiles et re- 
levés de côtes obtuses nombreuses. 


5. THALICTRUM SIMPLEX  cALIOÏDES Ser. plant. sel. Th. 
galioides Nestl! in Pers. ench. 2. p. 101. DC. syst. I. 
180 *! et in prodr. I. p. 14. n. 34? Deless. ic. sel. x. t. 
IT. Th. angustifolum LR galioïdes DC. fl. fr. r. 4601 * ! 

Bois d’Illkirch, près Strasbourg. (M. Palm.) 

Ne se distingue de la variété précédente que par l’étroi- 
tesse des lobes de ses feuilles, les fruits sont parfaitement 
semblables. 


6. THALICTRUM FLAVOM Lénn. spec. 770. var. &. DC. 
syst. I. p. 182. 7. 32“! prodr. I. p. 14. n. 38! 


Marais de Villeneuve. ( Canton de Vaud.) 


7. ANEMONE Bazpensis Linn. mant. 79. DC. syst.I. 
P- 203. n. 23 * ! et prodr. I. p. 19. %& 25! 


“{ 4) 


A. fragifera Murr. syst. 510. 


Breson. (Montagne de Savoie.) 


8. ANEMONE NEMOROSA + MULTIPLEX Ser. plant. sel. 
Cultivée à Genève, dans le jardin Dufour, 

Cette variété peu connue est remarquable par ses éta- 
mines transformées en pétales, mais qui, à la manière de 
plusieurs autres anémones doubles, ne s’élèvent qu'a 
moitié de la hauteur des sépales. Fleurs blanches. 


9- ANEMONE NARCISSIFLORA Linn. spec. 763. DC. 
syst. I. p. 212. n. 41 & * ! et prodr. I. p. 21! 


Breson. (Montagne de Savoie.) 


10. Mxosurus miNimus ZLinn. spec. Lho7. DC. syst. I. 
pP-229! et prodr. I. p. 25. n. 11 Schlecht. anim. I. p. 6. 
KRanunculus Myosurus Afz. in Liljebl. sv. fl. 230. 


Metz, dans les mares: 


.. 


Chaque sépale longuement prolongé au-delà de son in- 
sertion en un long appendice étroit, les pétales en cornet 
et longuement onguiculés, la forme des fruits et le port 
de la plante me semblent bien suffisants pour consti- 
tuer un genre, et m'empéchent d’être de l'opinion de 
M. Schlechtendal, 1. c., qui veut qu’on réunisse cette 
plante au genre Ranunculus. 


11. RaNUNCuIUS AQUATILIS + cæspiTosus DC. prodr. I. 
p-26.n.3!R.pantothrix R cæspitosus DC. syst. I. p.236"! 
B. aquatilis y capillaceus b abrotanifolius Walir ! in litt. 


(en 
Berne, sur les bords peu inclinés d’une mare, dont l'eau 
s'était retirée. 

Les carpelles des Ranunculus hederaceus, tripartitus , 
aquatilis et pantothrix, sont tellement semblables (obo- 
voides légèrement ridées en travers) que je crois qu'en 
cherchant bien les passages, on tronvera par les feuilles 
la transition de ces prétendues espèces les unes aux autres: 
1.° identité parfaite de forme de carpelles; 2.° glabréité et 
pubescence variable d’un exemplaire à l’autre; 3.2 varia- 
tion infinie dans la découpure des feuilles; 4.0 glabréité et 
pubescence des feuilles non moins variables que eelles des 
carpelles. Mon opinion est que toute la section des Ba- 
trachium DC. syst. I. p. 233. ( dont M. Decandolle vient 
de retirer le R. biternatus pour le transporter dans la 
section des Hecatonia, et qui se distingue éminemment 
par des carpelles lisses et surmontés chacun d’un long 
style courbé) ne doit constituer qu’une seule espèce, 
caractérisée à peu près comme M. Decandolle a ca- 
ractérisé sa section : carpellis ovatis muticis rugulosis, ru- 
gulis transversis, pedunculis unifloris oppositifoliis. — 
Flores albi ungue flavo foveol& ad basin nectarifer& ex- 
squammulaté. — Plantæ aquaticæ ; folia emersa dentata 
vel sublobata, immersa capillaceo - multifida ; radices 
Jtbrosæ. 

Je suis sûr que la découpure des feuiiles dans le genre 
Ranunculus, ainsi que dans beaucoup d’autres, où l’on 
fait un abus vraiment révoltant de ce pauvre caractère, 
n’est d'aucune importance : c’est dans les fruits seuls , 


qu’il faut chercher les vrais caractères spécifiques. D’ail- 


(rt: 


leurs je soumets cette idée à de sages et patients observa- 
teurs, en les priant de ne pas la rejeter sans un examen 
plus approfondi que celui que l’on en a fait jusqu'à 
présent. Il nous est plus facile de voir superficiellement 
la nature, que de saisir toutes les modifications de formes 
qu'elle se plait à revêtir dans une même espèce. 

Tant que nous n’aurons pas de bons dessins de fruits 
des Renoncules, nous ne pourrons nous flatter de connai- 
tre un genre, dont nous ne nous faisons qu'un simple 
Jouet, — Les personnes qu'il intéresserait, sont prices 
de m'envoyer des exemplaires en fruits murs et peu 
comprimés, 


12. Ranuncuzus Tuora Zénn. spec. 57h. DC. syst. I. 
P: 264 * ! et prodr. I. p. 30. n. 29! 

R. foliis coriaceis suborbiculatis, nervis numerosissümis 
reticulato-anastomosantibus margine crenatis vel lobato- 
dentatis , carpellis capitulatis reticulato-anastomosantibus 


sublateraliter mucronaitis, mucrone recto. 


LS 


æ VULGARIS Ser, plant. sel. foliis crenatis apice emar- 
ginatis, brateis profundè acutéque trilobis, caule sub- 
bifloro. 

Jura et Alpes de Savoie. ; 

Cette espèce, très-bien décrite par M. Decandolle, 1. Lu 
n'est pas moins variable dans la découpure de ses feuilles 
et surtout de ses bractées, que tant d’autres espèces de 
ce genre, ce qui a donné lieu à plusieurs dédoublements 
qui ne sont que des variétés. Ce R. Thora, toujours très- 


reconnaissable à son rhizoma horizontal, est garni de 


(10) 


fibres grumeleuses, souvent courtes et très-renflées, 
moins fréquemment alongées et alors moins épaisses; Je 
possède même des exemplaires où les deux états sont 
réunis sur le même individu. Rarement on rencontre la 
feuille radicale; mais ce que cette espèce offre de plus 
constant, ce sont des feuilles relevées d’un réseau de ner- 
vures fréquemment anastomosées, des bords crénelés et 
leur état coriace à leur entier développement. D'ailleurs 
les bractées sont. entières 2—3—b5— lobées, la tige est 
rarement 2—3— flore, les fleurs sont jaunes, les sé- 
pales et pétales concaves, et les carpelles, qui sont peu 
nombreux et réunis en tête lâche, sont très-ventrus et 
relevés de légères nervures anastomosées, qui, avec bien 
d’autres éxemples, tendent manifestement à confirmer les 
idées de M. Decandolle, qui pense que chaque carpelle 
mono ou polysperme, est formée d’une feuille ployée 
dans sa longueur. En outre le mucrone qui termine cha- 
que carpelle est droit lorsque sa direction n’a pas été 
changée par la dessication. 

Si ensuite on examine les caracteres attribués aux À. 
scutatus, brevifolius et hybridus, on verra, comme l'a 
très-bien observé l'excellent observateur Schlechtendal, 


qu’ils ne peuvent former que des variétés. 


£. scurarus Wahlenb. fl. carp. n. br. caule elato 
subtrifloro, foliis amplissimis. R. scutatus Waldst. et 
Kit. plant. hung. II. p. 205. t. 187 * et DC. prodr, I. 


p. 30, n. 30! 


> BREVIFOLIUS Ser. mss., folis renifomibus subtrun- 


catis apice profundé latèque crenatis, bracteis incisa- 


(11) 
lobatis, lobis latioribus. R. Thora Hopp. herb. viv.! Sturrm 
deutschl, fl. icon. R. brevifolius Tenor. fl. neap. prodr. IL. 
p. 68. et DC. prodr. I. p. 30! K. hybridus Bir. ren. 38. 
et DC. prodr. I. p. 30. n. 32 ! 

D'ailleurs comment pouvoir penser que le À. Aybridus 
soit un hybride du Thora et de l'auricomus, puisque 
ces deux espèces fleurissent à des époques et à des hau- 
teurs bien différentes, et qu'il est absolument impos- 


sible que l’une soit fécondée par l’autre. 


13. RANUNCULUS GLACIALIS & ERIOSEPALA Ser. plant. 
sel. sepalis lanatis. R,. glacialis DC. syst. I. p. 238 ! prod. 
4 p:,50, n. 30! 


Grimsel. 


Les feuilles de cette espèce ne varient pas moins dans 
le nombre et la forme de leurs lobules que dans leur 
pubescence; mais elle est assez facile à reconnaître à ses 
sépales ovés obtus, épais, le plus souvent couverts de 
poils roux, tandis que le R. Seguiert a des sépales mem- 
braneux. D'ailleurs une autre variété de cette espèce 
{leiosepala) se distingue par ses sépales glabres. 

Le R. frigidus Willd. spec. II. p. 13122 DC. prodr. I. 
P- 35. n. 79! n’est très-probablement pas à fleurs jau- 
nes; on peut faciiement s'être trompé dans l’herbier, et 
avoir pris des fleurs blanches ( qui passent facilement 
au jaune )pour des jaunes. Je soupconne que cetle plante 
doit être rapprochée du À. glacialis, dont il a la fleur et 
surtout les sépales ovales obtus et couverts de poils rous- 
sâtres et laineux. Les feuilles à la vérité sont d’une forme 
bien différente f foliis radicalibus cuneatis obovatis orbi- 
culatisve apice grossé dentasis incisis, etc.), elles ne 


‘ 


(12) 


semblent pas d’un tissu succulent comme dans le A. gla- 
cialis, et il faudrait en connaître les fruits. Tengage 
donc les botanistes, qui auraient occasion d'examiner 
sur les lieux cette espèce, de le faire attentivement pour 
confirmer ou rejeter mon opinion. Il faudrait aussi voir 
si le R. rivalis; du moins celui envoyé par M. Steven 
et récolté en Sibérie, n’appartiendrait pas encore au R. 
glacialis. Le R. Algidus ne serait-il pas aussi dans le 
même cas ? 


14. RANUNCULUS ALPESTRIS & VULGARIS Ser. plant. sel. 
R. alpestris Linn. spec. 778. DC. syst. I. p. 239. n. 10* 
prodr. 1. p. 31. n. 39! Schlecht. anim. 1. p. 13. * 

Alpes de Savoie. 

Cette espèce, d'autant plus polymorphe qu’elle est 
plus commune dans les paturages alpestres, se recon- 
naït aux caractères suivants : zampe uniflore ( rarement 
2—3— flore) munie de 1 à 2 bractées foliacées, ordi- 
nairement spalulées entières ou trilobées; /euilles lon- 
guement pétiolées cordiforme-suborbiculaires trilobées, 
lobes incombants ou distants lobulés au sommet en larges 
crénélures; petioles dilatés et membraneux à leur base; 
fleurs blanches, pétales obcordés ( rarement trilobés }, 
marqués de nombreuses nervures presque parallèles 
fourchues au sommet; sépales oblongs membraneux 
presque aussi longs que la corolle, et relevés de nom- 
breuses nervures parallèles ; carpelles nombreux ascen- 
dens presque vésiculeux faiblement nervés, surmontés 
chacun d’un mucrone crochu et disposés en capitule 
ovoide. 


(13) 

M. Schlechtendal a bien-raison de ne faire qu'une 
variété du À. Traunfellneri Hoppe et Horneschuch cent. 
3! et in flora 1820. p. 681. et 69r. icon. Je n’ai point en 
ce moment sous les yeux d’exemplaire de ce À. Traunfell- 
neri, mais je doute que la figure que M. Hoppe en a 
donnée, 1. c., soit bien faite dans ses détails, les car- 
pelles sont enflés et leurs sutures à peine visibles dans 
la nature, tandis que dans la figure, ces sutures sont 
très-marquées et les carpelles applatis. Les sépales sont 
aussi figurés beaucoup trop courts et ovés, tandis que 
je les ai toujours trouvés régulièrement oblongs. 

J'ai aussi trouvé dans l’herbier de M. Decandolle, des 
exemplaires de ce À. alpestris, dont quelques pétales 
étaient irrégulièrement et obtusément lobés. | Ser. £. 1. 
fig. h.) I y a aussi de fort grandes probabilités que le 
R. pobrhizos Steph. in Willd. spec. 11. p. 1324 * d’après 
DC. prod. I. p. 35! appartient aussi à cette espèce. Je 
sais bien qu’elle est dans un paragraphe dont les espèces 
ont les fleurs blanches, mais je crois que la dessication 

_seule a produit cette erreur. 


15. RANUNCULUS ALPESTRIS d' DIVERSIFOLIUS Se, 
plant. sel. et mél. bot. 2. t. x. lobis foliorum valdé po- 
lymorphis 1—2—3—lobulatis, lobulis cuneiformibus vel 
oblongis. 

Alpes de Savoie. 


En examinant beaucoup d'exemplaires de ce Ranur- 
culus , on en trouve toujours un certain nombre dont 
les lobes des feuilles sont extrémement dissemblables, 
soit dans la même feuille, soit sur les différentes feuilles 


2 


C14) 


du méme exemplaire. J’ai fait figurer de préférence une 
espèce bien distincte pour prouver le peu d'importance 
qu’il faut mettre dans la plupart des espèces à la denture 
ou lobation des feuilles, laquelle a fait et fera encore 
commettre bien des erreurs. En général Ü ne faut se 
servir des feuilles que comme caractère accessoire, et tou- 
Jours en chercher d’autres dans les fleurs ou dans les 
fruits, dans l’inflorescence, etc. 


16. RaxxGuLEs PyRENÆUS & VULGARIS Ser. plant. 
sel. R. Pyrenœus Linn. mant.: 248. DC. syst. I. p. 243. 
ñn. 16*! et prodr. I. p. 31. n. 45! 


Alpes de Savoie. 


Pédoncules velus faiblement striés; sépales elliptiques 
membraneux, marqués de nombreuses nervures paral- 
lèles et opaques; ‘fruits disposés en capitules ovoïdes; 
carpelles fortement ventrus , relevés de fréquentes et 
légères nervures parallèles, puis terminés par un mu- 
crone cylindrique manifestement crochu au sommet dès 


la floraison et dirigé en dehors. 


17. RANUNGULUS PYRENAEUS + PLANTAGINEUS DC. 
syst. 1. p. 243. n. 16! et prod, 1.p.31.n. 45.37! R. 
plantagineus AÙ. fl. ped. n. 1445. t, 76. f 1. 

- St.-Bernard. 


Se distingue de la variété ordinaire, en passant par 
plusieurs nuances intermédiaires, à ses feuilles larges, qui 
ressemblent assez à celles du Plantago lanceolata , et a 
ses tiges multiflores. — La var. & DC. 1. c. (buplevri- 
folia) est le passage de la var, vulgaris à la var. plan- 
taginea. 


(45) 
18. RanuncuLus ANcusTIFOLIUS DC. rapp. voy. 1. p. 


18 ! syst. 1. p. 243*! prod. 1. p. 32! Deless. icon, n. 46. 
sel 20197. /.A. 


Pyrénées-Orientales. L 


Diffère du R. Pyrenaeus par les caractères suivants : 
Pédoncules glabres ; fortement striées; fruits disposés en 
capitules sphériques ; carpelles ventrus, relevés de trois 
nervures principales saillantes, qui vont former au so- 
met un mucrone triquètre, droit pendant la fleurai- 
son, et à peine recourbé à la maturité. 

+ 

19. RANUNCULUS PARNASSIFOLIUS Lérn. spec. 774. DC. 

syst. 1. p. 244 * ! et prod. x, p.32. n. 48! 
Alpes de Savoie, (Breson.) 

Peduncules striés velus; sépales ovoide-orbiculaires 
demi-membraneux; feuilles presque coriaces ; fruits dis- 
posés en capitules sphérique; carpelles ventrus légère- 
ment rugueux, sans nervures sensibles et terminés par 
un mucrone presque cylindrique, crochu pendant la fleu- 
raison et roulé en spirale à la maturité. 


20 RANUNCULUS CGRAMINEUS Lin. spec.773. Smith eng. 
bot. t. 2306. DC. syst. I. p. 245* ! prod. £ P:32. n.49 
Vallais. 


Cette espèce, assez bien caractérisée par ses feuilles 
linéaires et ses fleurs jaunes, le sera probablement bien 
mieux par ses fruits, qui autant que j'ai pu les voir sur 
des exemplaires à peine défleuris, se transforment en 
gapitules très-courts et comme tronqués, etc. 


C:16 ) 
21. RANUNCGULUS SCELERATUS & VULGARIS Ser. plant. 
sel. R. sceleratus Linn: spec. 776. DC. syst, I. p. 268. r. 
66.* & ! prodr. I, p. 34. n. 66! 


Fossés de Genève. 


, ù où 

, Capitules ovoïde-oblongs; carpelles très-nombreux, 
très-petits, presque lenticulaires, garnis d’un large rebord 
plat et terminés par un mucrone à peine visible; ré- 


ceptacle charnu oblong très-grand et poilu. 


2 


22. RANUNGUEUS NEMOROSUS B paucrrrorus, DC. 
SYSte La pe 280 * ! prodr. I. p. 37. n. 94 ! 
Salève. 


Capitules de fruits sphériques; carpelles presque lenti- 
culaires; zervure marginale large, formée sur chaque face 
de deux lignes saillantes distantes; mucrone comprimé 
manisfestement tetraquètre à sa base et crochu à son 


sommet. 


\ 


23. RANUNCULUS LANUGINOSUS y PARVULUS DC. prodr. 
Z. p.370: 7 ! 
Sommets du Jura, pres Soleure. (Suisse.) 


Cette variété naine du À, lanuginosus croit parmi 
les pâturages entourés de bois des sommités du 
Jura; elle est remarquable par son extrême peti- 
tesse et le peu de fleurs qu’elle porte. — D'ailleurs 
lespèce se distingue du R. zemorosus DC, par les ca- 
ractères suivants : Capitules de fruits larges et déprimés; 
carpelles ohovés comprimés ; bords formés sur chaque 


(472 


{ace de deux lignes tellement rapprochées qu’elles sont 
presque confondues en une seuleÿ zucrone comprimé, 


presque tétraquètre à sa base et crochu au sommet. 


LL 
24. RANUNGULUS PHILONOTIS & VULGARIS Ser, plant, sel. 
R. philonotis Ekhrh. beytr "2, p, 145. DC, syst. I 
pe 296. n, 125. * var. & ! prod, I. p, 41, n 136 ! 


Prés marécageux des environs de Genève. 


Cette espèce est facilement reconnaissable , sous une 
multitude de grandeurs, de ramifications ou de nombre 
de tiges et de lobation de ses feuilles, aux caractères 
suivants : sépales réfléchis; rapitules sphériques; carpelles 
Jenticulaires , bordés de deux lignes vertes trés-rappro- 
chées, faces ruussâtres plus ou moins relevées de tu- 
bercules ponctiformes rarement prolongés en épines ; mu- 
crone large, oblique, court , comprimé , sans au- 
cune flexion au sommet. — Cette variété se distingue 
à des tiges très- rameuses et gazonnantes, 


25. RANUNCULUS PHILONOTIS Ê INTERMEDIUS DC, syst. 
z P° 297 D prodr, 1? P: L1. le 136 ! 
R. intermedius Poir, dict, 6. p, 116 *, 


Genève, près de Sous-Terre. 
Cette variété est remarquable par ses tiges souvent 


assez élevées, très-rameuses, et surtout par les lobes 
larges et peu profonds de ses feuilles peu velues. 


26. RanuNCuLUS PHILONOTIS + PARvULUS DC, syst, I. 
P: 297 ! prodr, I, p. 41. n, 136! R. parvulus Lin, mant, 79e” 


À 


(80) 
Metz. 


" , Se distingue à sa tige unique, peu rameuse et moins 


élevée que dans les précédentes variétés. 


27. NicELLa ARvENSIS Linn. spec. 753. DC. syst. I. 

2: 329, 2.7"! prodr. Imp. 49, n. 7! 
Metz. 

Cette espèce, extrêmement variable dans la ramifca- 
tion de sa tige et dans la longueur des lobes de ses 
feuilles, se distingue de toutes les autres à ses sépales 
presque circulaires longuement onguiculés et brusque- 
ment acuminés, à ses pétales bilobées marqués de trois 
lignes transversales brunâtres, et à ses graines ovoide< 
triquètres couvertes de petits points relevés très-rappro- 
chés. D'ailleurs l’exemplaire de la N. divaricata Beau- 
pré ( Decandolle herb.) qui a servi à faire la figure, qu'à 
donnée M. Delessert dans ses Zcones seleciæ I. t. 46, 
n’est qu'un exemplaire très-ramifié dès sa base et dont 
les lobes des feuilles sont plus courts, qu'ils ne le sont 
ordinairement dans la N, arvensis; mais dont on ne 


peut faire que la N. arvensis R divaricata. 


28. AQuiLecIA Azpina Linn, spec. 7h92. DC, syst. J. 
p.336, n. 5*! prodr. I. p. bo, n. 5! 


Breson, (Savoie. ) 


29. DEzPHINIUM CONSOLIDA œ@ CLABRIUSCULUM 67. 
plant. sel. D. Consolida Linn. spec. 748. DC. syst. I. p. 
FRS NE prodr I. pa DT. Ti LE 

va F 


2 


(19) 


Genève, dans les boissons. 

Cette plante, ordinairement glabre dans toutes ses 
parties, excepté la tige couverte de poils gris et cou- 
chés, passe cependant aussi quelquefois à l’état canes- 
cent dans toutes ses parties, même les capsules : elle doit 
constituer le D, Consolida incanum. (Vue en cet état dans 
l’herbier Decandolle. ) 


30. ACONITUM ANTHORA pe VULGARE Ser. mus, helv. 
I. p.130* et in DC. prodr. I. p. 56. n. 1. 4. Anthora 
Schleich. cat. 1821. p. db! ex herb. DC. 


Reculet. (Jura.) 


31. ACONITUM ANTHORA € INCLINATUM Ser. mus. help. 
Bpain,t. 154 2, sétun DC.-prodr: Te p.57 
Reculet. 


32% AconiTum ANTHORA Ÿ EULOPHUM Ser. mus. he. 
I. p. 131* et in DC. prodr. I. p. 57. L dE 

A. nemorosum Fisch. gor.! ex herb. DC. 1822, 
Ufranid. 


Reculet. 


_33. ACONITUM ANTHORA © MULTICUCULLATUM 67. 
in DC. prodr. I. ‘p. 57. 


A. Anthora (monstruosum) Ser. mus. hel. t. 16. 


Figure faite sur un exemplaire du Reculet. 


34. Aconrrum Lycoctronum & vULGARE Se. mus. help. 


(20) 


ARE io er OT Es er ir DC. prodr. I. p. by. 
n.2! À, Lycoctonum @ Clusianum Wall. sched., crit, 2504 
excl, syn. DC. (A, Lycoctonum glabriflorum. ) 


Salève, près Genève. 


35. AconiTum LycocToONuM + GRANDIFLORUM er, 
mus. kel, I p. 134 * et ir DC, prodr. I. p, 57. 


Dolaz. (Jura.) 


36. AconiTum Lycocronum d' PENNINUN Sers muSs 
ele, I. p, 134, et in DC. prodr. I, p. 57, 
Grand St.-Bernard. 


37. Aconirum Lycocrprum € PUBERULUM (67, NUS s 
hele. I. ps 134* et in DC, prodr. I, p, 58. 


Genève. (Bois de la Bâtie.) 


C’est certainement à cette variété que se rapporte l4, 
cynoctonum, que m'a envoyé M. W. Gerhard; mais 
n'ayant trouvé nulle part de description de cette espèce, 
je ne suis pas bien sûr que ce soit cet état que M. Rei- 
chenbach ait décrit sous ce nom, mais elle vient de 
Leipzig. — Cette variété, ainsi que les autres, offrent 
des passages des lobes aigus aux lobes obtus. 

M. Wallroth à envoyé à M. Decandolle depuis l’im- 
pression de mon esquisse un exemplaire de l 4. Thalia- 
num, dont il a fait son 4. Zycoctonum « Thalianum 
dans ses schedul, crit, p. 249, c’est une variété bien 
tranchée par les lobes de ses feuilles formant des carré- 
longs assez réguliers, profondément crénelés à leur 


( 214) 


sommet; d'après l’exemplaire que j'en ai vu, celte va- 
riélé peut être caractérisée de cette manicre : 4:pélosum , 
floribus laxis subpaniculatis, gale4 magné, pilis pedun- 
culorum longis refractis, ovarüis glabris, lobis foliorum 


subquadratis apice profundé dentato-crenatis, 


38. ACONITUM OCHROLEUCUM æ& VULCARE Ser. plant. 
sel. cent. 1., caule pedunculis pedicellisque tomentosis , 
Pilss curvatis. ; 

1. ochroleucu « Ser. in DC. prodr. I. p. 58 jn:3, et 


mus. he. I. p. 137 cum syn. 


er. : 


39. ACONITUM BARBATUM & COREALE Ser. plant. sel, 
caule pedunculisque pilis tenuibus curvatis tectis. 

A. boreale Ser. in Reichenb. uebers. p. 62. 

A. barbatum DC. syst. I. p. 367 ! et Ser. in DC. prodr. 
Ep 06: 72. 4. 

Mouive. 

Cette espèce est celle de tous les Aconits, qui res- 
semble le plus aux fleurs du genre Delphinium. La var. 
@ doit être modifiée comme il suit. 

B uisprpum Ser. mus. helv. I. p. 139.* pilis caulinis 
pedunculorumque crassiusculis patentibus rectis. 

A. hispidum DC. syst. I. p. 367! 

A. barbatum Deless. ic. sel. 1. t. 64. non DC! 

I1 se sera glissé quelque erreur dans le moment où 


lon a dessiné ou gravé ia figure citée, car les exem- 


plaires de l'herbier Decandolle sont en rapport avec les 


3 


PE À PO ER EE PE 


(22) 


descriptions que M. Decandolle a données de ces deux 


. espèces dans son Systema. 


40. ACONITUM VARIEGATUM {À PALLIDIFLORUM er. 
mus. hele. I. p. 140* et in DC. prodr. I. p. 59. n. b. 


Cultivé. 


Lt. ACONITUM ROSTRATUM æ&@ JUDENMERGENSE er. 
mus \helb. J\p. 142.* & 16.1 16, ares DC: prodr. 
F3 pi bo. ra ‘9. 

A. inunctum Schleich. exs.! ex kerb. DC, 1821, 


Stokhorn. (Canton de Berne.) 


42. Aconrrum mesxcynum DC. syst. I. p. € Lt 
Ser. mus. helv. I. p. 143* t. 15. f. 18, 19. et in DC. 
prod. I. p. 59. n. 8. | 


Cultivé. (Provenant d’un pied vivant récolté à la Gemmi.) 


De tous les exerhplaires qui se trouvent sous ce nom 
dans lherbier Decandolle, il n’y a que celui récolté à 
Lavaraz par M. Ph. Thomas (1816), qui soit semblable à 
ma plante. Cette espèce se distingue toujours à une tige 
et à des rameaux très-rigides et assez gros, les rameaux 
de la panicule forment avec l'axe des angles assez aigus, 
Malgré qu’il se trouve dans la même enveloppe des exem- 
plaires appartenant probablement au rostratum, je ne 
doute pas que M. Decandolle ait eu en vue lexem- 
plaire de Lavaraz, puisque c’est le seul qui porte lindi- 


cation de la localité citée dans son Systema. Les autres 


exemplaires sont sans lieu natal et incomplets. 


nr "0 à dé US LS. 


(299 
L 
43: ACONITUM PANICULATUM æ& PENNINUM Ser. mus. 


he. I. p. 144" etin DC, prodr. I. p. 60. n. 9. 
Grand St.-Bernard, 


h4. ACONITUM PANICULATUM d'FLEXICAULE Ser. mus. 


liel. I. p. 145* et in DC. prodr. 1. p. 60. n. 9. 


Breson. (Montagne de Savoie, près Bonneville.) 


45. Acon1TUM JAPONICUM & CARNEUM Ser. mus. heb. 
Z. p. 146* &. 15. f. 29, 23. et in DC. prodr. I. p. 60. 


fl. IO. 


Cultivé. 


46. AcoNITUM TORTUOSUM B 1LLINITUM Ser. mus. helv. 

I. p.148* t. 15. f. 28, 29. et in DC. prodr. I. p. 61. n. 13. 
Cultivé. 

L'exemplaire sur lequel la variété a été faite [7 oe- 
TUSATUM paniculé pauciflor4 puberul& ,  foliis reni- 
Jormibus profundè simpliciterque lobatis ; lobulis obo- 
vatis mucronulatis ) vient de M. de Laharpe, qui a 
bien voulu n’en faire le sacrifice : il l'a récolté au bout 
de la grande pièce d’eau de Meudon près de Paris. 
M. Reynier m'écrit qu'il a été comparé à un exem- 
plaire de V4, autumnale Reichenb. que M. Charpentier 
tient de l’auteur. lui-même. Si cela était, ce que je ne 
puis croire, il faudrait rapporter au tortuosum la table 
17 f. 2 de Reichenb. mon. acon., que je persiste à citer 
à mon À. Napellus grossum. L’exemplaire que j'ai sous 
les yeux à les fleurs moitié plus petites que dans mon 


A. tortuosum élinitum, les capuchons sont aussi beau- 


RP EE 


19 
coup moins grands, mais ils ont PAPAS la forme très- 
particulière à cette espèce. 


45. ACONITUM INTERMEDIUM @ GLABRUM Se. mMmus. 


helv. I. p. 162* £, 15. f. 39, 4o, 49, et in DC. prodr: I. 
p- G1- (re: 219. 


4 Stôrkianum ex W. Gerhard! in lité. 
Cultive. 
J'ai recu, non de M, Reïichenbach, mais de M. W. Ge- 
rhard, de Leipzig, l’Aconitum Stôrkianum , que je con- 
tinue à rapporlier à l'A. intermedium , établi un an avant 
celui de Stérkianum. D'ailleurs je doute toujours beau- 


coup que la figure qu'a donnée Stôrk se rapporte à PA. 
intermedium. 


Ld 


48. ACONITUM INTERMEDIUM f VERSICOLOR 4$e7, maus. 
helv. I. p. 152 * et èn DC. prodr. I. p. 61. n. 19. 
A. versicolor Lodd. bot. cab. t. 594 (bona). 


Cultivé. 


49. AconiTum NaPerLus f spicaTum Ser. mus. helv. 
I. p. 154 * etin DC. prodr. I. p. 62. n. 20. 


Stokhorn. (Canton MR” ) 


Fo. ACoNITUM NAPELLUS 7 BRACTEOSUM Ser. mus. 
ke. I. p. 154, et in DC! prodr. I. p. 62. n. 20. 


Gemmi, entre Berne et le Vallais. 


Les 'bractées n'étant que des feuilles florales, il est 


Dé rs À 


(25) 


facile Me concevoir qu’elles puissent acquérir plus ou 
moins d’alongement. 


br. Aconitum Narezzus d pycMæEUM Ser. mus. helv. 
2: ps 194%..et. ue DC. prodr. I. p. 63: nu20. 
Stokhorn, 


Petit état de 4. Na apellus, crà dans deg lieux où le 

1 est très-compact, ou bien sur des parties très-hautes 
& Alpes, lieux où manquant d’un sol assez léger et 
assez nutritif, n'ayant qu'un temps très-court pour se 
développer, et où il est exposé aux différentes intem- 
péries de l'air, il ne di n, prendre tout le développement 
dont il est susceptible dans des vallées humides et chau- 


des, où il rencontre souvent un sol meuble, 


b2. AconiTum NAPELLUS £ ÉAMOLUM Ser, mus, helv, 
I. p.104, et in DC. prodr. I. p. 62. n. 20. A. venus- 
tum ramosum Schleich. cat. 1821, p.5! ex herb. DC. 
A. Neubersense Schleich. cat. 1821, p. 5! ex herb. DC. 


Cultivé. 


53. AconiTum NAPELLUS # VIRGATUM Ser..mnus. helv, 
Ep: 2550 ,vetireDC'prodr: IE pr 62. 7. 20: 


Cultivé. 


Toutes les parties de la plante ont pris un grand alon- 
1 
gement, et le casque a aussi un onglet plus long, ce 
qui l'empêche d’embrasser les sépales latéraux. On trouve 


souvent cette espèce en cet état dans plusieurs vallées 


. Alpines et entr’autres dans le Simmenthal. 


* Le 


(26 ) 


54. Aconrrum NaPELLUS o crossum Ser, mus."hele. I. 

p.190 ,Webier DC. prodr. H\p. 63-fni20o: 
Cultivé. 

Il faut effacer des synonymes de cette variété les 4. 
elatum et canescens Schleich. cat. 1821, p. Bb! qui 
sont mieux rapportés à mon 4. napellus & macrosta- 
chys, p.11 10S 


55. AcowtTum NAPELLUS y BICOLOR Se. MUS. dl 


Z. p. 158 *, et in DC. prodr. I. p. 63. n. 20. 
Cultivé. 


di 
En 


56. AconiTum NAPELLUS @ ALBIFLORUM Ser. mus, 
Relo. I. p.158*, et in DC, prodr, I. p. 63. n. 20. 


Cultivé par M. Wallner, qui l’a rapporté de la Dolaz. 


Outre la couleur de la fleur, cette variété est encore 
remarquable par l’éperon de ses capuchons plus court 
que dans les autres variétés. 


b7. AconiTüm NAPELLUS &@ LAGINIOsUM $Ser. mus. hele. 


1. p. 159*, et in DC. prodr. I. p. 63. n. 20. 


12 


Cultivé. 
Les fleurs de cette variété sont assez serrées, et les 
feuilles ont leurs lobes très-iongs et aigus un peu dans 
le genre de l’Aconitum delphintifolium, figuré par M. Reï- 
chenbach mon. acon. 1, 9. f. 3, mais les lobes sont sou- 
vent deux ou trois fois plus longs. Le bec du casque 


est le plus souvent assez prolongé. 


2 


(27) 


ORDO IX. PAPAVERACEZÆ. 


58. Papaver ALPiNum Lénn. spec. 725, et DC. prodr. 
Ppoia8. 'n. K! 
Alpes de Savoie. 


Se reconnaît facilement à ses belles fleurs constam- 


bg. PAPAVER DUBIUM + MINUS 4er. plant. sel. 
Salève, sur des rochers revêtus de très-peu de terre. 
Cette variété est remarquable par l'extrême petitesse 
de toutes ses parties et par la teinte rouge du dessous 
de ses feuilles inférieures, J’ai suivi la gradation de dé- 
veloppement des individus, depuis un pouce et demi 
… delong, à plus d’un pied d’élévation, la grandeur des 
individus diminuait en raison du peu d'épaisseur de la 
couche de terre. 


ORDO XI CRUCIFERÆ. 
+ 
60. CnerranNraus CHEtRI & sxLVEsTRIS DC. prodr. I. 
BA 185- 7, 11 


Remparts de Genève. 


di . Gr. Anais ALPINA & DENTATA Ser. plant. sel. foliis 
, 6 L: 
# 


F 


(28) 


| argute dentatis. A. Alpina Linn. spec. 928. DC. prodr. 
JD TENTE 
Salève, prés Genève. 
J'ai quelques soupcons que V4. criéspata Wild. n’est 
qu'une variété de l’A/pina. 


62. AraBis ALBIDA Sfep. in cat, hort. gor. 1812. p. bu. 


et'DC.;prodr. I. p. ata. mb! È à 


Cultivée. 
Les fleurs sont une fois plus grandes que celles de 
VA. Alpina. Les siliques ne peuvent servir à les dis- 
tinguer, mais les graines dans l’a/béda sont aussi grosses 
à une extrémité qu’à l’autre, c’est-à-dire courtement elli- 
psoïde-lenticulaires, tandis que dans F4. Alpina, elles 


sont manifestement ové-lenticulaires. 


63. ARABIS AURICULATA œ SIMPLEX Se. plant. sel. 
caule non ramoso, siliquis glabris. 4. auriculata æ DC. 
prodr. I. p. 143. n. 13! excl. syn All. | 

Breson, en Savoie. 

B mamosa Ser. mss, cauie ramoso, siliquis glabris, À, 
auriculata R. y. DC. prodr. I. p. 143. n. 13! cum syn: 
omnibus. 

. 7 DpasiCARPA DC. prodr. I. p. 143 ! cum syn., caule 


sumplici vel ramoso, siliquis pubescentibus. 


64. Anais TuRRITA Zinn. spec. 930. DC. syst. II, 


pP..23b ! prodr. JT. p. 146. nr. ha! « 


. 
1 
L 
1 


(29) 


Salève , près Genève, 

Les feuilles radicales, qui ont passé l'hiver, sont to= 
menteuses, et déjà en automne, quand on les trouve 
sans les tiges, on serait tenté de les prendre pour celles 
de l'Hieracium lanatum. Les caulinaires sont toujours 


plus ou moins poilues, mais je ne les ai pas trouvées 
tomenteuses, 


65. Anais PumiLA Wulf. in Jacq. coll. II. p. b9. DC. 
syst. IL, p. 238 * ! prodr. I. p.147. n. 49! À. bellidifolia 
Crantz stirp. austr. fase. I. p. Lh, t. 3. f. 3. non Jacq. 
A, scabra Al. fl. pedem. n, 974? 


Chaine du Breson. (Savoie.) 


A en juger par l’exemplaire de l4. Schiwerechiana 
Andrz. dans DC. prodr. TI. p. 145. r. 32 ! que M. An- 
drzejowski a envoyé à M. Decandolle, on ne peut pro- 
noncer sur les différences qui existent entre les deux 
espèces, ni dans les siliques (elles sont loin d’être mures), 
ni dans les graines qui sont, à ce qu'il parait, moins lar- 
gement marginées, car elles sont loin d’être développées, 
Les siliques jeunes de 4. pumila ressemblent parfaite- 
ment à celles de l’4. Schivereckiana , et si M. Andrze- 
jowski a fait son observation sur un exemplaire du méme 
âge que celui qu’il a envoyé, je ne crois pas qu'il ait eu 
raison d'établir son espèce. D'ailleurs le port de ces deux 
plantes, la grandeur de la fleur, la forme des pétales, 
tout est parfaitem en pareil. — Ma note n’est que dans le 


but de marquer mon doute, mais non de nier affirma- 
tivement. 


( 50) 


66. AnaBiS COERULEA W'uff. in Jacq. coll. IT. p. 56* 
DC. syst. IT. p.239 ! prodr. 1. p. 147. n. b1l 


# 


Gémmi, à l’extrémiié supérieure du lac. 


67. DRrABA AÏZOÏDES œ LEIOCARPA Ser. plant. sel. car- 
pellis ovato-lanceolatis lævibus , rosulis foliorum patenr- 
tibus. 

{ 
prodr. Ep. 166. n. 1! W'ahlenb. f! carp. 102. n. 632: 


Salève, près Genéve. 


Cette plante varie beaucoup et a probablement donné 
lieu à plusieurs erreurs; dans les lieux ombragés et hu- 
mides elle est grande, ses feuilles sont plus larges et 
plus longues, plus étalées, les silicules plus alongées, 
plus étroites en proportion et glabres; c’est ce qui cons- 
titue cette variété. Dans les lieux secs, pierreux et exposés 
aa soleil, sur les sommets du Jura par exemple, on la 
trouve plus petite, les feuilles tendent à s'infléchir et 


forment des rosettes contractées, les silicules sont plus 


courtes, ordinairement velues, et sur le même exem-. 


plaire on trouve souvent des silicules velues et d’autres 
glabres (1), mais toujours de même largeur, et ne pa- 


raissent plus larges qu’à cause de leur briéveté ; les styles 


(x) Je fais souvent mention de cette pubescence , et je vou- 
drais pouvoir empêcher les botanistes de metire tant d’impor- 
tance à-ce caractère, qui sera le plus souvent une source 
d'erreurs. 


D. Aizoïdes Linn. mant. 91. DC. syst. II. p- 330 


(5) 


sont toujours en proportion de l’alongement des sili- 
ques. Souvent ils sont cassés vers leur milieu, ce qui 
peut être une nouvelle cause d'erreur. Les feuilles d’ail- 
leurs sont constamment les mêmes, c’est-à-dire d’un 


tissu sec et mince, et toujours ciliées. 


68. DnaBa A1zoÏDESs f LAs1OCARPA Ser. plant. sel. car- 
pellis ovatis pilosis, rosulis foliorum plus minusve contrac- 
ts: D. aizoon Wahlenb. fl. carp. 193. in adnot. DC. 
"A prodr. I. p. 166. n. 3! D. cuspidata Bicb. fl. taur. sunpl. 
k24. et ex Trev! én litt. DC. prodr. I. p. 166, n. 4! 

Le D. Bruniæfolia Stev! in mem. soc. mosc. LIL. p. 
268. ex herb. DC, est très-probablement encore une 
variété du D. Aizoïdes , et se distingue seulement par 
la briéveté de ses siliques qui sont ovoiïde-orbieulaires, 
poilues ; mais les feuilles, les tiges rigides, l’inflorescence, 
tout en un mot, excepté la briéveté des capsules, offre 
exactement l'aspect du D. Aizoides. 


69. DRABA TOMENTOSA & HxBkGYNA Ser. plant, sel. D. 
tomentosa Wahlenb. veg. et clim. ps 123. n. 672 * t. 3. 
opt. (cum oplimis adnotationibus,) DC. sys II, p. 346” ! 
prodr. I. p.169. n. 33! 


Chaîne du Breson. (Savoie.) 


Le D. stellata est très-voisin du 1omentosa, mais le 
premier a les siliques plus lancéolé-alongées, marquées 
d'un sillon longitudinal sur chaque face et couvertes de 
poils étoilés ; tandis que le D. tomentosa a ses siliques 
courtement elliptiques également et fortement arrondies 


(%2) 


aux deux extrémités, en outre garnies de poils couris 
et jamais étoilés, quelquefois elles sont glabres. 


70. DrABa muraris Linn. spec. ed. I. p. 643. DC. 
ste TE Ne 080 /etuprour: L:\p TER: KO 


Mendes. (Département .de la Lozère.) 


71. COCHLEARIA SAXATILIS æ@ VULGARIS Ser, plané, 
sel. folüs spathulatis in petiolo vix basi dilatato desi- 
rentibus. Myagrum saxatile Lin. spec. 894. Cochlearia 
saxatilis Lam. fl. fr. 2. p. 471. ex DC. syst. IT. p. 359* ! 
Prodr ÆNpirse. re. x à 


Gemmi, montagne entre le eanton de Berne et celui du 


Vallais. 


72. COGHLEARIA SAXATILIS ( AURIQULATA Ser, plant. 
sel. folüs oblongis basi in auriculis sæpè dilatatis. C. 
auriculata Lam. dict. 2. p. 165 * ex DC. syst. II. p. 360*! 
prodr. I. p.172. 2. 21! 


Salève , près Genève. 


Lorsque cette espèce croît dans les fentes des rochers 
des Alpes, où se trouve à peine de la terre, ses feuilles 
sont manifestement spalulées et presque toujours rélré- 
cies en pétiole dilaté à sa base, et toute la plante est 
plus effilée; mais lorsqu'on l’observe dans un sol plus 
substantiel et à une élévation moins considérable, toute 
la plante, recevant plus de nourriture, acquiert plus de 


développement, ses feuilles s’élargissent vers leur base et 


| 


Lada 
( 50) 
deviennent oblongues ; mais cette base, teujours dilatée, 
se prolonge en oreillettes, Les fleurs sont aussi un peu 
plus grandes; mais ce ne sont certainement que deux 


variétés d’une méme espèce, 


73. HurcwinsiA ROTUNDIFOLIA & VIOLAGEA Ser. plant, 
sel. H. rotundifolia R. Brown in Ait.hort, kew. ed. 2,v, 4. 
p: 82. et DC. syst. II. p. 385° 1 prodr, I. p.177. n.1*! 
Iberis rotundifolia Linn. spec. 905, 


Chaîne du Breson, en Savoie, 


7h. HuycHiNsIA ROTUNDIFOLIA {2 aLrirLona er. 
plant, sel. 


MA 


Chaîne du Breson, en Savoie. 


72. HurCHINSIA PETRÆEA æ@ RAMOSISSIMA Ser. plant. 
sel. caule ramosissimo, fructibus viridi-lutescentibus. Le- 
pidium petræum Linn, spec, 899. H. petræa R. Brown 
ir Ait. hort. kew. ed, 2. ». 4. p. 82. DC. syst. II. p. 
389 * ! et prodr. I. p. 178. n. 10! 


Salève, parmi les graviers, ' Ù 


76. Hurcuinsra PETREA @ puRPuREA Ser. plant. sel. 
caule parvo ramoso fructibusque purpurascentibus. 


Sables des bords du lac Léman, près Genève. % 


77. HuTCHINSIA PETREÆA 9 SIMPLICIUSCULA Ser. plant. 


sel. caule sünpliciusculo fructibusque viridi-lutescentibus, 


Salève, 


(54) 

78. SISYMBRIUM SUPINUM Ê PARVULUM Ser. plant. sel 
caule foliisque minutissimis. $. supinum Linn. spec. 917. 
var. et DC. Syst. II. p. 477 *! prodr. I. p. 194. n. 33! 
var. lacüs Jovis in Jurasso. 

Extrémité inférieure du lac de Joux, entre le pont et les 
entonnoirs. 

Sa végétation dans du sable à peine mélé d’un peu de 
terre végétale, a été cause de son extrème petitesse, 
Beaucoup de plantes ont aussi acquis dans son voisinage 
peu de développement, entr’auires la Veronica anagallis 
qui dans la plaine s’élève jusqu’à 2 et 3 pieds, et qui là 
est réduite à deux pouces de hauteur. 


è 4 4 
79. NESLIA PANICNLATA & NORMALIS Ser. plant. L ; 1 Hg 
caule ramoso polystachio. N. paniculata Desv. journ. bot. 


III. p. 162. DC. syst. IT. p. 519*! prodr. I. p.202. n.1f 


Moissons de Salève. 


80. NESLIA PANICULATA Ê MonosrTacayA Se. 
à 


sel. caule indiviso monostachyo. 


» 


Terrains maigres de Salève, ensemensés de blé et d 


orge. 


81. SENEBIERA PINNATIFIDA & INTECRILOBA Ser. plant. 
sel. $. pinnatifida-x DC. syst. IT. p. 523*! prodr. I. p. 
. n. 5! Lepidium didymum Linn. mant. 92. 


PATES 


à 


82. SENEBIERA cononorus Poir. dict, IL. p. 76. DC. 


55 ) 


syst. 11. p. 525*! prodr. I. p. 203. n. 6*! Cochlearia 
coronopus Linn. spec. 904. 


pd” 


Genève, bords des chemins. 
83. Brassica Ricmert Val, fl dauph. 3. p. 331* 


. 36. DC. syst. II. p. 599 * ! prodr. I. p. 216. n. 18 ! 
Mont-Cenis. (M. Bonjean.) 


| ORDO XV. CISTINEÆ. 


8%. Cisrus arrinus Zénn. <pec. 7937. Dunal in DC. 
rodr. I. p.264. n. 10. 


Orange. (France méridionale. } 


Les sépales extérieurs très-grands et les feuilles sessiles, 
sont les seuls caractères qui distinguent cetté espèce du 


andidissimus , dont les feuilles sont pétiolées ét les 
épales extérieurs plus petits. D’ailleurs l'aspect des deux 
èces est absolument le même. 


85. Cisrus saivirorzius Léinn. spec. 738. Dunral in 
DC. prodr. I. p. 265. n. 16! 
Orange et Montpellier. 


3% 
Il est impossible d'indiquer sur le sec à quel 
variétés se rapportent mes exemplaires, et les variétés ne 
t pas établies dans l’herbier DC. J'ai de la peine à 
- * croire que le C. Corbariensis Pourr! d’après l'herb. DC., 


(36) 


diffère comme espece du C. Sabvifolius. Les feuilles dans 
le premier sont plus grandes et un peu plus maniféste= 
ment cordiformes, mais voila probablement tout, et je 
crois que M. Decandolle avait bien fait de le réunir 
comme variété du C. Salifolius. 


86. Cisrus MoxspeLrENsIS Linn. spec. 738. Dunal in 
DC, prodr. I. p, 265. n. 19 
Avignon: 
873. HertANTHEMUN ALPESTRE & WAHLENBERCIANUM 


Ser. plant. sel, foliis oblongo-spathulatis pilosis. Cistus 
alpestris Crantz stirp. austr. fas. IT. p. 103. t. 6. f. x. 


Wahlenb. veg. et clim. n. 563. C. OElandicus Jacq: fl 
FA 


austr. L. 3994 
Commune sur les Alpes de la Suisse, surtout au Stokhorn. 
A en juger par l'opinion de M. Wahlenberg, et par 
l'exemplaire envoyé par M. Hornemann (C. OElandicus 
ex OElandié), VH, alpestre serait un peu différent de 
VH. OElandicum.Ce dernier a ses calices moins alongés, 
plus sphéroïdes et plus glabres. D'ailleurs le port de cet 
exemplaire, qui répond bien à la description qu’en donne 
M. Wahlenberg, est celui de l'A, alpestre glabratum, 


mais il est un peu plus petit dans toutes ses parties. 


… “85. HELTANTHENUM ALPESTRE GLABRATUM Dunal in 
CA prodr. I. p. 256, n. 62. «. foliis oblongo-spathulatis 
glabris, petiolo piloso. H. OElandicum glabrum Ser. sou. 
2, 55e 4 

Pied de l’Altels , entre le canton de Berne et le Vallais. 


A 


ds 


L 


Lrd 
(37) 
Cette varicté, dont la fleur est quelquefois très-päle, 
ést un peu plus petite dans toutes ses parties que la va- 
riété commune : les feuilles sont assez coriaces, elles 


ont leur limbe très-glabre et leur pétiole velu. 


ORD. XVI VIOLARIEZÆ. 


89. Vioa caniNA & minor DC. fl. fr. 5, p. 617! et 
ing. in DC. prodr, I. p. 298, n. 44! 


Breson. (Mortagne de Savoie.) 


Cette variété ressemble beaucoup par la forme et la 
grandeur de ses feuilles à celles de la F. arenaria, mais 
les fleurs sont plus grandes que dans cette dernière es- 
pèce, et l’éperon plus saillant, plus large et plus obtus. 
« Elle en diffère surtout par sa capsule glabre. ( Ging. 
mss. ) » 


90. VioLA PumILA B ERICETORUM Ging, ir DC. PU 
I. p. 299. n. bo! 
Pâturages du sommet du Grand-Salève, 
_« Cette variété est facile à confondre avec la Ÿ. canina 
minor, dont elle ne se distingue en fleur que par son 
éperon jaune, ses stipules élargies, foliacées, et en fruit 
par sa capsule très-obtuse, (Ging. mss. ) » 


91. VIOLA MONTANA + LACTEA Ging. n DC. Pr Ze 
\ Pe 299+ 2. br ! 
Marais d'Anet. (Canton de Berne.) 


= 92: Vioza cazcanara B Harrerx Géng. ir DC. prod. 


5 


(58) 
I. p. 302. n. 54! 
Pâturages des Alpes de Savoie et du Jura: 


93. VIoLA CALCARATA y ALEIFLCRA Girg. in DC. prod. 
ZI. p.302. n.74! 


Pâturages des Alpes de Savoie. 


Cette plante varie du blanc très-pur au blanc lavé à, 
de pourpre, et même les exemplaires, qui frais sont À 
d’un blanc assez pur, passent souvent au violet-sale en 
séchant. Du violet-päle elle passe ou au violet-pourpre, 
ou plus rarement au rouge-vineux. « Du bleu elle 
passe aussi au jaune lavé de bleu,puis au jaune-soufré.» \ 4 
(Ging. mss.) 


à 
| ie 
94. Viora Rornomacensis Desf. cat. 153.et Ging. im 
DC. prod. I. p. 303. n. 80! 
Cultivée, ù 
05. VIoLA TRICOLOR & HORTENSIS DC. prod. I. p. # \ 
303.7. 81! Fr 


Cultivée. 


96. VioLa TRICOLOR LB DEGENER DC. prod. z Ve 303. 
an. 81! ‘à à 
écoltée dans un jardin abandonné, où elle était très-dé- 
Dr Le années précédentes. 

97: Vioza TRICOLOR y ALPESTRIS DC. PA Z. p. 505. 

7. 81! Ne x sé: 


(39) 


Chaîne du Breson, en Savoie, 

Cette vériété se trouve dans les prés de toutes les val- 
iées alpines de 2 à 3000 pieds d’élévation. Les prés et sur- 
tout les moissons du Prieuré (vallée de Chamounix) en 
sont remplis. Elle passe très-souvent du jaune au pourpre; 
et cultivée dans la plaine, ses fleurs se rapprochent 


de la var. arvensis. 


98. VIioLA TRICOLOR # ARVENSIS DC. prod. I. p. 303. 
n. 81! \ 


Genève, moissons. 


Cette variété , très-commune dans les moissons, passe 
souvent sur le même individu du jaune au violet, et 
offre des taches colorées de toutes les dimensions , sur- 
tout sur ses deux grands pétales. 


99- VIOLA TRICOLOR 4 GRACILESCENS DC. prod, I. p. 
304. n. 81! 


Cette variété est remarquable par sa tige peu ra- 


meuse, effilée, et par ses pétales à peu près de la lon- 


* 


ur des sépales. Mes exemplaires viennent du Gurten 


{montagne près de Berne), et c’est sur eux que M. De 


Candolle a fait sa variété. 


100. VIOLA TRICOLOR o BELLIDIOIDES DC. prod. I. p. 
304. n. 81! 7,4 


cn 


Mes exemplaires proviennent de la partie sèche et 
pulvérulente de la Æitere (tourbière près Berne). 


EDG Ce 


ERRATA. 


Lu 
Pag. 11, lign. 1x, lisez eriosepalus au lieu de eriose- 


pala. 
Pag. 25, lign. 15, lisez ramosum au lieu de ramolum. 


EEEEEE———  … 


TABLE. 


NOTA. Les noms des genres admis dans ces notes 
sont en CAPITALES, les espèces ou variétés adop- 
, tées en cursives, les genres non admis en CAPITALES 
ITALIQUES, et celles des espèces ou variétés non ad- 


mises en zlaliques. 


ACONITUM ACONITUM 
Pag. Pag. 
Anthora Schleich. . . . .. 19 Lycoct. grandiflorum Ser. 20 


Anthora eulophum Ser. . . 19 Lycoct. Penninum Ser. . 20 
Anthora inclinatum Ser, . . 19 Lycoct. puberulum Ser. . 20 
Anthora monstruosum Ser. 19 Lycoct. Thalianum Wallr. 20 
Anthora multicucullatum. . 19 Lycoct. vulgare Ser. . . . 19 


Anthora vulgare Ser. . . .. 19 Napellus albiflorum Ser- 26 
autumnale Reichenb. . . .. 23 Napell. bicolor Ser. . . . 26 
Barbatum DCS ee. 21 Napell. bracteosum Ser. . 24 
darbatum Deless. . .... 21 Napell. grossum Ser. , 23.26 
barbatum boreale Ser. , . 21 Napell. laciniosum Ser. . 26 
CONS Er:. 21 Napell. macrostachys Ser. 26 
éanescens Schleich. . . .. 26 Napellus pygmaeum Ser, 25 
elatum Schleich. . . . ... 26 Napell, ramosum Ser. . . 25 
hebegynum DC. ......22 Napell. spicatum Ser, . . 24 
Prahilon DCS TT 21 Napell. virgatum Ser. . . 25 
intermedium glabrum Ser. 24 nemorosum Fisch. , . . .. 19 


‘intermed. versicolorSer. . . 24 Neubrrgense Schleich. , . 25 
inunctum  Schleich. , . , . 22 ochroleucum & Ser, . . . . 2x 
Japonicum carneum Ser.. . 23 ochrol. hispidum Ser. . . . 2r 
Lycocton. Clusian. Wallr. 20  ochrol.vulgare Ser, . . .. 2» 
Lycoct. glabriflorum DC. . 20 


fe, 


44 

RANUNCULUS 
Pag. 
Le 
+ 14 
14 
. 14 
16 


PoPizos ASÉCPS eee 
Pyrenæus Linn. . .,.. 
Pyrenœus plantagineus DC. 
)yrenæus vulgaris Ser. - 
sceleratus vulgaris Ser. . . 
scutatus" Walldst. et Kit. 
Seguieri VilL . ....... 
ÉRROTAN Ines.» cie cuelo is 9 
Thora brevifolius Ser. . 


Thora scutatus id... ,. 10 
Thora vulgaris id. . . .. 9 
Traunfellneri Hopp. . . .. 13 


drpartitus DC. 0 + ee 8 


= 


CRC EE 


TABLE. 


SISYMBRIUM 


supinum parvulum Ser. 


VIOLA 


calcarata albiflora Ging. 
calcarata Halleri Ging. . . 
canina minor DC. . . .. 
montana laetea. . . .. . 
pumila ericetorum Ging. . 
Rothomagensis Desf. . . . 
tricolor degener DC. . . . 
tricolor alpestris DC. . . . 
tricolor arvensis DC . . . 
tricolor bellidioïdes DC. . 
tricolor gracilescens DC. . 


tricolor hortensis DC, 


Pag: 


. 3% 


139 


_ N } REGNI VEGETABILIS. 


4412 

Ÿ ossum Ser. 
À dicolor Ser. 
1 Clbiflorum Ser. 
LL iniosum Ser. 


PAVERACEÆ. 
as Ser. 


» 
L: 
Je 
À UCIFERÆ. 


Berre he 
per 


- End sup Dr wb m 


pet Ser. 
CAS AUREZ 61 sat na 


ie 
PLANTÆ SELECTÆ SICCÆ 


CUM ADNOTATIONIBUS, COLLATÆ 
IN HERBARIO DE CANDOLLII ET DESCRIPTÆ IN PRODROMO SYSTEMATIS REGNI VEGETABILIS. 


CENTURIA PRIMA. 


Onrp. I. RANUNCGULACEZ. 


1 Clematis parviflora DC. 

2 Alpina Mill. 

3 Thalictrum Alpinum Linn. 

A simplexæ nigricans Ser, 

5 simplex @ galioïdes Ser, 

6 flavum Linn. 

= Anemone Baldensis Linn. 

8 nemorosa + multiplex Ser. 

9 narcissiflora Linn. 
10 Myosurus minimus Linn. 
11 Ranunculus aquatilis + cæpitosus DC. 
12 Thora & vulgaris Ser. 
13 glacialis + eriosepalus Ser. 
14 alpestris « vulgaris Ser. 
15 alpestris d diversifolius Ser. 
16 Pyrenæus æ vulgaris Ser. 
17 Pyrenæus > plantagineus DC. 
18 angustifolius DC. 
19 parnassifolius Linn. 
20 gramineus Linn. 
21 sceleratus + vulgaris Ser. 
22 nemorosus @ parviflorus DC. 
23 = lanuginosus + nanus 
24 philonotis & vulgaris Ser. 
25 philonotis 8 intermedins DC. 
26 phinolotis y parvulus DC. 


»7 Nigella arvensis Linn. 
28 Aquilegia Alpina Linn. 


»9 Delphinium Consolida æ glabriusculum Ser. 


30 Aconitum Anthora & vulgaris Ser. 


31 Anthoras inclinatum Ser. 

32 Anthora £ eulophum Ser. 
SH Anthora 6 multicucullatum Ser. 
34 Lycoctonum à vulgare Ser. 

35 Lycoctonum + grandiflorum Ser. 
36 Lycoctonum d'penninum Ser, 
37 Lycoctonum £ puberulum Ser. 
38 ochroleucum + vulgare Ser. 
39 barbatum x boreale Ser. 

fo variegatunm @ pallidiflorum Ser. 
{x rostratum « judenbergense Ser. 
12 hebegynum DC. 

13 paniculatum «& penninum Ser. 
4 paniculatum d'flexicaule Ser, 
_hb japonicum + carneum Ser. 
46 tortuosum @ illinitum Ser. 

47 intermedium & glabrum Ser. 
18 intermedium @ versicolor Ser. 
49 Napellus 8 spicatum Ser. 

5o Napellus > bracteosum Ser. 
5x Napellus d'pygmæum Ser. 

52: Napellus Z ramosum Ser. 


53 Napellus y virgatum Ser. 


54 
55 
56 


57 


100 


Aconitum Napellus Ü grossum Ser. 
Napellus+ bicolor Ser. 
Napellus @ albiflorum Ser. 
Napellus # laciniosum Ser: 


Or. IX. PAPAVERACEZ. 


Papaver dubium @ minus Scr. 
Alpinum Linn. 


Or». XI. Crucrrerx. 


Cheiranthus Cheiri & sylvestris DC. 

Arabis Alpina & dentala Ser. 
albida Stev. 
auriculata æ simplex Ser. 
turrita Linn. 
pumila Wulf. 
cœrulea Wuif. 

Draba aizoïdes & leiocarpa Ser. 
aizoïdes 8 lasiocarpa Ser. 
tomentosa & hebegyna Ser. 
muralis Linn. 

Cochlearia saxatilis & spathulata Ser. 

saxatilis @ auriculata Ser. 

Hutchinsia rotundifolia x violacea Ser. 

rotundifolia 8 albiflora Ser. 
petræa & ramosissima Ser. 
petræa B purpurea Ser. 
petræa + simpliciuscula Ser. 

Sisymbrium supinum @ parvulum Ser. 

Neslia paniculata & normalis Ser. 
paniculata @ monostachia Ser, 

Senebiera pinnatifida & integriloba Ser. 

coronopus Poir. 

Brassica Richeri Ville 


Onn. XV. CISTINEZ. 


Cistus albidus Linn. 
salvifolius Linn. 
Monspeliensis Linn. 
Helianthemum alpestre & Wahlenbergianum Ser. 
alpestre @ glabratum Dunal. 


Or. XVI. VIiorARIEZ. 


Viola canina R minor DC. 
pumila @ ericetorum Ging. 
montana + lactea Ging. 
calcarata @ Halleri Ging. 
calcarata > albiflora Ging. 
Rothomagensis Desf. 
tricolor & hortensis DC. 
tricolor @ degener DC. 
tricolor + alpestris DC- 
tricolor 4 arvensis DC. 
tricolor y gracilescens DC- 
tricolor & bellidioïdes DC- 


IN. B. La centurie coute 21, francs de France, et 20 fr. pour les souscripteurs. Affranchir les lettres et l'argent. 


Sadresser à M: SERINGE & Genéve. 


Tab. 1. 


LC GLS (22/212 ce Jant. A Cerl À. 


dd «à 


70 


7 


DE 444 


OUVRAGES 
QU'ON TROUVE CHEZ Mr SERINGE. 


Fa: C, 
Essai d’une Monographie des Saules de la Suisse, : 
UT UP DER RIEE POP RPEPIRDEG NOT 3, — 
Mélanges botaniques, contenant : 1.° une critique 
de mes Roses desséchées ; 2° une Monographie 
des Céréales, 1 vol. in-8.° 1818. . . .. ie 227 4 — 


Vol. IL, 3.° n.° de lacollection, contenant : Notes sur 


les Plantæ selectæ siccæ collatæ in herbario De- 
Candollii , et descriptæ in Prodromo systematis na- 
turalis regni vegetabilis, par N.C. SERINGE (1824). 2, — 


Monographie des Prèles (Equisetum) , par M le Pas- 
Mur VavcHER, 1823. . . Le ceiuiole 1 o. .61.0000e 5, — 
Mémoire sur la famille de Violacées, par MX de 


GaincrnS dé LasSaraz ; 1828.°, 1. " "re 74p 3, 50. 


Mémoire sur la famille des Dipsacées, par M7 Cour- 


TN (18231 Le cs «ls RU PER En TC à 


MUSÉE HELVÉTIQUE D’m1sTo1RE NATUREILE, ou col- 


lection de mémoires, monographies et notices bota- 
niques, avec 16 planches sur cuivre, coloriées, au 
trait ou Kthogrophiées , par N. C. SERINGE, Berne 


1823, 1 vol. in-4.° de 180 pages, prix 24 francs de. 


France. Ce volume contient : 

1°° Observations genérèles sur Les Roses.  ‘ | « 

2° Description de la Rosa rubrifolia et de ses variétés. 

3. Remarques sur les six premières livraisons des Roses de 
MM. RepoutÉ et Tony. \ 


4° Monographie du genre Pyrola. 


5.0 Norice sur la culture des céréales dans la salle D AR 


tigen. 
6° Tentamen Synopseos Potentillarum cum adnotatiunculis 
in Wahlenbergii Floram Helveticam, Laponicam et 
4 | 


. 


À 


“Roses desséchées, 5 décadés, 18101818. . . .. 
“Hérbtencéreal, Reg LC RE RE An LPS 


Herbier portatif des Alpes, 5 centaines in-4.° 1810 


ou C. SERINGE, plante séléctæ siccæ collatæ in here 


(SUITE.) me 
Carpathicar, acin Nestleri Monographiam , auctore 
Alberto vor HALLER 7. & se 

3.0 Observations critiques surmès deux premières décades de 


Dryadées desséchées s particulièrement sur le eue Po> 


î tentillæ: à UE 
8. 0 Notice sur le genre Soidenetié: à % AE 
9.° Umnbilicariæ Helpeticæ destripte à Ludov. Em. Sox. Fi 


RER, etc. $ < î 
10.° Esquisse d'une Moboeranre e y genre Acute LR ANA 
( Ce dernier travail est accompagné \d’une grande planche, où sont représentés de 12 

le casque (Galea) etlé c:puchon (Nectarium) de toutes les FRE En di- 


“visées en quatre sections. ) 5 PEN k Ÿ 


DECANDOLLE, prodromus systematis naturalis regni vegetas rt 
“bilis sive enumeratio contracta ordinum, generum specierum: 
que plantarum huc usque cognitarum , juxta methodi patura- 
ls normas digésta. Pau DS ee na en NT 


COLLECTION ve PLANTES SÈCHES. 


Saules desséchés,: 8 cahiers in-fol. 1805-1816. 0. RE 
Collection de Grarninées, Cypéracées et Joncées de 


‘la Suisse, Centurie 1. et 2. 1816..4 . .. 


Dryadeæ exsiccatæ. MECAS rem 0e sin 
Souvenir de a Suisse, x vol. in-4.0 renfermant 100 


EC M der 


1813. RE Te VA Dee UT 
(Ces deux collections‘ sont reliées en papier maroquin.): ÈS 


5 Mes et ne in Hodtons ss ù? 


(a PA 
, 


aa) . à do 243 en 


MÉLANGES BOTANIQUES 


ou 


RECUEIL 
D'OBSERVATIONS, MÉMOIRES ET NOTICES 


' SUR LA BOTANIQUE. 
: Par N. C.. SERINGE. 
AMCanlre de  flaneurs Séséhes savantes. 


VOL. IT. 


Deuxième Partie. 


N.° 4 ET D DE LA COLLECTION. 


OBSERVATIONS SUR LE GENRE RANUNCULUS, ET PARTICULIÈREMENT 
SUR LES CARACTÈRES À TIRER DES CARPELLES POUR LA DISTINCTION 
DES ESPECES. " 


OBSERVATIONS SUR LA NATURE DES FLEURS RT DES INFLORESCENCES 
PAR J. ROEPER. 


GENÈVE, 


CuEz L'AUTEUR, RUE DU Puirs-Sr.-Pierre, N.° 116. 


bas 1826. 


RAA AS A PA AAA AAA PAT PA AA A AR AA AA 


MÉLANGES BOTANIQUES 
OU 
RECUEIL D'OBSERVATIONS, 
MÉMOIRES ET NOTICES 


SUR 


LA BOTANIQUE. 


Par N. C. SERINGE. 


N.9 4 DE LA COLLECTION. — 1 Mars 1826. 


OBSERVATIONS sur le genre Ranunculus, et 
particulièrement sur les caractères à tirer 
des carpelles pour la distinction des espèces. 


M E— 


J ’Avais déjà essayé, lors de la publication de la première 
centurie de mes Plantæ selectæ, de tirer des caractères 
des carpelles dans le genre Ranunculus, et je cherchais 
à en faire autant pour la seconde centurie, lorsque, dans 
le cours de mes recherches. je crus m’apercevoir qu’un 
examen comparatif de ces carpelles pourrait devenir 


plus important que je ne l'avais d’abord cru. Je me suis 
6 


( 46 }, 
donc décidé, pour mettre un peu plus d'ensemble, à en 
faire un article séparé. 

Ce genre, Ranunculus, est loin encore d’avoir acquis 
le dégré de perfection dont il est susceptible. L'impor- 
tance qu’on a mise à la forme des feuilles, et surtout à 
leur lobation, est l’une des causes qui a fait commettre 
de graves erreurs, et qui en fera encore commettre, si 
on ne se renferme dans de justes limites: Les feuilles 
sont, dans ce genre et dans beaucoup d’autres, l'organe 
qui doit fixer le dernier l’attention, en un mot, c’est 
souvent (quant à ses découpures) le plus mauvais ca- 
ractère que l’on puisse employer; mais la consistance 
des feuilles, leur nervation, la manière dont les nervu- 
res s’'anastomosent offrent des caractères d’espèces bien 
préférables ; et tout botaniste, qui aura observé ce genre 
avec soin, se défiera de leur lobation. 

La forme et la consistance des sépales, leur caducité 
ou leur marcescence, offriront des caractères sûrs. 

La forme des capitules de fruits, celle des carpelles 
murs (ovoides ou lenticulaires) la ponctuation en creux 
de leurs faces, qui d'autrefois sont relevées de points 
saillants, d’aspérités ou de nervures, ou bien leur surface 
entièrement lisse, jointes à la forme du style { cylindroïde 
ou rostriforme) sans oublier la direction de son som- 
met, voilà ce qui offrira, je crois, de bons caractères. 
La carination de quelques carpelles , l’aîle qui les entoure 
quelquefois, sont encore des caractères à ne pas négliger. 

La disposition des papilles stigmatiques pourrait bien 
aussi avoir quelque intérêt, mais on ne peut bien les 
observer que pendant la floraison et sur le frais. 


(47) 


Ce n’est que depuis que la science tend vraiment à 
mériter ce nom, que l’on sent l'importance qu’offrent 
presque toujours les fruits; aussi est-ce sur cet organe 
que les botanistes portent actuellement leur attention, 
Les plantes ayant été classées anciennement d’après le 
nombre des étamines et des pistils, on ne trouve qu’ac- 
cidentellement des fruits dans les herbiers; il sera donc 
difficile, ou peut-être même dans quelque cas impos- 
sible, de tirer les caractères spécifiques des carpelles 
dans quelques espèces rares, qui ne se trouvent qu'en 
fleur et dans un petit nombre d’herbiers. 

Tous ces obstacles ne doivent pas décourager, et pour 
donner l'exemple dans les recherches à faire relativement 
à de meilleurs caractères d’espèces, je vais noter ceux 
que j'ai pu tirer des capitules de fruits et des carpelles 
dans l’herbier de M. DeCandolle et dans le mien. 

Mes observations étant faites sur le sec, j'engage les 
botanistes à n’y pas encore. attacher toute l’importance 
qu’elles pourraient mériter, si elles avaient été faites aussi 
sur le frais, et je les prie de m'envoyer des exemplaires 
peu comprimés d'espèces rares ou obscures. Je vais faire 
faire un tableau comparatif des carpelles de toutes les es- 
pèces que je pourrai voir fraîches ou sèches pour mettre 
en état de juger plus facilement de l'importance que 
cet organe mérite, et faire juger plus facilement des 
différences. 

- Il est important de décrire la forme et la surface des 
carpelles. Tantôt ils sont ovoides , et alors je crois tou- 
jours sans ponctuation déprimée, ni tubercules, ni épines. 


En ce cas de compression, l’un des bords répond à l'axe 


(48) 


du capitule, c'est le bord séminifère, Ces bords sont où 
minces où épais , sans nervures latérales ou avec nervu- 
res latérales, de manière que le bord paraît double, et 
c’est ce que je nomme marge double ; rarement cette mar- 
ge est munie d’une carène d’un seul côté, ou entourée 
d’une aïîle étroite et circulaire qui disparaît facilement. 
D’autrefois les carpelles peu ou point déprimés sont rele- 
vés de nervures parallèles ou divergentes, ou en forme 
de réseau. 

Il faut observer les carpelles avec une loupe assez forte, 
sans cela les points enfoncés qui couvrent souvent leurs 
deux faces, quand les carpelles sont comprimés, échappent 
à la vue, Il en est de même de ceux dont la ponctua- 
tion est en relief. 

11 faudra reporter dans une nouvelle section du genre 
Ranunculus, toutes les espèces à carpelles lenticulaires, 
et marqués sur la presque totalité de leurs faces de 
points déprimés nombreux, On pourrait la nommer 
Punctaria, Les espèces de quelques sections subiront en 
outre quelques déplacemens , lorsque les carpelles auront 
été mieux étudiés. J’ai indiqué dans ces notes quelques- 
ans de ces déplacemens, 

Je conserve les numéros des espèces dans l’ordre du 
Prodromus systematis regnPvegetabilis ; afin que les per- 
sonnes qui voudront retrouver promptement ces espèces 
dans l'ouvrage cité puissent y recourir facilement, ce 
sera en outre une addition aux caractères déjà donnés, Je 
crois les espèces de Ranunculus de Vherbier DeCandolle 
et du mien bien déterminées; c’est donc plus particuliè- 
rement sur les espèces du prodromus que j'ai trouvé les 


(49) 

caractères des carpelles, sans pouvoir affirmer que ces 
exemplaires répondent parfaitement à ceux des espèces 
des auteurs primitifs, qu’il est si rare d’avoir occasion 
de pouvoir consulter, 

. J'ai ajouté aux espèces, dont j'ai eu quelque occasion 
| de faire mention, la citation des animadversiones bota- 
nicæ in Ranunceas, etc., de M. de Schlechtendal. Ce 
sera donc dans le systema et le prodromus de M. DeCan- 
dolle, dans les deux intéressantes brochures citées de 
M: de Schlechtendal, et dans le premier et le second nu- 
méro du second volume de mes mélanges botaniques, 
que l’on pourra trouver ce qu’il y a de plus nouveau 


sur le genre Ranunculus. 


CS | ——— 


1. 2. 3. RanuncuLus aAquarTizis ( Ser. mél. bot. 3, 
p. 6.*) capitulo carpellorum globoso, carpellis irregu- 
lariter obovatis transverse rugoso-striatis, stylo brevi 
crassiusculo subtruncato vix deflexo. —Schlecht. anim. 
Tran. 2, p. 7-11 €t2, p..b. 


3.* RaNuNCULUS sANICULÆrOLIUS (P1v. f. libyc. 2%, 
£. 11, f. 2.) « foliis reniformibus inciso-quinquelobis , 
lobis crenatis, petiolis basi nudis, pedunculis folia æquan- 
tibus, caule natante, earpellis obovato-subrotundis pa- 
rallelo-rugosis —Hab. in inundatis salsis magnæ Syrteos.» 
C’est au Ranunculus aquatilis que je rapporte encore cette 
espèce, qui est un passage entre les Ranunculus triparti- 
tus DeCand. prod. 1, p. 26, et le Ranunculus hederaceus, 


espèces que je soupconne appartenir au Ranunculas 
aquatilis. 


(50) 

4, RANUNCUEUS EULLATUS (Zinn. spec. 77h.) Capitule 
oblongo-ovato, receptaculo oblongo , carpellis horizon- 
talibus obovatis dense tenueque reticulatis, stylo brevi 
apice tumidiusculo subuncinato. — Variat caule 1-10 


floro. —Schlecht. anim. ran. 1, p. 24. 


b. RANUNCULUS CHEROPHYLLUS (Lénn. spec. 780.) capi- 
tulo oblongo, carpellis lentiformibus punctis numerosis 
depressis notatis, stylo rostrato compresso. — Schlecht. 


anim. Fran. I, P. 24. 


12. RanuncuLus myriopuyLzius, n’est probablement 
qu’une variété du Ranunculus chærophyllus. 


14. RanuycuLus Lerraceus (DeCand. syst. 1, p. 258.) 
capitulo ovato, carpellis lentiformibus punctis nume- 
rosis depressis notalis , stylo longo valde compresso apice 


uncinato. 


16. RanuncuLus oxysPermus (/z4d. spec, 2, p. 1318.) 
Ceite espèce n'appartient pas à la section Ranunculas- 
trum ; mais à celle des Echinella. (Vide n. 136.*) 


132. RANUNCGULUS PEDATUS (Waldst. et Kit. plant. rar. 
Aung. 2, p. 112, 4 108.) capitulo ovato denso, carpellis 
compressis punctis depressis distantibus notatis, stylo 
rostrato deflexo uncinato. 


18. RANUNGULUS PETROSELINUS (Brria! hist. ren. 3, 
4, 2.) capitulis ovatis, carpellis punctis depressis minu- 
tissimis numerosis notatis, margine duplici, stylo brevi 
patente. 


19. 20. RANUNCULUS mONSPELIACUS (Ser. mss.) Capi- 


tulis oblongis, carpellis compressis punctis depressis 


( 5x 
numerosis notatis , stylo rostrato compresso aculo recto. 
Ranunculus Illyricus Linn. spec. 776, et Monspeliacus 
Linn. spec. 778. —Je n’ai aucun doute sur la nécessité de 
réunir ces deux espèces; c’est dans la variété 4 DeCand. 
prod. 1, p. 28, que doit rentrer le Ranunculus Ilyricus. 
— Schlecht. anim. ran. 1, p. 26; et2,p.7. 


21. RANUNCULUS SPICATUS (Desf. fl, all. 1, p. 438, t. 
115.) Cette espèce, par ses carpelles tuberculeux , entre 


certainement dans la section Æchinella, 


23. RaANUNCULUS AstATICUS (Linn. spec. 777.) capi- 
tulis oblongis, carpellis valde numerosis membranaceis 
valde compressis punctis depressis minutissimis nume- 
rosis notatis, stylis elongatis teretiusculis acutis patente- 


deflexis..... 


24. RanuNcuLUus KkRAPFIA (DeCand. in Deless. plant. 
sel. 1, t. 35.) capitulis hemisphærico-depressis ?, carpel- 
lis lentiformibus punctatis....., stylo tereti elongato 


adscendente..... (ex icone) 


28, Ranuxcurus corrusærozius (Wild. enum. 588.) 
capitulis ovato-oblongis, carpellis (pilosis) valde com- 
presssis punctis depressis minutissimis notatis, stylis ros- 
triformibus patentibus rectis. — Schlecht. anim. ran, 1, 
P- 27. 

28*? RanuncuLus INsULARIS (Wiv. fl. cors. append. 2.) 
« radice fasciculato-tuberosà , foliis radicalibus tripartitis 
lacinüs lateralibus bisectis sessilibus incisis medià pedi- 
celletà tripartità laciniis bifidis trifidisque caulinis trifidis 
petiolo amplexicaule, calycibus patulis ovato-acutis pilis 


(52) 
adpressis tectis, capitulis....., carpellis..... Hab. in 
montibus Corsicæ et Sardiniæ borealis Tempio. » 


29. 30. 31. 32. RANUNCULUS THORA (Zinn. spec. 770.) 
capitulis globoso-depressis, carpellis subglobosis longi- 
tudinaliter nervosis, stylo filiformi apice subcircinato. 
Vide Ser. mél. bot. 2, p. 9.* — Schlecht, anim, ran, 1, 
D. 27. 26. 


34. 35. Raxuncurus ruTæroLIUS ( Linn. spec. 777.) 
capitulo globoso - depresso paucifloro, carpellis ova- 
tis....., stylis brevibus apice deflexis ? R. isopyroïdes 
DeCand. syst. 1, p.238 et prod. p. 30, n. 35. —Schlecht, 
anim. ran. 1, P.II. 


36. Ranuncurus cracrazis (Zinn. spec. 777.) sepalis 
petalis staminibusque marcescentibus , capitulis globoso- 
depressis, rhachi disciformi, carpellis ovato-compressis 
submembranaceis ? subcarinatis, stylo conico compresso. 
— Schlecht.. anim. ran. 1, p. 12. 


4 


L’exemplaire envoyé de Laponie par M. Wikstrôm à 
M. DeCandolle, est parfaitement semblable à ma variété 
eriosepalus Ser. mél. 2, p. 11. —Il m'est presque impos- 
sible de croire que le Ranunculus Chamissonis, Schlecht. 
anim. ran. 1, P. 12, t. 1, puisse différer de cette même 
variété, à moins que ce ne soit par l’étroitesse des lobes 
des feuilles, d’ailleurs même calice, même permanence 
de tous les organes floraux, même variation dans la 
couleur (du blanc au rouge); je le répète, il m’est abso- 
lument impossible de ne pas le réunir au Ranunculus 


glactalis. 


æ ERIOSEPALUS ( Ser. 2. c.) sepalis pilis lanatis rufis 


( 53 
obtectis, lobis foliorum glabris. Ranunculus Chamisso- 
nis Schlecht 1, c. Ranunculus frigidus Willd. ? Ranun- 


culus nivalis Gunn ? 


& srmiopuyrius ( Ser. herb.) sepalis pilis lanatis rufis 
obtectis , foliis caulibusque pilis mollibus subsericeis 


onustis. In Alpibus helveticis. 


> LErosEpaLus (Ser. mél. bot, 2, p.11.) sepalis foliis- 


que glabris. 


36.* RanuncuLzus PaLraAsi1 ( Schlecht. anim. ran. 1, 
pag. 15, &. 2.) Cette espèce, très-remarquable, a beau- 
coup de’rapports avec le Ranunculus glactalis dont elle 
se distingue certainement à ses rejets tracants, à ses cali- 
ces trisépales, et surtout à ses carpelles obovés, terminés 
par un style cylindroïde, dressé et crochu au sommet. 
J'ignore si vraiment sa fleur est blanche ou jaune, mais 
dans tous les cas, si le genre Ficaria doit étre conservé, 
je crois qu’il doit y être transporté. 

37. Ranuncurus Cnamissonis ( Schlecht. anim. ran. 
1H 12, LE.) Vide 1: 30. 


38. Ranuncuzus Securert ( V4. plant. dauph. k, p. 
737 ; & 9.) sepalis petalis staminibusque deciduis, capi- 
tulis....., carpellis..... M. de Schlechtendal ajoute 
anim. ran. 1, p. 13. « Carpellis subrotundo-ovatis com- 


pressis stylo apice parum incurvo aristulato terminatis. » 


39, RANUNCULUS ALPESTRIS ( Zénn. spec. 778.) capi-. 
tulis ovatis, carpellis obovatis tumidiusculis tenue veno- 
sis, stylo rostrato compresso apice uncinato, — Schlecht. 
anim, ran. 1, P.13,et2, p. 6. 


(54) 

40. RANUNCULUS CRENATUS (///aldst. et Kit. pl. rar. 
hung. 119, t. 10.) Doit probablement être rapporté au 
Ranunculus alpestris, mais on ne peut en acquérir au- 
cune certitudè ni par la figure, ni par la description. 


4t. RANUNCULUS aconNiITIFOLIUS (Linn. mant. 79.) 
capitulis globoso-depressis, carpellis lentiformibus sub- 
radiatim venosis , stylo conico teretiusculo ? apice circin- 


nato. — Schlecht. anim. ran, 1, p. 14. 


D’après M. Walker-Arnott, le Ranunculus dealbatus 
Lapeyr. abr. 315, a un aspect différent du Ranunculus 
aconitifolius , mais il est très-distinct du Ranunculus hete- 
rophyllus, Les pétales dans le dealbatus sont étroits, mais 
les feuilles radicales ne paraissent pas lui appartenir. 
Quoique M. Marchand ait beaucoup herborisé au Pic du 
Gard, il n’a jamais trouvé un Ranunculus qui eut les 


caractères assignés par Lapeyrouse à son dealbatus. 


Le Ranunculus lacerus Bell, act. taur. et DeCand, prod. 
1, p. 31, n. 44, que l’on soupconne être un hybride des 
R, aconitifolius et Pyrenæus, et le R, frigidus Schrank 
hort. mon. t, 55, non Willd. et dont les lobes des feuilles 
sont moins soudés que dans le /acerus, ont‘plus de res- 
semblance avec lacontitifolius qu'avec tout autre. (Voyez 
Schiede, de plantis hybridis, p. 66.) 

43. RANUNCULUS APIIFOLIUS ( Pers. ench. 2, p. 105 
non Desf.) capitulis ovatis, carpellis ovatis compressis ?, 
stylo brevissimo reflexo (ex icone Deless. ) 


44. RaNuNcuLus LacerRus Bell. Vide n. 41. 


45. Ranuncurus Pyrenzæus (Zinn. mant. 248.) capi- 


(55) 
tulis ovatis, carpellis ovatis longitudinaliter venosis, 


stylis subpatentibus apice uncinatis. — Schlecht. anim. 1, 
p. 16. 


46. Ranuncuzus ancusrirozius ( DeCand. rapp. voy. 
1, P. 7h.) capitulis globosis, carpellis ovatis longitudi- 
naliter venulosis, stylis conico-subteretibus acutis rectis 
adscendentibus. — Schlecht. anim. ran. 1, p. 16. 


48. RANUNGULUS PARNASSIFOLIUS ( Zinn. spec. 774.) 
capitulis ovato-globosis, carpellis obovato-globosis cras- 
sis subvenulosis, stylis teretibus circinnatis. — Schlecht. 
anim. rän, 1, P. 17. 

49. RanuncuLus crAmINEUS (Zinn, spec. ed. 1, p. 
54g. ed. 2. p. 773.) capitulis ovatis, carpellis ovatis 
lævibus , stylo conico crassiusculo apice vix deflexo. 
— Schlecht. anim. ran. 1, p. 17. 


51. RanuNcurus LiNGUA (Linn. spec. 373.) capitulo 
globoso, carpellis ovato-compressis lævibus, stylo lato 
rostralo adscendente. — Schlecht. anim. ran, 1, p. 17. 
— D’apres les notes qu’a bien voulu me donner M, Wal- 
ker-Arnott sur l’herb. Lapeyrouse, une partie des exempl. 
appartient vraiment au Ængua et l’autre au F/ammula, ce 
que confirme encore l'herb. Marchand ,; que Lapeyrouse 
avait examiné. 

b2, 53. Ranuncurus FLammuLza ( Schlecht. in flora et 
Smith engl. fl. 3, p. 45.) capitulis ovato-globosis, car- 
pellis ovatis compressiusculis Iævibus , stylo conico de- 
flexo brevissimo. — Schlecht. anim. ran. 1, p. 17.et 18. 


æ INTEGRIFOLIUS ( Ser. kerb.) caule erecto vel subpro- 
cumbente , foliis lanceolatis integris. 


(56) 
B serrarus (DeCand. prod. 1, p. 32.) caule crecto 
vel subprocumbente, foliis sublanceolatis serrulatis. 


+ ARENARIUS ( DeCand. L. c. ) foliis radicalibus ovato- 


lanceolatis rigidulis, caulinis linearibus. 


d'rosuLATUs (Ser.) foliis radicalibus spathulatis integris 
2-3-dentatisve in rosulam dispositis, caulinis breviter 
petiolatis ovato-linearibus. Ranunculus polyphyllus 
DeCand. prod. 1, p. 33 n. 6 non Willd. ex Schlecht. 
D’après la remarque de M. de Schlechtendal, L. c. 1, p.19, 
la plante de Waldst, et Kit. doit être rapportée au Ra- 
nunculus Gphioglossifolius, tandis que celle de l’herbier 
DeCand! appartient au fianunculus Flamimula. Xl se pour- 
rait que les tubercules des carpelles se fussent oblitérés 
dans les exemplaires de l’herbier DeCandolle, ce que je 
ne crois pas, ces carpelles et leur style me semblent assez 
différens dans les deux plantes. 

53.* Ranuncuzus nHypropuiLus ( Gaudich.! in ann. 
scienc. nat. >, p. 10) ) caule repente ad quemque nodum 
radiculas foliaque agente, foliis longe petiolatis limbo 
ovato-suborbiculato, pedunculis folio brevioribus, capi- 
tulis subglobosis, carpellis ovato-lentiformibus pubescen- 
übus enerviüis. Hab. in insulis Maclovianis. Gaudichaud. 
(v.s. in herb. DeCand. comm. à cl. Gaudichaud.) — Cette 
espèce est très-remarquable et a pour caractères les sui- 
vans : Tiges filiformes couchées sous l’eau? poussant de 
chaque nœud inférieurement un faisceau de longues ra- 
cines et supérieurement un autre faisceau de feuilles à 
limbe ovoide orbiculaire ,:à peine mucronées , relevées 


inférieurement de nervures parallèles assez nombreuses ; 


(57) 
pétiole dilaté à sa base, très-long en proportion du limbe. 
Fleur portée sur un pédoncule plus court que les pétioles. 
Capitules presque sphériques; carpelles ové-lentiformes 
pubérulens et sans nervures sensibles , style... 
54. RanuneuLus PusiLLus ( Poir. dict. 6, p. 99.) vide 
R. ophioglossoide n. 149, — Schlecht. anim. ran. 1, 


pate 


bg. RanuncuLus cymBALARIÆ (DeCand. syst. 1, p. 
252.) capitulis ovoideis , carpellis numerosis..... longe 


lateque rostratis. 


b9.* RanuncuLus waLormiLus (Schlecht. anim. ran, +, 
P- 23, t. h,f. 2.) « foliis radicalibus petiolatis glabris sub- 
carnosis cuneatis apice tridentatis, flagellis e collo ortis, 
scapis unifloris petiolis fere duplo longioribus, petalis 
obovato-cuneatis calyce longioribus, capitulis ovatüs, 


carpellis subuncinato-rostellatis.....» 


63. RaxuncuLus auRICOmUS (ZLinn. spec. 775.) capi- 
tulis subglobosis , carpellis lentiformibus lævibus ( pilo- 
sis), margine crassiusculo, stylo teretiusculo recurvo 


brevi. — Schlecht. anim. ran. 2, p. 7. 


63.* Ranuxcuzus AFFINIS (R. Brown chloris mel. 7, 
(1823.) « foliis radicalibus pedato-multifidis petiolatis, 
caulinis subsessilibus digitatis, lobis omnium linearibus, 
caule erecto 1-2-floro cum calycibus ovariisque pubes- 
centibus, capitulis oblongo-cylindricis, carpellis..... 


rostro recurvo. — In insula Melvilianà. » 


64. Ranuncurus Cassugicus ( Linn. spec. 775.) capi- 
tulis ovato-globosis, carpellis ovato-lentiformibus ? (pilo- 
sis ) punctis concavis notatis ? stylo tereti elongato apice 


(58) 
uncinato. — Schlecht. anim. ran. 2, p. 10. — M. de 


Schlechtendal ne le croit pas différent du Ranunculus 


AUTICOMUS » 


65. RanuNcuLUuS ABORTIVUS ( ënn. spec. 776.) capi- 
tulis ovatis, carpellis densis obovato-lentiformibus lævi- 


bus margine tenui non alato , stylo subnullo. — Schlecht. 
anim. ran. 2, P. 10. 


66. RanvuncuLus sCELERATUS ( Zenn. spec. 776.) capi- 
tulis ovato-oblongis, carpellis densis minutissimis sub- 
lentiformibus coriaceis punctis depressis medio notatis, 
margine crassissimo anguste alato , stylo vix conspicuo. 


— Schlecht. anim. ran. 2, p. 10. 


68. Raxuncurus Lawcsporrir (DeCand. prod, 1, p.34, 
ñ. 68.) l’exemplaire de l’herbier DeCandolle est selon 
M. de Schlechtendal (1824) le Ranunculus Gmelini. 


69. Ranunourus muiriripus ( Pursh fl. bor. amer. 2, 
p. 736.) capitulis ovatis, carpellis lentiformibus Iævi- 
bus , stylo rostrato recto ? — Cette singulière espèce res- 
semble beaucoup au Ranunculus aquatilis, par la décou- 
pure de ses feuilles , mais nullement par ses grandes fleurs 
jaunes pareilles à celles du Ranunculus bulbosus ; elle 
ressemble encore moins an fanunculus aquatilis par ses 
carpelles , qui ne sont point rugueux transversalement. 
Les petioles, très-longs à la base de la plante et nuls à 
son sommet, sont élargis en espèces de stipules mem- 
braneuses. J'ai vu de très-beaux exemplaires de cette 
espèce dans l’herbier de M. Mercier, qui les avait recus 
de M. Nuttall, Es 


(59) 


70. RANoNCULUS RIVULARIS ( Banks et Sol. ex DeCand, 
syst. 1,p. 270!) capitulis hemisphæricis, carpellis pau- 
cis globoso-lentiformibus..... stylo tereti adscerdente ? 
longo, — Schlecht. anim. ran. 2, p. 11. 


73. Ranuncurus Pumirio (R. Brown prod. nov. holl. 
2. éned, ex DeCand. L c.) voir la section V. Echnella à 


laquelle il appartient. 


76. RanuncuLus HYPERBOREUS (Rottb.) capitulis globo- 
so-ovatis, carpellis ovatis....., stylo brevissimo. — Il 
est probable que le Ranunculus pygmæus n’en diffère pas, 
et c’est peut-être à cette plante que se rapporte encore 
plutôt la table 83, f. b. du quatrième volume de Gmelin. 
— Schlecht. anim. ran. 2, p. 12. 


77." Ranuncuzus Sagini (R. Brown chloris mel. 6 
(1823) « foliis radicalibus elongato-petiolatis tripartitis, 
lobis ellipticis lateralibus semibifidis, caulinis sessilibus 
tripartitis linearibus, calycibus hirsutis petala retusa 
subæquantibus. —Hab. in insulà Melvilianä. Planta inter 
Ranunculum nivalem et pygmæum in herb. D. Sabine 
exstat, ulterius examinanda, forsan haud distincta à Ra- 
nunculo nivali cujus cfr. ic. fl. dan, 1699, ubi petala 
retusa folium radicale pinnatifidum. » (R. Brown I. c.) 


78. Ranuncuzus nNivaz1s. (Gunn.) An Ranunculi gla- 
cialis var. ? — Schlecht. anim. ran. 2, p. 14. 


79. RanuncuLus Fricipus ( Wild. spec. 2, p. 1312.) 
An Ranunculi glacialis var? — Schlecht. anim. ran. 2, 


p: 15. 


80. Raxuncuzus Escuozart ( Schlecht. anim. ran. 2, 


( Go ). 
p-16,t. 1.) capitulis ovatis, carpellis obovato-lentifor- 


mibus..... stylo tereti acuto recto..... (ex icone) 


89. RANUNGULUS POLYRHIZUS (Slephain Wild. spec. 2, 


p-1324*). An Ranunculi alpestris var ?— Schlecht. anim. 


ran. 2% P. 17. 


83. Ranunourus DEmissus ( DeCand. syst. 1, p: 295!) 
capitulis hemisphæricis, carpellis globoso-lentiformibus 
punciis minutissimis depressis numerosissimis notatis, 


stylo teretiusculo deflexo circinnali. 


85. 86. 87. R. monramus, Vicrarstr, Gouanr. Me 
semblent par la forme des carpelles et par leur style long 
et en crosse appartenir à la mème espèce, mais ce rappro- 
chement est difficile à affirmer manque de fruit de ces 
trois espèces dans les herbiers. D’ailleurs le Rarunculus 
acris en est certainement très-distinct par son style très- 


court. — Schlecht. anim. ran. 2, p. 18-21. 


88. RanuncuLus aAcris ( Zinn. spec. 779.) capitulis 
globosis, carpellis lentiformibus punctis depressis nume- 
rosissimis notalis, stylo brevi rostrato recto vel apice vix 


curvato. — Schlecht. anim. ran. 2, p.21. 


89. RanuxouLus Brurius (7er. fl. neap. prod. suppl. x, 
p- 61 etc.) capitulis hemisphæricis, carpellis paucis obo- 
vato-compressis punctis depressis numerosiséimis notatis 
et tenuissime nervosis, margine dorsali duplici, stylo 
teretiusculo elongato circinnali, foliis palmatisectis. — 


Schlecht. anim. ran. 2, p. 22.* 


90. RaxuNcuLus SrEvENt ( Besser enum. volh. n. 683.) 


(6% ) 
tous les exemplaires recus d'Allemagne sous ce nom, et 


que J'ai vus appartiennent au Ranunculus acris. 


. gt. Ranuncuzus Caucasicus (Bieb. fl. taur, 2, p. 27.) 
capitulis hemisphæricis, carpellis sublentiformibus com- 
préssis punctis depressis numerosissimis nolalis êt tenue 
nervosis, margine seminifero duplici, stylo breviostrato 
apice vix curvato, foliis semipinnatisectis. — Schlecht. 
anim. ran. 2,p. 23. —Les carpelles du Ranunculus Cau- 
casicus ne diffèrent de ceux du Brutius que par la lon- 
gueur du mucrone qui est aussi long que la partie sémi- 
nifère dans le Brutius et très-court au contraire dans 
le Caucasicus. D'ailleurs il y a de très-grands rapports 
entre ces deux espèces. 


93. 94. RANUNCULUS POLYANTHEMOS ( Zénn. spec. 779.) 
et Nemorosus (DeCand. syst. 1, p. 280.) Le premier ne 
diffère du 2emorosus que par un style très-court et peu 
courbé , tandis qu'il est très-marqué et très-courbé dans 
le Ranunculus nemorosus ; malgré cela je crains que ces 
deux espèces n’en forment qu’une, Le Rarunculus polyan- 
themos LR leptolobus Wallr! d'après l'herbier DeCand! 
n’est que l’acris par ses capitules et ses carpelles. Son 
potyanthemos « latifolius paraît devoir être rapporté au 
polyanthemos, dont l’herbier DeCandolle n’a point de 
bons exemplaires en fruit. D’après les notes de M. Wal- 
ker-Arnott c’est ici que parait devoir être rapporté le 
Ranunculus tuberosus Lapeyr. abr. 320. — Schlecht, 


anim. ran. 1, p. 23.* et 26 (sous Ranunculus tuberosus.) 


95. RanuNcuLus LANUGINOSUS { Linn, spec. 779. ) J'ai 


toujours quelques craintes que cette espèce ne diffère 
8 


(62 ) 
pas des deux précédentes, elles ont toutes trois la méme 
forme de carpelles et la même ponctuation sur les faces, 
mais au moins elles se distinguent toutes de l’acris dont 
les styles sont très-courts et droits. — Schlecht. anim. 


ran. 25 p. 2b.* 


96. RANUNGULUS TUBEROSUS (Lapeyr. abr. 320.) Vide 
n. 95. 

98. RanuNcuLus NAPELLIFOLIUS ( DeCand. syst. 1, P. 
282!) Je ne puis trouver de caractère pour le distinguer 
du Ranunculus acris y multifidus. 

99. RaNunouLus PLATYSPERMUS ( #ésch] in lt. et De 
Cand. prod. 1, p. 37, n. 99/) capitulo ovato, calyce pe- 
talis staminibusque marcescentibus, carpellis valde com- 
pressis membranaceis punclis minimis depressis notatis, 
margine seminifero carinato, stylo brevissimo compresso 


deflexo curvo. 


103. RANUNCULUS sERICEUS (Por. dict. 6, p. 109) ca- 
pitulo ovato, carpellis ovato-compressis...., stylo latis- 
simo longiusculo recto..... — Le fruit de l’exemplaire 
(herb. DeCandolle) est trop jeune pour pouvoir afhr- 
mer que le carpelle figuré dans Deless. (icon. sel. #, t. 
39) soit incorrect, mais tel que l’exemplaire se présente 
sur le sec le style est large à sa base, fortement compri- 
mé et droit, tandis qu'il est figuré très-court et presque 
cylindrique. D’ailleurs le carpelle est (d’après la figure), 
marqué dans son milieu de points déprimés. 

105, RANUNCULUS REPENS ( Zéan. spec. 579.) capitulo 
subrotundo , carpellis irregulariter lentiformibus punctis 


minimis depressis notatis, nervis lateralibus tumidius- 


(63) 
culis vix conspicuis, stylo tenui deflexo subcircinnali. 
— C'est à la variété @ erectus DeCand. que se rapporte 
le Ranunculus repens myrtiphyllus Wallr! Le R. serpens 
Schrank est actuellement une espèce inconnue , mème à 
son auteur , mais M. Schlechtendal soupconne qu’il doit 
être rapporté au Ranunculus repens d linearilobus Ser. in 


DeCand. prod. 1, p. 38. —Schlecht. anim. ran. 2, p. 27. 


10b.* Ranuncuzus Niripus ( Wuhl. cat. non Wall. ex 
Elliot Sketch car. et georg. 2, p. 60.) « foliis tripartitis 
inæqualiter trifidis lanceolatis subincisis dentatisque gla- 
bris, calyce reflexo , petalis ovalibus (7-8) calyce duplo 
longioribus, seminibus (carpellis) acumine subrecurvo. 
— in Georgià. » M. Elliot ajoute en note « racine fibreu- 
se, vivace; capitules de fruits globuleux formés au moins 
de vingt carpelles comprimés, à bord distinct et dont la 


pointe est recourbée. » 


103.** RanuNcuLus PALMATUS ( Eiot Sketch car. et 
georg. 2, p. 61.) « Pilosus, pilis adpressis, foliis omni- 
bus petiolatis, radicalibus palmato-tripartitis, lobis den- 
tatis superioribus trifidis integrisve , seminibus margina- 
tis, acumine reclo: » — In Carolinà. M. Elliot ajoute 
« Racine fibreuse; fleurs opposées aux feuilles; graines 
comprimées lisses et ayant un rebord renflé. » + 


107. Raxuncuzus Jaronicus (Langsd. ex Fésch. in litt. 
ex DeCand. prod. 1, p. 38.) Ce nom ayant déja été donné 
par Thunb. (act. soc. linn. 2, p. 337, et DeCand. prod. 
1, p. 29, n. 23.) à une espèce de Japon et une autre es- 
pèce ayant déja été dédiée à M, Langsdorf, je prends le 
nom que les Japonnais lui donnent et la nomme KIMBU, 


( 64 ) 
108. RanuncuLus DIFFuSUs (DeCand, prod. 1, p. 35.) 
capitulis globosis, carpellis lentiformibus punctis minu- 
tissimis depressis notatis, margine seminifero duplici, sty- 


lo recto vix apice deflexo. 


113. Ranuncurus Napaurensis ( DeCand. prod. 1, p. 
39. (1824) capitulis ovato-globosis, carpellis lentiformi- 
bus....., margine externo crassissimo simplici, dorsali 


duplici. R. trilobatus Don prod. fl, nepal. 194. (1825.) 


117. RanuncuLus PLEBEIUS (R. Brown prod. nov. holl. 
vol. 2, ex DeCand. prod. 1, p. 39.) capitulis globosis, 
carpellis lentiformibus punctis numerosis depressis nota- 
ts, margine duplici, stylo teretiusculo patente. 


118. Ranuncurus mirrus (Banks et Sol! er DeCand. 
prod. 1, p. 39.) capitulis ovatis, carpellis densis lentifor- 
mibus punctis numerosis depressis notatis, margine semi- 


nifero anguste alato , stylo teretiusculo circinnali. 


120. RANUNCULUS RECURVATUS ( Poër. ! dict. 6. p. 123.) 
capitulis ovatis, carpellis sublentiformibus punctis nu- 
merosis depressis notatis, stylo elongato teretiusculo 


apice circinnato. — Schlecht. anim. ran. 2, p. 28. 


121. Ranuncuzus PENSYLvANICUS (Zénn./f, suppl. 279.) 
capitulis ovatis, carpellis punctis numerosis depressis 
notatis, margine seminifero duplici, stylo compresso lato 


brevi recto. — Schlecht. anim. ran, 2, p. 30. 


122. RANUNCyHLUS rascicuLarTus (Muehl. in Big. fl. bost. 
137 et DeCand. prod. x, p. Schlecht. anüm, ran. 2, p. 30* 
4. 2.) capitulis ovatis?, carpellis lentiformibus punctis ? 


(65) 


minutis depressis notatis, margine duplici, stylo longo 


flexuoso adscendente, (desc. ex icone.) 


123. RanuncuLzus Bezvisir ( DeCand. syst. 1, p. 291.) 
capitulis....., carpellis lentiformibus lævibus impunc- 
tatis, margine duplici, stylo compresso lalo recto. 


— Schlecht, anim, ran. 2, p.31. 


132. RANUNGULUS PEDUNCULARIS ( Smith in Rees cycl. 
n. 49.) D’après la figure qu’en a donnée M. Delessert 
(icon. sel. t. 42) les carpelles sont ovoides comprimés et 


terminés par un long style recourbé. 


134. RANuNcuLUS PALusTRIS R Consicus (DeCand. 
prod. 1, p. 41.) capitulis globoso-depressis, carpellis 
lentiformi-compressis punctis numerosis depressis nota- 
is, margine crasso subduplici, stylo brevi conico-tetra- 


gono recto. 


135. RanuxcuLus BuLBosUS ( Linn. spec. 778. ) capitu- 
lis globoso-depressis, carpellis lentiformibus compressis 
punctis depressis numerosis notatis, margine duplici, 
stylo tetragono brevi apice uncinato. — Schlecht. anim. 


Tan: 2, p. 33. 


136. RANUNGULUS PHILONOTIS ( Retz. obs, 6, p. 31.) 
capitulis globosis, carpellis lentiformibus compressis 
punctis numerosis depressis minutissimis notatis margi- 
nem versus regulariter tuberculatis, margine duplici, 
stylo brevi lato apice inflexo! — Schlecht. anim. ran. 2, 
p. 33. — Les notes de M. Walker-Arnott sur l’herbier 
Lapeyr. confirment l'opinion de M. DeCandolle, qui rap- 
porte le À. parvulus Linn. (parviflorus Gouan ) au À. phi- 
lonotis. 


(1667) 

136.* RANUNGULUS CoRDIGERUS (Vi! fl. cors. p.8 et 
app- p. 2.) « sericeo-hirsutus, foliis radicalibus omnibus 
cordatis subrotundo-ovatis dentato-crenatis integris tri- 
lobisve, caulinis incisis simplicibusque, caule subunifloro 
pedunculisque radicalibus nudis unifloris, calycibus refle- 
xis » carpellis tuberculatis lentiformibus compressis obso- 
lete tuberculatis, stylolbrevissimo patenti-deflexo.—Hab. 
«in monte Coscione Corsicæ. R. alpinus tribuli aquatici 
foliis Bocc. mus. p. 162, t. 124, qui celebratum Ranun- 


culum sardonium veterum esse contendit. » 


Cette espèce est très-voisine du pArlonotis , les carpelles 
ont leurs tubercules moins marqués de ceux du philono- 


is et le style est courbé en dehors. 


136** RanuncuLus oxxsrermus (Ÿ'4d. spec.2,p.1328 
et DeCand. prod. 1, p.28, nr. 16.) capitulis ovato-oblon- 
gis, carpellis compressis echinatis, stylo rostrato crasso 
recto rigido adscendente.—Schlecht. anim. ran. 1, p. 36, 
et 2 p. 7. —C’est bien certainement à cette section qu’ap- 
partient cette espèce. 


138. RanuNcuLUuS ARVENSIS ( Zinn.) capitulis verticilla- 
to-subcapitatis, carpellis 5-8 obovato-compressis plus 
minusve echinatis, stylo longo tereti recto adscendente. 


— Schlecht. anim. ran. 2, p. 35. 


æ vULGARIS ( Ser.) carpellis spinis longis hôrizontali- 
bus echinatis. R. arvensis Linn. spec. 580. et Decand. 
prod. 1.p. 41! n. 138. 


B rusercurarus (Ser.) carpellis spinis conicis brevi- 
bus horizontalibus echinatis. R. tuberculatus Kit, ex Balb. 


(67) 
cat. hort. taur 1813 p. 64 et DeCand. prod. #, p. 4t, 
n. 137! 


> ETUBERCULATUS ( Ser.) spinis nullis, — Hab. circa 
Bonn ex Schlechtendal, 1824. 


139. Ranuncurus muricAarus (Zinn. spec. 780.) capi- 
tulis globoso-depressis, carpellis ovato-compressis echi- 
natis et punctis minutis depressis notatis, margine crasso 
duplici, stylo lato irregulariter conico-tetragono com- 
presso recto. — Schlecht. anim, ran. 2, p. 33. 


139.* RanuNcuLus rRAcHysPERMuUS ( Elliot Sketch car. 
et georg. 2, p. 65.* ) « caule petiolis foliisque patentim 
villosis, foliis trisectis, lobis acute incisis, pedunculis 
brevibus oppositifoliis, seminibus tuberculatis, acumine 
uncinato. —in Georgià vel Carolinàä. » M. Elliot ajoute 
en note que la graine (carpelle) est comprimée et évi- 
demment muriquée sur ses deux faces, qu’elle ast plus 
petite que celle du À. muricatus et que son bord est 


moins renflé , en outre le sommet en est court et 
courbé, 


143. RANUNGULUS PARVIFLORUS (Zn. spec. 780.) capi- 
tulis hemisphæricis, carpellis lentiformibus compressis 
tuberculis acutis numerosis et punctis depressis notatis, 
stylo rostrato compresso brevi apice uncinato.—Schlecht, 
anim, ran. 2, p. 34. — D'après les notes de M. Walker- 
Arnott le À. parvulus Lapeyr. abrég. 320 (non Linn ) se 
rapporte à celte espèce. 


143.* RANUNCULUS SUBAPETALUS ( Vict. Auger in ann. 
soc. lin, 1, p. 193 ex DeCand, mss.) « caule erecto, flo- 
rum pedunçulis oppositifoliis, petalis 2-3 calyce mino- 


(68 ) 

tribus interdum nullis, seminibus elevato-punciatis apice 
subhamatis, foliis superioribus 3-5 fidis, inferioribus 
snbrotundis lobatis omnibus hirsutis, caulibus substriatis.. 


© in sepibus ad ostium flum. Ain. An R. parviflorus. » 


144. Ranuncuzus rrirogus ( Desf. fl, atl. 1, p. 437, £. 
113.) capitulis globosis, carpellis badiis obovato-lenti- 
formibus punctis minutis depressis et tuberculis nume- 
rosis notatis, margine viridi, stylo brevi patente vix 
uncinato (ex specim. à cl. Gussone é Siciià commu- 
nicato.,) — C'est à cette espèce que M. Walker-Arnott 
d’après l'inspection de l’herbier Lapeyr. rapporte le par- 
vzflorus de cet auteur (abrég. 321.) —Schlecht. anim. 


Tan, 2, p. 54. 


145. RanuncuLus sessiLrFLorus (R. Brown prod. fl. 
nov. ho. v. 2, ined.ex DeCand. prod. 1, p. 42, nr. 145.) 
capitulis hemisphærico-verticillatis sessilibus, carpellis 
exacte lentiformibus granulato-tuberculatis, margine vi- 


ridi, stylo brevissimo obtusiusculo. 


146. 147 et b4. Ranuncurus oPHiocLossrroLius (7/1. 
plant. dauph. 3, p. 732, t. 49.) capitulis globosis, car- 
pellis lentiformibus tuberculato-spinosis, margine viri- 
dulo, stylo latissimo crasso obtuso brevi, R. pusillus 
Poir. dict. 6, p. 69. R. uliginosus Willd. enum. 586. 
— Vid. Schlecht. anim. ran. 1, p. 19, 21, et 2, p.79. — 
L’exemplaire qui se trouve sous ce nom dans l’herbier 
DeCandolle est trop jeune pour assurer qu’il appartienne 
à l'ophioglossoides, mais au moins les stigmates sont les 
mêmes, et M. de Schlechtendal approuve aussi ces deux 


synonymes. 


(69 ) 

. 146." RaNuUNCULUSs osLoNcIroriUS { Elliot Shetch car. 
et georg. 2, ps b8.)« foliis petiolatis denticulatis, infe- 
rioribus oblongo-ovalibus, superioribus lineari-lanceo- 
latis, caulibus ramosis, petalis calyce paulo longioribus , 
seminibus globosis muticis lævibus (?) —in Georgià vel 
Carolinà. —M. Elliot note que cette espèce est voisine du 
R. pusillus dont peut-être elle ne diffère pas; il décrit 
des graines globuleuses et lisses, mais comme souvent 
les tubercules sont ou presque nuls ou seulement visibles 


à une forte loupe, peut-être auront-ils échappé à sa vue. 


149. RANUNGULUS LATERIFLORUS ( DeCand, syst. 1, p. 
251.) capitulis sessilibus globosis, carpellis densis ovato- 
lentiformibus compressis atris echinulatis albo margina- 
tis, stylis longis rigidis teretibus spiniformibus elon- 
gatis rectis. —Schlecht. anim. 1, p. 21, —M. de Schlech- 
tendal croit que le R. lateriflorus n’est qu’une variété du 
nodiflorus , malgré l’extrème ressemblance- de ces deux 
espèces, je crois que le R. lateriflorus se distingue du r0- 


diflorus par l'allongement de ses carpelles et par leur style 
conique rigidement spinescent. 


il . A » % . 
Espèces qui ne peuvent étre rapportées à leur section » 
manque de description suffisante. 


RANUNCULUS PEDUNGULATUS ( iv. fl, cors. 8.) « scapi- 
florus cauleve simplici unifloro hirsutus, foliis radica- 
libus primoribus suborbiculatis crenato-dentatis reliquis 
tripartitis, lobo medio petiolato trifido inciso, caulinis 
nullis vel lineari-laciniatis integerrimisque, calyce pa- 
tente, —Hab. in pratis Monaccia Corsicæ, » 

9 


(ro ) 

Ranowcurus Ronini (Rafn. fl. ludov. p.82.) « pubes- 
cens, foliis radicalibus ternatis, caulinis lanceolatis, flo- 
ribus 5-6-petalis, petalis oblongis. — in Louisianà. 
R. Flammula Robin p.462. —Tige de 4-b pouces, vio- 
lette. » + 

RaAnNuNGULUS MEGANTHUS (Rafén. ft. ludov. .p. 82.) 
« caulibus erectis pubescentibus unifloris, foliis radicali- 
bus ternatis trilobisque, caulinis tenuibus subfliformibus, 
petalis patulis oblongis, nectariis lamellosis. —in Loui- 
sianà. —Ran. 2. Rob. p. 463. —Tige de trois pouces de 
long, violette; calice coloré; fleur grande, jaune, de deux 


pouces de diamètre et à cinq pétales trois fois plus longs 


que larges. » 
Ranuncuzus roLyPETALUS ( Rafin. fl. ludov. 83.) « cau- 
libus erectis glabris bifloris, foliis ternatis trilobisque, 
floribus 6-8 petalis, petalis patulis oblongis, nectariis 
lamellosis. — in Louisianà. —-Fleur d’un pouce de dia- 


mètre; calice coloré: anthères oblongues et crenulées. » 


RANUNCULUS LEPTOPETALUS (Rafin. fl. ludov. 83.) 
« caule erecto pubescente mulüfloro , folüs trilobis obtu- 
sis crassis, petalis minutissimis brevioribus quam stamina, 
stylis recurvis. — in Louisianà. — Ranunculus 4 Robin 
p. 464. —Tige de 6 à 8 pouces; fleurs très-petites; péta- 
les à peine visibles; réceptacle? globuleux beaucoup 


plus grand que les étamines. » 


RS AS A TT AT A AT TA 0 9 A 


MÉLANGES BOTANIQUES 
OU | 
RECUEIL D'OBSERVATIONS, 
MÉMOIRES ET NOTICES 


sUR 
LA BOTANIQUE. 
Par N. C. SERINGE. 
N.2 5 DE LA COLLECTION. — 28 Mars 1826. 


Observations sur la nature des fleurs et des 
inflorescences, par J. Rorper. (‘) 


Sr l’on considère soit la simplicité des lois primitives du 


règne végétal (simplicité souvent peu apparente, mais 


(x) Je présente ce petit mémoire avec plus de confiance au 
public, depuis que M. DeCandolle, qui en a bien voulu par- 
courir le manuscrit, a paru en approuver là publication, Je 
tâcherai de me rendre digne un jour des encouragemens et 
des bontés que ce savant célèbre m’a prodigués pendant mon 
séjour à Genève. Mon savant et aimable ami M. Duby me par- 
donnera, j'espère , d’annoncer que c’est à son obligeante amitié 
que je dois la traduction de ces feuilles, 


(72) 

que l’œil de l'observateur retrouve facilement), soit Ia 
lumière qu'ont répandu sur la nature et la structure des 
parties de la fructification les observations des botanistes 
illustres dont se glorifie l’Europe, l’on sentira qu'il est 
très-important d'examiner avec la plus grande attention 
la suite des phénomènes que l’on désigne ordinairement 
sous le nom de végétation. Les organes de la fructification 
et de la végétation ont entr'eux une si grande analogie 
que l’on ne peut parvenir à bien les connaître qu’en les 
comparant soigneusement, ensorte qu'un examen plus 
attentif de la végétation aura peut-être l'avantage de 
dissiper quelques-uns des nuages qui règnent encore dans 
l’histoire des parties de la fructification, et jettera quel- 
que jour sur la classification et les affinités des plantes. 
Je sens fort bien que les observations que je présente sont 
loin de remplir la lacune que je signale, j'espère cepen- 
dant qu’elles seront de quelque utilité à la science que je 
cultive, et qu’elles auront au moius pour résultat d'attirer 
sur le sujet dont je m'occupe l'attention d’observateurs 
plus habiles et plus exercés, 


Avant de parler de la distribution des fleurs autour de 
la tige, il faut faire quelques remarques tant sur la nature 
des plantes en général, que sur la structure des fleurs en 
elles-mêmes, puisque le mode de leur composition et 
celui de leur inflorescence nous offrent souvent les mêmes 


phénomènes (x). 
PS 


(a) J'aurai soin dans les exemples dont je me servirai pour 
rendre plus claires mes observations et pour exposer la struc- 
tnve normale de la fleur, de citer de préférence les plantes 


Dans le sens le plus général, nous appelons erdividu 
une plante entiere munie de tous ses organes et de toutes 
ses ramifications au-dessus et au-dessous du collet de la 
racine. Dans un sens plus particulier et plus conforme 
aux lois de la physiologie, nous appelons sxdividu végétal 
(série végétale, axe), tout bourgeon solitaire ainsi que sa 
continuation immédiate ou perpendiculaire (tige, rameau, 
fleur) (*). La continuation immédiate ou perpendiculaire 
du bourgeon primitif (de l'embryon) constitue donc l’in- 
dividu ou axe primitif (la tige) qui se ramifie par le déve- 
loppement des bourgeons secondaires ou des individus 
(axes) du second ordre (rameaux). Les rameaux primitifs 
(axes secondaires ) se ramifient à leur tour de la même 
manière que la tige (axe primitif) par le développement 
des bourgeons (axes ou individus tertiaires etc.; ensorte 
que tout bourgeon développé ou non développé peut être 


(dicotylédones) qui offrent la structure la plus simple, et dont 
toutes les parties florales sont complètes ou entièrement deve- 
loppées. L'on descend ensuite très-facilement des formations 
les plus parfaites et les plus symétriques à des formations, qui 
tout à fait dissemblables au premier coup-d'œil , n’en sont pas 
moins soumises aux mêmes lois que nous ayons reconnues dans 
les plantes les plus parfaites. Je ne parlerai pas non plus des 
différentes exceptions ou anomalies que l’on remarque dans la 
composition et l’évolution de l’inflorescence, je les réserve pour 


une autre occasion. 


(x) Goethe, Versuch die Metamorphose der Pflanzen zu er- 
klæren, 1790. 88 84-92. 
Du même, zur Morphologie 1817, page X, etc. 


Darwin phytologia , 1799. 


(74) 
comparé à l’axe simple (tige ou rameau). Chaque axe à 
sen tour est formé d’un nombre défini ou indéfini de 
nœuds qui donnent naissance à des feuilles, et d’entre- 
nœuds qui les séparent. L'on peut donc avec raison 
regarder les rameaux comme de nouveaux individus et 
dire que ce sont des plantes sur une plante, ce qui se 
prouve par le grand nombre de rameaux qui périssent 
avant la tige qui les portait () ou qui lui survivent (*). 
Et il y aurait une étrange inconséquence à refuser le 
nom d’individu aux rameaux des plantes lorsque nous 


appelons ainsi les rameaux des polypes. 


Les feuilles portées par les nœuds de l’axe nous pré- 
sentent une si singulière diversité de structure, de forme 
et de dimension qu’on peut à juste titre les appeler des 
protées (°). Tous les organes des plantes sont formés de 


feuilles et de stipules (*), et puisque dans toute plante 


(x) Ainsi, par exemple, les rameaux munis de fleurs ou de 
feuilles de certaines RAhamnées (comme l’observe M. DeCan- 
dolle) de plusieurs £vphorbiacées, Araliaceées, Tiliacées, Amen- 
tacces, Coniferes, etc. | 

(2) Comme par exemple les bulbes qui se trouvent dans l’ais- 
selle des feuilles caulinaires du Dentaria bulbifera, du Lilium 
bulbiferum , de plusieurs Saxifraga, du Ranunculus ficarie, etc. 
On démontre aisément par la structure et lanatomie de ces 
bulbes que ce ne sont que des bourgeons modifiés. 


(3) Il ne faut pas confondre avec Les feuilles, ni les ranteaux 
foliacés des Cactus et des Phyllanthus, ni les pédoncules stériles 
des Asparagus. (Link élément. philos. bot. 1825, p. 251.) 


(4) Link élém. philos. bot. 1825, p. 242, et la note A de l’ap- 
pendix. 


(75) 

phanérogame nous distinguons une partie végélative et 
une partie florale nous devons aussi admettre deux classes 
de feuilles, les feuilles du système végétatif et les feuilles 
du système floral ou de la fructification. L'on ne trouve 
pas toujours sur le même axe des feuilles qui appartien- 
nent à ces deux systèmes; la plus grande partie des axes 
primitifs (des tiges) ne porte que des feuilles de la végé- 
tation, et il y a un grand nombre d’axes du second, troi- 
sième ou quatrième, etc. ordre sur lesqueiles on ne trouve 
jamais que des feuilles florales. Telles sont par exemple 
toutes les fleurs qui ont des pédoncules nus (les Digrtalis, 
Ombellifères, Veronica, Linaria, etc.) Cependant Fon 
trouve aussi des axes floraux munis de feuilles de végéta- 
tion. Tels sont les pédoncules des Po/ygala en grappes, 
des Phytolacca, de plusieurs Lésumineuses, etc. 


Nous observerons seulement sur les feuilles de la végé- 
tation qu’elles sont ordinairement vertes et portent des 
bourgeons dans leur aisselle. Presque toujours alternes 
dans les monocotylédones elles sont souvent opposées 
dans les dicotylédones, quelquefois, cela se trouve dans 
les deux classes, elles sont verticillées, plus rarement 
encore soudées par la base, fréquemment séparées par de 


longs entre-nœuds. 


Les feuilles florales rarement vertes ne portent jamais de 
bourgeons à leur aisselle (note B de l’appendix), sont fré- 
quemment soudées entr’elles et presque toujours réunies 
en verticilles, qui ne sont séparés les uns des autres que par 
des ME nuls ou très-courts, tandis qu’un assez 


long intervalle les éloigne ordinairement des feuilles de la 


(76) 


végétation. Réunies par les liens d’une affinité et d’uné 


utilité mutuelles, elles constituent cet assemblage qui se’ 
présente sous tant de formes différentes, et que les bota- 
nistes appelient eur. Les verticilles des feuilles florales , 
comme le reconnaissent tous les botanistes, occupent 
toujours la partie supérieure de l'axe (tige, rameau, 
pédoncule) autour duquel ils sont placés, c’est-à-dire, 
les fleurs sont toujours terminales. (Note C de l’appen- 
dix.) Les feuilles florales ne descendent jamais au-dessous 
de la fleur, les feuilles de végétation ne s’élèvent jamais 
au-dessus; celles-ci comme nous l’avons déjà observé se 
trouvent toujours au-dessous de la fleur dans l’axe pri- 
mitif et tres-souvent dans les axes secondaires ou tertiai- 
res, etc. 


Le plus grand nombre des fleurs est composé de quatre 
verticilles (), dont les trois inférieurs (du moins dans les 
dicotylédones) sont le plus souvent composés de cinq 
feuilles; le quatrième qui est en même temps de plus 
élevé, offre fréquemment un moindre nombre de parties. 
Nous appelons calice (calyx) le verticille inférieur; les 
feuilles dont il est composé (sépales Necker , DeCandolle) 
sont ordinairement vertes, entières, assez étroites ek 
ressemblent beaucoup aux feuilles de végétation, surtout 
à celles qui s’approchent le plus de la fleur. 


Le verticille suivant est appelé corolle (corolla). Ses 


{) C. F, Wolf..... 
Goethe, Vexsuch ete. $ 31. 


DeCandolle; Théorie élém 2. \édit) lp: x B2 
P 


mr 
"670 


feuilles (pétales) déjà moins semblabies aux feuilles de la 
tige, sont alternes avec les feuilles du calice dont elles 
différent soit par l’éstivation, soit par la largeur, soit par 
la couleur et le tissu. Elles ne sont presque jamais vertes 


et souvent ornées des plus brillantes couleurs. 


Les organes du f#roisiéme verticille, que j'appellerai 
androcée, (mot formé d'avnp homme et ox0ç maison), al- 
ternes avec les parties du verticille précédent ( pétales }, 
opposés à celles du premier verticille (sépales), sont de 
même que tous les autres organes de la plante ascen- 
dante formés par des feuilles (') et tout différens qu'ils en 
soient au premier coup-d’œil n’en doivent pas moins être 
regardés comme des modifications des feuilles. Les parties 
de ce troisième verticille constituent les organes mäles 
des plantes et sont appelées étamines (feuilles mâles). J'ai 
déjà ( dans mon Ænumeratio Euphorbiarum p. 44) fait 
mention des étamines et de leur structure, et ce n’est 
pas ici le lieu d’y revenir. J’observerai cependant que la 
formation des étamines et du pollen que renferment les 
anthères est encore tout-à-fait obscure, quoique tous les 
véritables botanistes admettent que chaque étamine soit 
due à la transformation d’une seule feuille florale. 


Le quatrième verticille floral (note D de l’appendix ) 


(x) Les feuilles seules sont de vrais organes, il ne faut pas 
appeler de ce nom des parties d'organes comme sont les stipu- 
les, plusieurs espèces de vrilles et d’arêtes, les glandes , les 
poils et les aiguillons, ou des modifications d'axes, telles que 
sont par exemple lés épines , les vrilles de la vigne, etc. 


(46.1 

qui termine en quelque sorte l’axe de la fleur, (et par 
conséquent la tige ou le rameau) est composé de feuilles 
changées en ovatres (carpelles, feuilles ovariennes, feuil- 
les femelles.) On pourrait l’appeler gyrecée (yuvn femme 
et o0ç maison). L’axe de la fleur ne se prolonge jamais, 
sauf quelques exceptions très-rares, au dela de ces 
feuilles qui sont très-souvent étroitement soudées, aussi 
lon peut dire avec raison que le fruit termine en quelque 
sorte la plante. Je dis en quelque sorte, parce que les 
feuilles femelles étant comme toutes les autres feuilles des 
organes latéraux ne peuvent en réalité terminer l’axe. 
{ Note E de l’appendix.) Quant à leur transformation er 
ovaires on peut consulter ce qu'ont écrit sur ce sujet 
MM. Brown (') et DeCandolle (* et ce que j'ai dit moi- 
même dans l'ouvrage dont j'ai déjà parlé. 

J'ai déja dit qu’un axe quelconque est composé d’un 
nombre défini ou indéfini de nœuds (NoteF de l’appendix). 
Le nombre défini se rencontre dans les axes terminés par 
une fleur, lindéfini dans ceux qui ne portent point d’or- 
ganes floraux mais seulement des feuilles de végétation. 
Ces axes, qui ne sont terminés par aucune fleur, pour- 
raient se continuer à l'infini sans l'influence des causes 
extérieures, (le manque du suc nourricier, le froid, la 
chaleur, les blessures, etc.) observation déjà faite par 
Fimmortel Jungius () et les illustres Zirk (*) du Petit 


(1) On Rafflesia etc. Transact. of the linnean soc. vol. XILL. 
(2) Mémoires sur la famille des légumineuses, p. 52. 

(3) Isagoge phytoscopica , cap. XI. 

(4) Grundlchren der Anatom., etc. # 


(79) 

Thouars (*). Si cependant nous observons avec plus d’at- 
tention les axes floraux (c’est-a-dire terminés par une 
fleur) nous trouverons que la différence que nous venons 
d'indiquer n’est pas si grande qu’elle le paraît au premier 
coup-d’œil, puisque l’axe n’est jamais terminé par un 
organe solitaire et vraiment central (il n’en existe pas 
dans les plantes ) mais par un verticille d'organes latéraux 
(ovaires, carpelles) au delà duquel il pourrait se conti- 
nuer si tout le suc nutritif n’était consommé par les 
organes inférieurs, et surtout par les fruits et les étami- 
nés. Puisque ce n’est donc que dans des cas très-rares 
que l’axe se prolonge au dela du fruit nous sommes 
autorisés à dire que la fleur et surtout le fruit termine 
réellement l'axe. Quelques exemples éclairciront ce que 
je viens de dire et pour cela choisissons deux plantes 
dont l’une appartient aux végétaux à axe primitif (tige) 
déterminé, et l’autre aux végétaux à axe primitif indé- 

terminé. 
Dans l’Erythraea ramosissima nous trouvons d’abord 
comme dans toutes les dicotylédones des cotylédons 
opposés, viennent ensuite sur laxe (tige) qui part du 
milieu de ces cotylédons cinq ou plusieurs paires de 
feuilles de végétation -toujours opposées. Ce méme axe 
est terminé par une fleur brièvement pedicellée, ensorte 
que le nombre des feuilles sur la tige et la longueur de 
cette tige se trouvent être définis. Quelquefois, surtout 
dans un sol stérile il ne se développe aucun rameau sur 


(x) De la terminaison des plantes. 


( 80 ) 

laxe primitif, mais pour l'ordinaire il sort des aisselles 
de la paire de feuilles la plus voisine de la fleur des 
rameaux (axes secondaires) dont chacun, muni de deux 
feuilles de végétation opposées, est aussi terminé par une 
fleur. Des aisselles de ces feuilles raméales naissent de la 
même manière des rameaux ( axes tertiaires ) et ainsi de 
suite. Une plante développée de l'£rythraea ramosissima 
nous offre donc, outre un axe primitif, deux axes du 
second, quatre du troisième , huit du quatrième, seize du 
cinquième ordre, et cette multiplication de rameaux 
n'aurait aucune borne si la plante n’était détruite par des 
causes extérieures, (le froid et le manque de nourriture.) 
Dans cette plante et dans toutes celles qui lui ressemblent, 
c’est-à-dire qui sont terminées par une fleur, la fleur 
caulinaire se développe la première, puis celles des axes 
du second ordre, celles du troisième et ainsi de suite. 
C’est ce mode de ramification et de fleuraison que j'ai 
observé dans les £Euphorbes d'Europe. 


Du milieu des cotylédons de la Veronica arvensis se 
prolonge une tige qui ne porte que des feuilles de végé- 
tation. Ces feuilles dans le bas de la plante sont opposées 
comme les cotylédons et portent dans leur aisselle des 
bourgeons raméaux; dans le haut elles deviennent alter- 
nes et portent à leur aisselle des fleurs munies de très- 
petits pédoncules tout-a-fait dépourvus de feuilles. La 
fleuraison commence par la fleur la plus inférieure et 
gagne ainsi de proche en proche. Le nombre des feuilles 
sousflorales (des bractées) étant indéfini et la tige s’allon— 
geant toujours par les progrès de la végétation il arrive 


(51) 

irès-souvent que l’on trouve à la base de la plante des 
fruits murs, plus haut des fruits presque murs, vers le 
sommet des fleurs développées et à l'extrémité des boutons 
dont les derniers sont tellement petits qu’ils se soustraient 
à l'observation; nous en trouvons même encore quand la 
plante qui redoute la chaleur, est tuée par l’ardeur de 
l'été (". 

L'on peut déjà voir par les exemples que nous venons 
de présenter de quelle importance est la position! des 
fleurs relativement à la vie des plantes, et quelle est la 
valeur des caractères qu’elle nous offre. La description 
des différentes inflorescences le rendra encore plus évi- 
dent. 

Nous appelons énflorescence cette partie des tiges ou 
des rameaux laxes) qui ne porte d’autres axes (rameaux) 
que des axes floraux. De même que la f/eur est formée de 


(1) De même que dans les Euphorbes les rameaux caulinaires 
supérieurs sont tout à fait semblables aux rameaux de l’inflo- 
rescence générale (du verticille terminal) n’ayant aucune feuille 
sous le verticille secondaire, ainsi dans le Feronica arvensis, 
les rameaux qui naissent de l’aisselle des feuilles caulinaires 
(c’est-à-dire les plus voisines de la grappe qui termine la tige) 
ne portent pour l'ordinaire d'autres feuiiles que des bractées 
(feuilles sousflorates) alternes; au contraire, les rameaux qui 
naissent de l’aisselle des cotylédons et des feni les caulinaires 
inférieures sont très semblables à la tige primitive, étant munis 
à leur base de deux ou trois paires de feuilles opposées, et por- 
tant enfin une grappe à fleurs alternes. J'ai observé quelque 


chose de semblable dans les Evphorbes, 


(82) 
feuilles d’une nature particulière (feuilles florales ou de 
fructification) disposées autour du même axe, de même 
Vinflorescence se compose de rameaux d’une nature par- 
ticulière (rameaux floraux) distribués autour du même 
axe, et dans le plus grand nombre des plantes les inflo- 
rescences tendent comme les fleurs à constituer une partie 
unique et distincte du reste du végétal (). Nous donne- 


rons plus bas quelques développemens sur ce sujet. 


Mais comme l’inflorescence n’a pas tout-à-fait la même 
importance que la fleur, nous ne devons pas être étonnés 
qu’elle soit plus souvent exposée aux déformations dues 
tant à l’'appauvrissement qu’au développement des parues, 
et que nous manquions quelquefois de limites pour la 
séparer de la ramifcation végétative. L’on trouve même 
des fleurs dans lesquelles on ne peut pas toujours distin- 
guer les feuilles florales ei les feuilles végétatives et où 
nous ne pouvons nous assurer que par l’analogie si cer- 
tains organes font ou ne font pas partie du système floral; 
telles sont par exemple les fleurs du Nandina, de plusieurs 
Malvacées, de l'Hepatica, du Nisella, de l'Eranthis, de 
plusieurs Dianthus, etc., etc. (note G de l’appendix). 

On peut donc aisément distinguer toutes les inflores- 


cences en deux grandes classes : l’une comprendra les 


inflorescences terminées ou définies, l’autre les inflores- 


@) L’inflorescence peut pour cette raison être appelée la fleur 
de la plante, c’est-à-dire, de l'individu en prenant ce mot dans 
le sens le plus étendu; la fleur peut être appelée la eur de 
l'axe, c’est-à-dire, de l’éndividu pris dans-le sens Le plus restreint. 


(83) 
cences indéterminées ou indéfinies, On doit rapporter à 
la première classe toutes les plantes dont la tige ( axe 
primaire ) est terminée par une fleur, comme sont par 
exemple outre l’£rythraea, dont nous avons parlé, pres- 
que toutes les Gentianées, la plus grande partie des 
Caryophyllées, des Renonculacées, des Valérianées , des 
Campanula, des Rosacées, le Paris, etc., etc. La forme 
la plus simple de cette classe est une tige uniflore telle 
que l’on en trouve dans le Myosurus, VExacum filiforme, 
etc. Le plus souvent il naît des aisselles des feuilles placées 
au-dessous de la fleur terminale des rameaux simples ou 
ramifiés, terminés par une fleur. (Helleborus viridis, foe- 
tidus , Ranunculus arvensis, Potentilla, Rosa, etc.) Dans 
tous les cas la fleur qui termine l’axe primitif fleurit la 
première, les autres se développent dans l’ordre centri- 
fuge, c’est-à-dire que les fleurs des rameaux les plus 
voisins de la fleur terminale s’'épanouissent les premières 
et que le développement se poursuit en descendant du 
sommet (centre) de la tige à sa base (circonférence). (Note 


H de l’appendix.) 


La seconde classe, beaucoup plus étendue, renferme les 
plantes dont la tige (axe primitif) n’est pas terminée par 
une fleur, dans lesquelles par conséquent toutes les fleurs 
sont axillaires, c’est-à-dire terminant les rameaux (axes 
secondaires). Ici la loi du développement des fleurs est 
entièrement opposée à la précédente. Les inférieures fleu- 
rissent les premières et la fleuraison va de la base au 
sommet del’axe (développement centripète.) Le Veronica 
arvensis, dont nous ayons parlé plus haut, nous offre 


(84) 

Fexemple le plus simpie de cette inflorescence. Autour de 
Vaxe primitif (tige) indéfini sont disposés des axes secon- 
daires ( pédoncules munis de fleurs ) très-simples, c’est- 
à-dire qui ne portent aucune feuille de végétation et qui 
par conséquent ne se ramifient jamais. Cette inflorescence 
devient plus composée si les axes secondaires portent des 
feuilles de végétation et sont par cela même ou rameux ou 
susceptibles de le devenir. Si les axes secondaires, quoique 
rameux, sont cependant terminés par une fleur, l'ordre 
de fleuraison est le même que dans la forme la plus simple 
(centripète); la fleur terminale du rameau inféricur s’ou- 
vrant la première et étant suivie par celles des rameaux 
supérieurs. Mais si les rameaux sont indéfinis (ce qui 
n'arrive peut-être jamais ? dans l’inflorescence terminale } 
alors les fleurs inférieures du rameau inférieur se déve- 
loppent les premières, elles sont suivies par celle du 
rameau suivant puis du troisième et ainsi de suite. L’évo- 
lution des inflorescences partielles ou axillaires a donc 
lieu de la même manière relativement à l’axe primitif que 
l’évolution des fleurs dans les axes secondaires, l’une et 
l'autre va de la circonférence au centre. Mais lorsque Les 
inflorescences indéterminées latérales sont placées sous 
une inflorescence indéterminée terminale (c’est-à-dire si 
la tige est terminée par une inflorescence indéterminée) 
lés fleurs de cette inflorescence caulinaire ou terminale se 
développent les premières, elles sont suivies par celles des 
inflorescences latérales les plus voisines de l’inflorescence 
terminale et l’évolution générale des inflorescences va 
donc comme dans la première classe du centre à la cir- 
conférence. Les fleurs dont est composé chaque inflores- 
cence se développent dans l’ordre centripète. 


( 85 ) 
* Quoique les deux grandes classes dont nous venons de 
parler soient bien constantes et de nature fort diverse, il 
n’en arrive pas moins que quand elles se rapprochent par 
la forme et le port il est quelquefois difficile de les recon- 
naître et qu’on est obligé pour cela d’avoir recours à 
l’analogie et au mode de développement des fleurs, D’au- 
trefois soit par la contraction des différens axes, la sup- 
pression des fleurs, une fertilité inusitée des aisselles des 
feuilles (note I de l'appendix) ou la séparation des sexes, (") 
la nature des inflorescences devient plus obscure. Je m'oc- 
cuperai ailleurs des inflorescences qui par leur s‘ructure 
ou leur développement semblent sortir de la règle, main- 
tenant je vais examiner les principaux modes d’inflores- 


cences admis par les botanistes. 


Les modifications de la premiére classe sont les fleurs 
terminales, solitaires ou aggrégées (fleurs en corymbe des 


auteurs) le £lomérule, la cyme et le fascicule. 
5 ; cl 


1. Nous avons déja parlé de la fleur terminale solitaire 
et des fleurs raméales plus ou moins aggrégées qui naissent 
au-dessous d’elle (désignées peu exactement par beaucoup 


d'auteurs sous le nom de fleurs en corymbe, flores corym- 


bosi). 


2. LE GLOMÉRULE (glomerulus) ne diffère du mode 
précédent que parce que les pédoncules sont très-courts 
et d'ordinaire simples. Le glomérule diffère surtout du 


QG) Robert Brown on Compositæ, p. 98. in linin. transact, 
vol. XIE, pr. 


19 


(86) 
capitule (voyez plus bas) parce que l’évolution est cen- 


trifuge. 


3. La Cyue (Ccyma) est formée par des rameaux floraux 
qui sont réunis en verticilles au-dessous de la fleur termi- 
nale. Ordinairement les rameaux des cymes ( qui se trou- 
vent surtout dans les plantes à feuilles opposées) sont 
dichotomes, c’est-à-dire terminés par une fleur sous 
laquelle se trouvent deux feuilles de végétation, des ais- 
selles desquelles naissent d’autres rameaux dichotomes et 
ainsi de suite. L’Ærythraea dont nous avons parlé, plu- 
sieurs Valérianées , presque toutes les Caryophyllées 
donnent fort bien l'exemple d’une cyme (ou tige) dicho- 
tome. Nous trouvons une cyme 5-6-chotome dans les V5- 
burnum , le Cornus sanguinea et surlout dans l’inflores- 
cence générale des Æuphorbes. Les rameaux des cymes 
sont toujours terminés par une fleur, quelquefois cepen- 
dant par l’avortement d’un des bourgeons tertiaires ils 
paraissent indéterminés (voyez l’Erythraea spicata, le 
Dianthus superbus, les rameaux du verticille des Euphor- 
bes, etc.) Pour l'ordinaire presque tous les rameaux de 
la cyme atteignent la même hauteur et leurs sommets 
forment ainsi une espèce de plan, dont la surface est 
plane, convexe et quelquefois concave. Comme nous 
l'avons déja vu la fleur terminale ou centrale se développe 
la première, elle est suivie par les fleurs qui terminent 
les rameaux primitifs, etc. La cyme est quelquefois com- 
posée, et cela a lieu lorsque sous le verticille primitif (qui 
est le plus rapproché de la fleur terminale) il se développe 
un second verticille inférieur, dont les fleurs s’épanouis- 


( 8 ) 
sent plus tard que les fleurs des rameaux et du verticillé 


supérieur, 


4. Le Fascicure (fascicalus) est une cyme dichotome 
à rameaux plus courts et à fleurs par conséquent plus 
ramassées. Souvent par l’avortement de l’un ou de l’autre 
des bourgeons axillaires des feuilles sous florales les 
rameaux du fascicule paraissent simples, c’est ce qui 
arrive du moins dans le Dianthus barbatus cité par Linné 
comme un exemple de fascicule. Le fascicule mérite à 
peine d’être distingué de la cyme et lorsqu'il est extrêéme- 
ment contracté il ne diffère du glomérule que par une plus 
grande régularité dans la disposition des fleurs. 


Les modifications de la seconde classe sont l'épr, le 
chaton , le spadir, la grappe, le corymbe, l'ombelle, le. 


capitule, la panicule et le thyrse. 


1. L'Eri (spica) est un axe indéterminé portant dans 
l'aisselle des feuilles (brectées ) dès fleurs sessiles. Les 
bractiées et par conséquent les fleurs sont tantôt alternes, 
tantôt opposées, tantôt verticillées (‘). L'évolution se fait 


(1) Dans les Labiées et dans les Salicariées auxquelles on 
attribue des fleurs verticillées, il n'existe pas de vrais verti- 
cilles. Les fleurs ne peuvent être verticillées, comme l’observe 
très-bien M. Link (elem. philos. bot.) que lorsque les bractées 
le sont. Nous trouvons le véritable verticille dans l’Anagallis 
arvensis à feuilles ternées et surtout dans l’ippuris vulgaris. 
Les prétendus verticilles des Labiées et des Salicariées ne sont 
que des cymes axillaires extrémement contractées. Linné n’a 


done pas été heureux dans ses exemples de verticilles, 


(88) 
de la circonférence au centre. Telles sont par exemple plu- 
sieurs Orchidées et Plantaginces, le Stachytarpheta, etc. 


2. Le CHATON (amentum) est un épi (surtout formé de 
fleurs mâles) qui tombe après sa fleuraison. 


3. Le Sranix (Spadix) est un épi (de monocotylédones) 
souvent enveloppé à sa base d’une feuille (spathe) et dont 
les fleurs extrêmement rapprochées se trouvent comme 
incrustées dans un axe grossi. (Arum, Calla, Pothos, 
Acorus, Orontium, etc.) Quant à l’appendix qui termine 
le spadix dans l’Arum, voyez ce que je dis plus bas sur 


les inflorescences couronnées. 


4. La Grarrr (Facemus) ne diffère de l’épi que par la 
longueur des pédoncules presque tous égaux entr’eux 
(plusieurs Veronica, le Digitalis, le Linaria, V Actaea, le 
Phytolacca, etc.) 


_b. Le CorymsEe (corymbus) est une grappe dont l’axe 
est plus court relativement aux pédoncules et dont les 
pédoncules inférieurs sont plus longs que les supérieurs, 
d’où il arrive que presque toutes les fleurs atteignent à 
peu près la même hauteur. Pendant l’épanouissement des 
fleurs les corymbes se changent presque toujours en 
grappes, comme la tres-bien observé illustre Smith 
(botan. grammair.) Nous pourrons citer comme exemple 


plusieurs Cruciféres et en particulier les Zberts de Linné. 


6. L'Omeerre srmPre (umbella simplex) est une grappe : 
dont l'axe primitif a été tellement contracté que tous les 
pédoncules semblent partir du même point. {L’Hedera 


(89) 
Helix, Y Astrantia, le Jasione). Si les ombelles simples 
sont à leur tour disposées en ombelle comme cela a lieu 


dans la plupart des Ombelliferes , ombelle sera composée. 


7. Le CapiTure (capitulum) est une ombelle à fleurs 
sessiles, ou si l’on aime mieux un épi dont l'axe est telle- 
ment contracté que les fleurs semblent comme dans les 


ombelles partir du même point. 


La calathide ne diffère du capitule qu’en ce que le 
réceptacle (l'axe, le lieu dont naissent les pédoncules) est 
plus développé. Telles sont plusieurs Scabieuses, V'erbe- 
nacées , Gobularices et presque toutes les Composées). 


8. La PANICULE /panicula) est une grappe à pédoncules 
rameux, dont les inférieurs sont les plus longs { Vitex, 
Aesculus, Salvia paniculata ). Voyez DeCandolle, théorie 
élém. 2€ édit. page 388. 

9. Le Tuyrse /kyrsus) est une grappe à pédoncules 
rameux, dans laquelle les pédoncules du milieu sont plus 
longs que ceux des deux extrémités. Voyez le même 
ouvrage page 388. 

Ces deux dernières espèces d’inflorescences ont quel- 
quefois le port de certaines cymes convexes, mais elles 
s’en distinguent sur le champ par l’ordre de fleuraison 
qui va de la circonférence au centre. 


Après avoir exposé les différentes formes d’inflores- 
cences il faut ajouter quelques observations sur la manière 
dont elles passent les unes dans les autres. 


Dans le sens le plus étroit, j'appelle épi ou grappe 
simple ces inflorescences dans lesquelles on trauve autour 


(90 ) 

de l’axe commun allongé et indéfini plusieurs fleurs mu+ 
nies de ce qu'on appelle des bractées solitaires (e’est-a dire 
portées par des pédoncules nus, très-courts ou nuls dans 
l'épi, plus longs dans la grappe), ou pour parler plus 
exactement dans lesquelles les axes primitifs indéterminés 
portent des axes secondaires sans feuilles de végétation. 
Tout simple que soit ce mode d'inflorescence il est cepen-- 
dant assez rare (l’on trouve dans l’Orchis latifolia et 
espèces voisines un épi très-simple, dans le Droitalis et le 
Linaria une grappe très-simple). En effet nous trouvons 
fréquemment dans les épis ou dans les grappes et capitules 
des pédoncules munis à leur base, au milieu, ou sous la 
fleur de deux folioles opposés ou presque opposés, alter- 
nant avec la tige et avec la feuille caulinaire dans l’aisselle 
de laquelle se trouve la fleur. 


Ces folioles, que l’on pourrait en quelque sorte appeler 
les cotylédons des axes secondaires, sont pour leur port 
et leur position tout-à-fait analogues à ces feuilles primor- 
diales souvent écailleuses, pour l'ordinaire opposées ou 
presque opposées que l’on observe à la base des rameaux 
de la plupart des dicotylédones. M. Turpin prétend dans 
son excellent mémoire sur l’inflorescence des Graminées 
et Cypéracées que les 4mentacées et les Monocotylédones 
s'écartent peut-être à cet égard de la structure des di- 
colylédones, du moins quant au port ou l’apparence ex- 
térieure. Il arrive quelquefois que ces folioles primitives 
disparaissent soit sur les pédoncules, (comme dans l’O- 
cymum, le Scutellaria) soit sur les rameaux floraux 


(comme dans l’Euphorbia Gerardina et Nicæensis ; voyez 


(91) 
l'Enum. Euph. etc. page 25), et tres-souvent qu'ils sont 
stériles, c’est-à-dire qu'ils ne portent point de rameaux 
dans leurs aisselles. C’est ce qui arrive dans toutes les 
grappes, épis et capitules auxquels on attribue des fleurs 
munies de trois bractées (voyez la note J de l’appendix) 
comme par exemple dans le Phytolacca, le Microtea, (°) 
les Polygala en grappe, plusieurs Salicaires, le Gomphrena 
et genres voisins, plusieurs Thesium, plusieurs Salvia à 
verticilles biflores, etc. Dans beaucoup d’autres plantes 
ces feuilles produisent des rameaux, et c’est ainsi que se 
ramifie un pédoncule qui était auparavant simple. Les 
pédoncules portés par ces folioles (axes tertiaires, etc.) 
sont à ce que je crois toujours semblables au pédoncule 
primitif (axe secondaire) c’est-à-dire munis sous la fleur 
de deux folioles, et ne sont par conséquent jamais réelle- 
ment simples, et leur ramification étant tout-a-fait la 
méme que celle d’une cyme dichotome on peut dire que 
tout pédoncule étant muni de trois bractées, comme le 
disent les auteurs, contient le germe d’une cyme dicho- 
tome. Les différentes espèces du genre 4mmannia, dans 
lesquelles lon trouve des pédoncules, à une, trois ou 
sept fleurs, selon la nature de l’espèce et l’influence du 
sol et du climat, donnent d’excellens exemples de la 
manière dont se ramifie un pédoncule à trois bractées. 
Cette ramification pourrait de même que la cyme termi- 
nale se continuer à l'infini si la plante n’était détruite ou 
exténuée par la chaleur de l’été, le manque de nourri- 


ture, etc. 


(1) Je soupçonne fort que l’Ancistrocarpus n’est pas comme 
genre différent du Microtea. 


( 92 } 

Ouire les deux feuiiles primitives et'en quelque sorte 
eotylédonaires, dont nous venons de parler, l’on en trouve 
souvent encore d’autres dans les axes secondaires soit 
terminés soit indétermines. J’ai déjà dit que les inflores- 
cences secondaires ou latérales étaient soumises aux mé- 
mes lois que les inflorescences primaires ou terminales. 
Quant aux inflorescences latérales indéfinies, elles se 
trouvent rarement dans les plantes à inflorescence termi- 
nale, et dans ce cas leurs fleurs se développent plus tard 
que celles de l’inflorescence primitive ou terminale. On 
les rencontre plus fréquemment dans les plantes à tiges 
indéterminées, comme par exemple dans le Zystmachiæ 
thyrsiflora et la plupart des arbres et arbustes. Les inflor. 
latérales définies (cymes) sont encore plus communes, on 
les retrouve dans presque toutes les Labices, un grand 
nombre de Scrophularinées , de Chénopodiacées et de Sali- 


cariées. 


Il est donc très-important de travailler à nous faireune 
juste idée de la véritable nature de chaque espèce d’inflo- 
rescence, car sans cela nous ne pourrons nous faire qu’une 
idée très-incomplète du mode d’existence et des affinités 


des plantes. 


11 ne nous reste plus qu’à énumérer quelques phénomèe- 


nes que nous présentent les inflorescences. 


J'ai déjà dit que les inflorescences et les fleurs ont ceci 
de commun qu’elles sont souvent séparées du reste de la, 
plante par un assez long intervalle dénué de feuilles 
(pédoncule propre de la fleur, pédoneule commun de 


\ 


(#50 
l'inflorescence.) Le pédoncule propre de la fleur est cette 
partie du pédoncule (axe de Ja fleur) qui est formée par 
les éntre-nœuds des feuilles calicinales, et le pédoncule 
partiel de l’inflorescence la partie du pédoncule commun 
(axe de l’infloreseence) formée par les entre-nœuds des 


bractées ou feuilles de l’involucre inférieures, 


Cette tendance des inflorescences à former un assem- 
blage en quelque sorte semblable à celui de la fleur, se 
manifesté encore par les bractées des rameaux (ou fleurs) 
inférieurs qui sont souvent soudées en un involucre mono- 
phylle (gamophylle) et forment ainsi une espèce de calice 
monophylle. (Ainsi par exemple l’involucre du Miérabilis 
Jalapa, de l'Othonna, du Tagetes, des Euphorbes, de 
l’'Hepatica , etc.) 


L'on trouve souvent dans les inflorescences de même 
que dans les fleurs des feuilles (bractées des inflorescences, 
organes des fleurs) réunies en verticilles, dans lesquels le 
. nombre des parties est assez constant, souvent quinaire, 
et où les feuilles du verticille extérieur sont alternes avec 
celles du verticille intérieur. /Jasione montana, Dahlia 
variabilis). Dans le Jasione les feuilles du verticille exté- 
rieur de-l'involucre sont presque toujours vertes, les 
intérieures sont bleuätres ou blanchâtres et ressemblent à 
des pétales. Ceite apparence pétaloïde se retrouve dans 
les feuilles intérieures des involucres de plusieurs Compo - 
sées et Protéacées, par exemple l'Elichrysum, le Xeran- 
themum , le Protea mellifera, etc. Les feuilles des invo- 
lucres de plusieurs Ombelliféres, (V'Astrantia, V’'Arcto- 
pus, les Bupleurum , ) Caprifoliacées, (le Cornus Suecica 


(94) 
Caradensis, Florida, mascula) de différentes Euphorbes 
(VEuphorbia corollata, dulcis, atropurpurea, mellifera, 
etc.) et de l’Haemanthus, les bractées des Graminées, 
Cyperacées et Restiacées, et les spathes des 4roïdées sont 
ornées des plus belles couleurs et pour cette raison sont 


souvent appelées par le péuple corolles ou fleurs. 


Les genres Euphorbia et Anthostema nous offrent des 
änflorescences hermaphrodites, dans lesquelles les fleurs 
mâles ont l'apparence d’étamines, et la fleur femelle d’un 
fruit, et même dans les inflorescences à f{eurs hermaphro- 
dites il y a toujours quelque ressemblance entre les éla- 
mines et les rameaux. Et quoique l’on ne puisse jamais 
dire que l’étamine (que nous avons déjà dit être formée 
par une seule feuille) soit analogue à un rameau, l’on ne 
doit pas mépriser la ressemblance de port et d'évolution 
qu'il ya entre l’une et l’autre. De même que par l’éstiva- 
tion (voyez la note K de l’appendix) des feuilles du calice 


(1) Les organes des verticilles intérieurs de la fleur avortent 
aisément dans un très-grand nombre de plantes. J’ai vu dans 
l’Agrimonia Eupatoria quelques fleurs qui avaient dix étamiues 
opposées aux feuilles du calyce et de la corolle, et d’autres qui 
n’en avaient que cg opposées aux feuilles du calyce. L'illustre 
R. Brown à déjà démontré en divers endroits que les étamines 
opposées aux feuilles extérieures (ou inférieures) du calice 
s'ouvraient les premières et j'ai remarqué dans l’énumération 
des euphorbes, etc. pag. 37, que l’évolution et la supression 
des rameaux floraux du verticille terminal dépendait de l’in- 
sertion de leurs bractées, avec cette différence pourtant qu’elle 
est centrifuge (à cause de l’inflorescence terminale). 


(95 ) 
de la fleur l’on peut prédire l’évolution des étamines qui 
leur sont opposées; de même l’on peut par léstivation 
des folioles de l’involucre (') prédire très-aisément la 
marche du développement des rameaux floraux ou des 
fleurs d'une inflorescence indéfinie à ombelle verticillée 
ou d’un capitule; c’est ce que démontre l’ombelle du 
Jasione montana et le capitule du Dahlia variabilis , ete. 
Les pédoncules ou les rameaux qui sont opposés aux 
verticillesintérieurs de l’involucresont souvent plus courts 
que les rameaux qui naissent des aisselles des feuilles du 
verticille extérieur. Or les étamines opposées aux pétales 
sont ordinairement plus courtes que celles qui sont oppo- 


sées aux feuilles du calice. 


Les organes qui dans les fleurs viennent après le calice 
et la corolle ont une apparence moins foliacée et avortent 
quelquefois, et nous trouvons ici une nouvelle analogie 
avec les feuilles supérieures de l’inflorescence qui ont une 
apparence particulière, (aussi les appelle-t-on alors sou- 
vent bractées, comme dans le Marcgravia umbellata,) ou 
manquent entièrement comme dans plusieurs Ombellife_ 
res, Cruciféres, etc. 

La transformation des étamines en pétales commence 
dans les fleurs polyandres par la circonférence; ce sont 
les fleurs inférieures des inflorescences simples dans les- 
quelles les rayons se développent les premiers, (tels sont 
par exemplele Bellis , V’ Aster, le Matricaria ,Y Helianthus, 
plusieurs Dipsacées, Ombelliféres, Crucifères, etc.) Les 
organes extérieurs de la fleur (feuilles du calice et de la 
corolle) se changent plus aisément que les autres en feuilles 


(96 ) 

végétatives; les rameaux extérieurs des inflorescences se 
garnissent plus aisément de feuilles que les intérieurs, ce 
que l’on voit tous les jours dans l’£uphorbia Cyparissias. 
Les étamines stériles ou changées en nectaires des verti- 
cilles intérieurs des fleurs d'Æquilegra et de plusieurs 
Rutacées trouvent en quelque sorte leurs analogues dans 
les fleurs stériles ou déformées du Hyacinthus comosus. 


Nous trouvons souvent sous les inflorescences comme 
sous les fleurs des feuilles stériles, c’est-à-dire dans les- 
quelles les bourgeons axillaires ne se développent point, 
(Mailvacées, Convolvulacées, Caryophyllées, Composées, 


Proteacées, Graminées, Cypéracées, etc.) 


L'on trouve quelquefois des fleurs (fl. proliféres) qui au 
licu du fruit portent un rameau garni de feuilles, formé 
par la continuation de l’axe; lorsque dans les inflores- 
cences indéfinies l’axe se prolonge au delà de l’inflores- 
cence, tantôt il est comme terminé par une fascicule de 
bractées stériles, tantôt il se prolonge en réalité apres 
l'expansion des fleurs et porte de nouvelles feuilles de 
végétation. Ces inflorescences que l’on appelle en botani- 
que inflorescences couronnées (tnfl. comosae) se trouvent 
dans J’Eucomis punctata, le Fritillaria imperialis, le 
Bromelia Ananas, les Melaleuca et Metrosideros des jar- 
dins, le Calothamnus et différens Lavendula. C’est peut- 
être ici que l’on doit rapporter l’appendice stérile qui 
termine le spadix de l’Ærum, appendice dans lequel 
avortent les feuilles et les rameaux (ou fleurs). Les fleurs 
et les inflorescences ont encore cette autre ressemblance 


que souvent lorsque la fleuraison est achevée, elles se 


(97 ) 
détachent de la tige, comme si elles étaient articulées. Le 
chaton, propre aux familles des Amentacées et Coniféres 
a été séparé par les botanistes des épis permanens à cause 
dé sa caducité, à tort à ce qu'il me semble, puisque d’après 
ce principe l’on devrait aussi séparer des autres grappes, 
ombelles ou panicules celles qui sont caduques. (On 
trouve dans l'Hedera des ombelles, dans les Rosacées, 
Légumineuses , Jasminées , Caprifoliacces et Téliacées àes 


cymes, panicules et thyrses caduques. } 


Nous avons vu que les fruits terminaient l’axe qui les 
portait, ou plutôt que le suc nourricier qui aurait dü 
servir à continuer l’axe au delà de la fleur était entière- 
ment consommé par les organes floraux, et il est facile 
de voir qu'il se passe la même chose dans toutes les in- 
florescences, car si l’on en excepte les inflorescences 
couronnées, qui sont très-rares, l’axe qui porte des 
feuilles de végétation ne se prolonge jamais au delà des 
fleurs, et en général l’inflorescence tant terminée qu’in- 
déterminée fait l'effet d’une fleur et termine l’axe. C’est 
ce que prouvent les tiges et les rameaux qui arrêtés dans 
leur développement parles inflorescences deviennent pour 
cela di-tri ou pentachotomes , etc. Cet accident se retrouve 
dans plusieurs Protéacées , différens Acer, les Viburnum, 


le Zedum, un grand nombre d’Erica, de Phylica, de 
Diosma, etc. 


Enfin le trait le plus important de ressemblance entre 
les fleurs et les inflorescences, c’est que les inflorescences, 
comme les fleurs, se développent pour ainsi dire tout d’un 
soup et que leurs parties ne se montrent pas peu à peu 


' (98) 
comme il arrive dans les feuilles et les rameaux de végé- 
tation. Aussi tandis que ces êtres éclatans périssent avec 
la même rapidité avec laquelle ils se sont développés, les 
tiges leur survivent souvent et leur existence s'étend à un 


grand nombre d’années. 


AE) À, CRE uen N 


APPENDIX. 


(A Page 54.) 


Us échantillon du Campanula rapunculoides (Linné) que 
j'ai trouvé en France au mois d’août de l’année derniére, 
m'a offert la suite la plus intéressante de transformation 
des organes intérieurs (ou supérieurs) de la fleur en orga- 


nes d’un ordre inférieur. 


La fleur la plus inférieure de l’inflorescence était tout- 
à-fait dans l’état normal. La suivante, qui n’était pas bien 
développée, était en tout semblable à la troisième dont 
voici la structure. Fruit infere, calice a cinq divisions de 
couleur de forme et de grandeur ordinaires. Alternes avec 
celles-ci étaient cinq autres divisions intérieures de la 
même forme et la méme couleur, c'était la corolle; venait 
ensuite une corolle tubuleuse bleue, dont les divisions 
alternaient avec celles du calice intérieur, (c’était les 
étamines.) Les étamines manquaient. Les stigmates n’of- 


fraient rien d’extraordinaire. 


Dans la quatrième fleur (située plus haut sur la uige) le 
fruit.était infère, les cinq divisions du calice étaient plus 
grandes et plus foliacées qu’à l'ordinaire; puis suivait un 
second rang de divisions semblables aux premières et 


alternes avec elles (corolle).Les cinq étamines mal formées, 


( 100 }) 


soudées de la longueur d’une ligne avec le fruit, ensuité 
libres, blanches, épaisses, subulées, alternaient avec les 
divisions du calice intérieur. La fleur étant déjà passée je 
n'ai vu que les restes des anthères; les trois styles étaient 
presque foliacés, le fruit était à trois loges, les graines 


très-petites, à peine formées. 


L'on voyait dans la cinquième fleur un fruit infere, 
cinq divisions extérieures du calice, cinq autres intérieures 
alternes avec elles ( corolle) huit intérieures dont cinq 
alternaient avec celles de l’ordre précédent (étamines) et 
trois autres semblaient placées au hazard (feuilles du 
fruit.) Cinq styles très-bien formés surmontaient un fruit 


à cinq loges (verticille accessoire.) 


La fleur suivante offrait cinq feuilles calicinales exté- 
rieures, un peu plus grandes qu’à l'ordinaire, presque 
libres, cinq intérieures semblables et alternes avec les 
premières (corolle). Le troisième verticille était composé 
de cinq feuilles semblables aux précédentes, alternes avec 
les feuilles du calice intérieur (étamines). Les trois styles 


presque foliacés terminaient un fruit supére à trois loges. 


La structure de la septième fleur ne différait pas de 
celle de la précédente. 

Dans la huitièmeil y avaitun fruit infère, cinq divisions 
calicinales semblables à ce qu’elles sont à l’ordinaire, au 
lieu de la corolle cinq divisions semblables à celles du 
vrai calice, dont quatre cependant étaient soudées jus- 
qu’au tiers de leur longueur; au lieu d’étamines un tube 
corolloïde bleu, qui portait au sommet de ses divisions 
des rudimens d’anthères. Rien de changé dans les styles. 


{ 107 ) 

La neuvième fleur avait un fruit infére, un double 
calice comme dans la fleur précédente, sauf que les cinq 
divisions intérieures étaient un peu soudées à la base. Le 
tube corolloiïde ne portait aucun rudiment d’anthéres, et 
ses divisions alternaient comme dans la fleur précédente 
avec celles du calice intérieur. Styles et fruits comme à 
l'ordinaire, 


Dans la dixième fleur le calice et la corolle étaient for- 
més par des divisions plus foliacées encore que dans les 
précédentes et disposées de la même manière. Au lieu des 
cinq élamines il y avait cinq ovaires (carpelles) munis de 
styles tout à fait semblables à ceux des trois ovaires (dont 
se compose le fruit normal des Campanules ;) qui étaient 
eux-mêmes placés au centre de la fleur, et avec lesquels 
les cinq premiers étaient soudés. Le fruit était à huit loges, 
à trois loges centrales séminifères, cinq extérieures (étami- 
nes transformées) stériles, c’est-à-dire vides. Ces cinq 
loges extérieures étaient placées relativement au fruit 
primitif précisément de la mème manière que le sont les 
étamines relativement aux stigmates dans l’état normal de 
la fleur. 


Toutes les autres fleurs étaient déformées de la même 
manière que celles que nous venons de décrire; il y en 
avait cependant quelques-unes dans lesquelles tous les 
organes étaient changés en feuilles semblables aux feuilles 
caulinaires supérieures; d’autres enfin dans lesquelles la 
fleur était remplacée par un rameau court très-garni de 
feuilles séparées de la tige par une espèce de pédoncule. 
Les feuilles inférieures de ce rameau étaient disposées en 

11 


{ 102 ) 
verticilles; les parties des verticilles inférieurs alternaïent 
les unes avec les autres, mais les supérieurs n’avaient 
plus aucun rapport ni de nombre ni de distribution avec 
les organes normaux de la fleur. J’ajouterai plus tard 


quelques observations sur ces rameaux qui remplacent les 
fleurs. 


Ces exemples prouvent de la manière la plus évidente 
un fait déjà connu mais de la plus haute importance dans 
la physiologie végétale, savoir que toutes les parties de la 
fleur tirent leur origine des feuilles. Goethe et DeCandolle 
ont déja parfaitement prouvé que les étamines sont ana- 
logues aux pétales qui ne doivent ètre regardés que 
comme des étamines stériles, R. Brown a démontré dans 
ses excellentes observations sur les Composées et le Raf- 
Jflesia qu'il y a la plus étroite analogie entre tous les orga- 
nes des fleurs et surtout entre les étamines et les ovaires 
(carpelles) et j’ai moi-même donné quelques exemples de 
la transformation des étamines en ovaires , des ovaires et 
des calices en véritables feuilles, mais l’on n’avait pas 
de démonstration ou de preuves certaines de l’affinité 
qui existe entre les calices et les pétales, et l’on n’avait 
pas encore observé (ou du moins très-rarement) des cas 
dans lesquels les étamines et les pétales étaient transfor- 
més en feuilles calicinales ou véritables feuilles. Quant 
à l’analogie entre les feuilles du calice et celles de la tige 
auxquelles elles ressemblent tellement par la forme, la 
couleur et la substance, j’en ai vu de nombreuses démons- 
trations, soit dans des Roses à fleurs doubles que j'ai eu 


occasion d'observer dans le jardin botanique de Goettin- 


105 }) 
gue et dans l’herbier de Lamarck que je possède, soit dans 
un Helleborus viridis que j'ai cueilli dans les montagnes 
de Savoie. La feuille calicinale extérieure de la fleur ter- 
minale de cet Hellebore était changée en une bractée ovale, 
arrondie, dentelée sur ses bords, presque trifide, de la 
couleur et de la grandeur des feuilles calicinales, très- 
semblable aux feuilles caulinaires de cette espèce mais 
surtout à celles de l’Helleborus foetidus. De la base de la 
feuille naissaient trois nervures qui aboutissaient à cha- 
cune de ses divisions ; celle du milieu était presque simple 
et les latérales plus rameuses. Les autres parties de la fleur 
n'avaient rien d’extraordinaire, sauf qu’il n’y avait que 
sept pétales (nectaires de Linné.) Le huitième qui est 
ordinairement opposé à la feuille calicinale inférieure 
était remplacé par une étamine. La fleur n’avait que deux 


ovaires. 


Dans l’une des Roses dont je parlais le calice était 
remplacé par cinq feuilles disposées en verticille autour 
de la tige et ne partant point d’un tube, du reste pinnées 
et très-semblables aux feuilles caulinaires, L’axe qui se 
continuait au delà de ce verticille calicinal était couvert 
de nombreux pétales roses disposés en spirale, et n’offrait 
aucune trace d’étamines ni d’ovaires. Dans l’autre fleur les 
feuilles calicinales tout-à-fait semblables aux feuilles de 
la tige n'étaient pas disposées en verticille mais seulement 
rapprochées en spirale autour de l’axe. Le reste comme 


dans l’autre fleur. 


La fleur du Gentiana campestris offre assez souvent 


l’exemple d’une transformation d’ovaire ( carpelle) en 


( 504 ) 


étamine (observation que j'ai déjà faite sur les Euphorbes.) 
J'ai vu l’un des deux ovaires dont se compose le fruit 
changé en étamines; l'ovaire non changé était séminifère 
mais ouvert du côté intérieur (les nervures latérales de la 
feuille qui forment les réceptacles des semences n'étant 
pas assez complettement soudées.) 


J'ai vu dans un échantillon de Drotitalis, hybride entre 
le Digitalis purpurea Linn. et le D. parvifora Lam. une 
fleur qui n’avait que trois étamines. La quatrième (l’une 
de ces deux étamines plus courtes que l’on trouve dans 
l’état normal des fleurs entre les deux divisions latérales 
de la lèvre inférieure et celles qui forment la lèvre supé- 
rieure ) était changée en une division corollinaire. La 
corolle avait donc six divisions. Les autres parties de la 
fleur étaient tout-a-fait dans l’état normal. Il faut remar- 
quer que dans les Personces, Rhinanthacées, Labiées et 
Verbenacées , ce sont en général les deux étamines les 
plus courtes qui s’ouvrent plus tard, et qui avortent ou 
manquent quelquefois tout-à-fait. 


(B page 75.) Il arrive quelquefois que l’on trouve des 
feuilles florales qui portent à leur aisselle des bourgeons 
(toujours floraux). M, Raspail m’a communiqué une fleur 
du Caltha palustris dans laquelle la feuille calicinale 
extérieure était séparée des autres par un espace de quel- . 
ques lignes et portait à son aisselle un bourgeon floral. 
J'ai observé depuis le même phénomène dans le So/arum 
Lycopersicum. Je ne le regarde que comme une excep- : 
tion ou monstruosité puisque non-seulement il ne se pré- 
sente que très-rarement, mais que le verticille calicinal 


( 105 ) 
est alors comme disloqué et que l’une ou l'autre des 


feuilles calicinales est plus ou moins éloignée des autres. 


(C page 76.) Tout le monde sait que toutes les feuilies 
dont se compose chaque fleur partent d’un seul ou même 
axe et ce n’est que dans les Graminées et les Cyperacves 
que l’on a imaginé de réunir dans la même fleur des 
feuilles d’axes différens, (c’est-a-dire des feuilles natu- 
rellement tout-à-fait distinctes.) M. Turpin qui a jeté un 
si grand jour sur la structure des Graminées et Cypera- 
cées (*) a levé tous les doutes sur la nature des bractées 
(c’est ainsi qu’il a appelé ces organes que Zinné appelait 
valvules calicinales et valvules corollinaires extérieures.) 
La nature et la composition des spathelles (glumes ou 
ou valvules intérieures des auteurs) mériteront encore 
d’être examinées. J'ai moi-même, dans un petit traité 
que j'avais il y a deux ans communiqué aux illustres 
botanistes Nees d’Esenbeck et Ernest Meyer, comparé la 
vraie aréte des bractées des Graminées à la lame d’une 
feuille et la valvule à la gaine avec la ligule qui la termine. 
Je développerai ailleurs les raisons sur lesquelles se fonde 
cette analogie. 


(D page 77.) L'on trouve souvent entre les verticilles 
des étamines et des ovaires un autre verticille pour l’ordi- 
naire sous forme de disque glanduleux et toujours formé 
d’étamines avortées ou non développées, que les botanistes 
appellent tantôt zectaire tantôt disque, tantôt torus, 


(1) Mémoire sur l’inflorescence des Graminées et Cypéracées, 
etc, Dans les mémoires du muséum. T, V. 


( 106 ) 


tantôt phycosteme etc. etc. Comme il n’est pas certain 
qu’il existe ou doive exister toujours je ne l’ai pas énuméré 
parmi les verticilles de la fleur, imitant en cela l’illustre 
DeCandolle qui dans sa théorie élémentaire n’énumère 
que quatre parties, le calice, la corolle, les étamines et 
les ovaires. Cepenüant la position des ovaires ou carpelles 
relativement aux étamines dans un grand nombre de 
fleurs (dans lesquelles ils n’alternent pas avec les étamines 
fait soupconner qu’il doit se trouver entre les étamines et 
les ovaires un ou plusieurs verticilles dont les feuilles 
pour des raisons à nous inconnues ne se développent 
jamais ou très-rarement. Ainsi dans les Rutacées la posi- 
tion des feuilles du fruit relativement aux feuilles du 
ealice est toujours déterminée, elles sont toujours alternes; 
qu'il y ait un ou deux verticilles d’étamines. (Voyez la 
note de la page 53 de l’'Enumeratio Euphorbiarum et 
louvzage très-remarquable de mon savant ami Adrien de 
Jussieu intitulé Mémoires sur les Rutacées, page 66.) Dans 
les Polygalées, les Solanées , les Borraginées, les Personées, 
les Rhinanthacées, les Labiées et les Ferbenacées la posi- 
tion des deux ovaires qui composent le fruit est toujours 
la même relativement à la tige, aux feuilles du calice et 
à la bractée, qu'il y ait deux ou plusieurs étamines. (L’un 
des ovaires regarde toujours la tige et l’autre la bractée.) 
Je profiterai de cette occasion pour faire remarquer que 
lon néglige beaucoup trop dans les descriptions et les 
caractères des familles et des genres de faire mention de 
la position des ovaires relativement aux autres verticilles 
de la fleur. 


( 107 ) 

L'on peut en quelque sorte comparer les feuilles du 
disque avec ces petites feuilles imparfaites et qui avortent 
souvent entièrement, que l’on trouve quelquefois au 
sommet des tiges ou rameaux sous les fleurs ou l’inflores- 
cence terminale. Les feuilles de l’involucre des Euphorbes 
munies d’appendices glanduleux et sécrétant comme les 
nectaires un suc mielleux mettent sur la voie de cette 


analogie. 


(E page 58.) Le Botrychium Lunaria nous offre une 
charmante preuve que l’axe n’est pas terminé par les 
organes latéraux, ( feuilles, frons) car les deux frons 
( l’un stérile l’autre fertile ) dont les petioles soudés for- 
ment la fausse tige de cette plante ne sont point termi- 
naux. La base de leur petiole renferme le sommet de la 
tige souterraine (rhizoma). C’est ce qui explique comment 
l'on peut trouyer dans l’intérieur, en quelque sorte, de la 
plante de l’année la plante qui doit se développer l’année 
suivante (et celle-ci renferme à sa base une nouvelle 
plantule. Voyez Xaulfuss dans le Flora ou Regensburger 
botan. Zeitung.) Les fleurs de l’£ucalyptus nous offrent 
des. feuilles tout-à-fait soudées par leurs bords qui en- 
ferment les organes placés dans la partie supérieure de 
Vaxe. 


(F page 78.) La fleur est remplacée par un rameau 
garni de feuilles dans les cas où la nature ne peut rassem- 
bler les feuilles en verticilles et faire disparaître les entre- 
nœuds, ou plutôt quand la jorce végétative l'emporte sur 
la force reproductive. Il en est de même des rameaux floraux 
et des inflorescences. L'on voit très-bien dans le Thesiur2 


( 108 ) 
alpinum que la position des fleurs dans le rameau stérile 
est la même que celle des organes de la fleur. 


(G page 82.) Les cinq petites folioles extérieures alternes 
avec les vraies feuilles du calice des Potentilla et genres 
voisins me paraissent formées par les stipules des feuilles 
talicinales soudées par paires et je ne crois pas qu’elles 
appartiennent à un verticille distinct. Si cela est ainsion 
devra les appeler stipules ou appendices des feuilles cali- 
cinales; c’est de ce nom que les auteurs ont appelés les 
organes tout-à-fait analogues que l’on retrouve dans les 
involucres des Euphorbes. Mille exemples prouvent que 
les stipules des feuilles opposées ou verticillées se soudent 
très-aisément: 

(H page 83.) Les bourgeons des feuilles les plus voisines 
de la fleur ne se développent pas toujours ou se dévelop- 
pent quelquefois plus tard que ceux des autres feuilles 
plus éloignées: C’est ce qu’on voit tres-bien dans les Roses 
dans lesquelles les feuilles caulinaires supérieures qui sont 
quelquefois insérées sur le tube du calice, où &u moins 
qui sont très-rapprochées de la fleur ne portent point de 
bourgeons, et dans le Phrladelphus qui porte sous sa 
fleur terminale deux feuilles opposées le plus souvent 
stériles et quelquefois fertiles. Dans ce cas les fleurs qui 
naissent des aisselles de ces feuilles voisines de la fleur se 
développent plus tard que les fleurs qui naissent des 
aisselles de la seconde paire de feuilles. Je pencherais à 
croire que l’ordre ordinaire de l’évolution ne se trouve 
changé qu’à cause dé la trop grande proximité de la fleur 
terminale qui enlève le sue nourricier aux fleurs qui en 
sont les plus voisines, 


(io ) 

(1 page 85.) L'on trouve dans un grand nombre de 
plantes appartenant à différentes familles des feuilles soit 
de la tige soit de l’inflorescence qui portent à leur aisselle 
deux, trois ou plusieurs bourgeons ou raméaux ou flo- 
raux , naissant sur l’axe primitif. J'avais déjà remarqué ce 
phénomène très-digne de l’attention des botanistes sur les 
Euphorbes, quelques Ballota et Lonicera. (En. Euph. 
page 26.) J'ai retrouvé l’année dernière ces axes ou 
rameaux accessoires sur différentes espèces de Fumarta- 
cées, Crucifères, Résédacées, Rutacées, Légumineuses , 
Salicariées ; Onagraires, Crassulacées , Caprifoliacées ; 
Fubiacées, Jasminées, Gentianées , Polémoniacées , Bor- 
raginées , Antirrhinées , Labiées, Verbénacées, Primula- 


cées et Chénopodiacées. 


C’est par le moyen de ces bourgeons accessoires qui 
produisent tantôt des fleurs solitaires , tantôt des rameaux 
garnis de feuilles que se complique la ramification des 
inflorescences et que se modifie en quelque manière l’évo- 
lution générale des fleurs: Ces rameaux ou axes acces- 
soires naissent (du moins dans les plantes herbacées) 
entre le rameau primitif et la feuille, en allant du centre 
à la circonférence; dans les plantes ligneuses (par exem- 
ple le ZLonicera Xylosteum) ils se développent à ce qu'il 
parait dans l’ordre inverse, c’est-à-dire, que le rameau 
accessoire naît au-dessus du rameau primitif. Dans le 
Lythrum Salicaria Yon trouve de temps à autre trois cymes 
l’une sous l’autre dans laisselle d’une même feuille. Les 
fleurs de celle qui est la moins éloignée de la tige (c’est- 
à-dire le rameau primitif) se développent les premières, 


110 140 


bractées ; de là l’involucelle. Pourquoi donner un nom 
particulier à cet involucelle si la nature de ses brac- 
tées change. 

L’enveloppe d’une ou de plusieurs fleurs de gra- 
minées , groupées et formant ce qu’on a nommé 
épillet ou épiet (petit épi), ne manque pas de dé- 
nominations superflues. Je crois qu'on ne peut 
donner aux bractées , qui se remarquert souvent à 
la base d’un épillet sessile ou pédonculé, que le 
nom d’énvolucelle. Celui-ci ne manque pas non plus 
de synonymes. M. Richard lui a donné le nom de 
lépicène , beaucoup d’autres auteurs l’ont nommé 
glume ou bäle. Linné la nommé calice, et plusieurs 
auteurs modernes glume calicinale. 

Ce n’est pas seulement dans l’enveloppe de la 
fleur , ou plus souvent des fleurs des graminées . 
qu’on a multiplié les dénominations d’un même 
organe ; le vrai calice des plantes de cette famille 
a reçu aussi divers noms, et malheureusement les 
nouveaux auteurs ont encore plus mal fait queleurs 
prédécesseurs , car ils ont donné de nouveaux noms 
à des organes qui en avaient déjà un inutile. 

Pour moi, la première enveloppe d’une fleur, 
proprement dite, doit porter le nom de calice, dans 
quelle famille qu’il se présente et de quelle nature 
qu’il soit (en ne confondant pas toutefois, dans quel- 
ques cas difficiles, linvolucre uniflore avec lui, 
comme dans le genre Nyctago , par exemple ; ce dont 
on ne peut juger dans des cas semblables que par 
analogie). Nous voyons souvent cet organe régulier, 
d’autres fois irrégulier; et alors ce sont ordinairement 
les lobes ou sépales qui sont du côté de l’axe des 
fleurs qui tendent à se déformer les premiers. En gé- 
néral, les organes qui ont une texture destinée à offrir, 


147 111 
offrir dans l’état parfait, de la dureté, doivent plus que 
d’autres éprouver de changemens dans le commence- 
ment de leur développement, Les graminées effective- 
ment nous en présentent de fréquens exemples. Je 
rends donc le nom de CALICE , dans les graminées , à ce 
que les auteurs désignent sous les noms de corolle 
( Linn.); glumelle ( Desv.) ; bäle (beaucoup d’au- 
teurs ); glume intérieure , glume corolline ; péri- 
gone ( DeC.); stragule ( Beauv. ). Voilà donc encore 
sept mots inutiles. 

J'ai dit plus haut que je nommais calice le plus 
extérieur des deux rangs d’organes enveloppant ceux 
de la reproduction, Quand ces deux enveloppes sont 
réduites à une seule , je la nomme encore calice , 
attendu qu’on a un trèes-petit nombre d’exemples 
où cet organe manque complètement, J’ai dit que 
ce calice souvent était très-irrégulier , et les gra- 
minces offrent peut-être le plus grand exemple de 
cette irrégularité. Dans cette famille , je nomme 
donc ainsi les trois parties, qui souvent semblent 
n'être qu’au nombre de deux ; qui constituent l’en- 
veloppe la plus apparente d’une fleur. Généralement 
le nombre ternaire est l’un des caractères des en- 
dogènes ou monocotylédonées. Comment retrouver 
ce nombre ? Ce que je nomme sépale extérieur est 
cette partie dure , foliaeée à la manière des grami- 
nées , sonvent fortement nervée et souvent aristée » 
qui se trouve en-dehors de l’axe floral; vis-à-vis 
est un corps un peu plus court, presque toujours 
membraneux ; sans arêle , relevé de deux nervures 
verdâtres : ces deux nervures sont celles des deux 
sépales intérieurs , soudés dans un très-grand nombre 
de cas, bilobés dans d’autres , et complètement li- 
bres dans le Triticum monococcum (vulgairement blé 

3 


( 112 ) 
sième ordre, etc. Chaque fleur ou rameau floral ne peut 
donc avoir qu'une seule bractée, et la bractée est une 
feuille de l'inflorescence souvent différente (bractée de 
Linné) souvent tout à fait semblable pour le port aux 
feuilles caulinaires, quelquefois elles manquent entière- 
ment. C’est ce que nous voyons entre autres dans les 
Cruciféres (voyez Turpin, Mémoire sur l’inflorescence 
des Graminées et des Cypérées, etc., dans les mémoires 
du Muséum vol. V.) Les fleurs inférieurs du corymbe où 
de la grappe sont quelquefois munies de bractées, ce qui 
n’a lieu que très-rarement pour les fleurs supérieures. Si 
dans les espèces de Cruciféres dont les fleurs n’ont pas 
de bractées l’une des fleurs du milieu du corymbe ou de 
la grappe est remplacée par un rameau garni de feuilles, 


alors on trouve sous ce rameau une feuille ( bractée.) 


Les bractées s’élèvent quelquefois si l’on peut dire ainsi 
jusque sur les rameaux floraux ou sur les pédoncules, et 
alors les fleurs paraissent n’avoir point de bractées. C’est 
ce que l’on trouve sur le Thesium, le Turnera , V Euphor- 
bia Cyparissias (comme abnormité), plusieures Onagrai- 


res (comme le remarque mon ami M. Duby) et So/ances. 


La définition du pédoncule et de la bractée que j'ai 
donnée dans la préface de mon ÆErumératio est trop res- 
ireinte, il faut donc la changer de la manière suivante. 
Le pedoncule est l'axe qui porte la fleur; la bractce la 
feuille d’inflorescence dans l’aisselle de laquelle naît Ia 


fleur ou le rameau floral. 


(K page 94.) La vernation des feuilles et l'estivation des 
organes de la fleur (termes qui désignent finalement la 


mème chose } sont d’une grande importance dans les ca- 
ractères des familles et des genres et surtout dans l’his- 
toire naturelle et la physiologie des plantes. Souvent en 
effet ce n’est que par l’estivation seule que l’on peut re- 
connaitre quels sont les organes extérieurs et intérieurs 
de chaque verticille. L'on trouve d'excellentes descriptions 
des diverses estivations dans les ouvrages de MM. Brown, 
DeCandolle et Adr, de Jussieu. J'ai déjà remarqué dans 
l'Enumeratio Euphorbiarum ete. que les organes exté- 
rieurs se transforment plus facilement par la métamor- 
phose descendente("), et que les rameaux flortux ainsi que 
les fleurs qui naissent des aisselles des feuilles inférieures 
de l’involucre de l’inflorescence avortent plus aisément 


que les autres, on se changent plus aisément en rameaux 
garnis de feuilles. 


Il faut remarquer aussi que la vernation des cotylédons 
est toujours plane , ( vernatio complanata , ) c’est-à-dire 


que les faces supérieures des cotylédons se touchent de 


(x) Goethe appelle metamorphose descendente (unregelmæs- 
sige oder rückschreitende Metam.) la transformation qui s’o- 
père lorsque les organes supérieurs se changent en quelqu'un 
des organes inférieurs, lorsque par exemple les étamines de- 
viennent pétaloïdes. La transformation inverse en quelque sorte 
normale, dans laquelle les organes inférieurs se changent en 
quelqu'un des organes supérieurs, comme par exemple lorsque 
les feuilles du calice se changent en pétales (Primula elatior * 
calycantha) ou lorsque les pétales se changent en étamines 
(Capsella bursa pastoris apetala decandra) rentre dans la meta- 
morphose adscendente, (regelmæssige oder fortschreitende Me- 
tam.) nom sous lequel Goethe désigne la transformation nor- 
male qui change les feuilles de la tige en organes floraux, 


er) 

toute part, que les cotylédons soient pliés, repliés, tournés 
en spirale, etc. Cette vernation ne se retrouve que très- 
rarement , (si même elle se trouve jamais, ) dans les vé- 
ritables feuilles. Les feuilles réellement opposées sont 
pour l'ordinaire demi-embrassantes (obvoluta) les feuilles 
alternes sont embrassantes, (equitantia ) ( voyez l’En. 
Euph. Tab. III, fig. 69, 70, 71.) 11 faut peut-être recher- 
cher la cause de cette différence dans l’imperfection des 
nervures des cotylédons. Il se trouve quelquefois des 
feuilles opposées tout à fait plattes dans leur jeunesse 
dont la vernation est plane, de telle manière cependant 
que les nervures medianes ne sont pas tout à fait super- 
posées l’une à l’autre et chaque feuille déborde l’autre 
d’une certaine portion. Ces feuilles vers la premiere 
époque de leur vie paraissent étre opposées aux feuilles 
du nœud précédent, mais ce n’est qu’une apparence, 
leur entrenœud est un peu tordu et ces feuilles se trou- 
vent ainsi en quelque sorte retournées, (comme les 
fleurs de nos Orchis après leur épanouissement. } Cet ex- 
emple prouve de nouveau non-seulement que les entre- 
nœuds se forment ou se développent au moins plus tard 
que les feuilles qu’ils portent, mais même que les nœuds 
ou points d’attache des feuilles doivent étre cherchés 
sous ces feuilles, dont ils sont séparés par des entre-nœuds 
plus ou moins longs. (Voyez l'Enum. Euphorb. etc., où 
j'ai appelé entre-nœud cotylédonaire la radicule des au- 
teurs, le caulicule de Richard.) 

Du reste je crois que la vernation en apparence plane 
de plusieures A/sinées et du Portulaca oleracea m'est en 


réalité pas différente de la vernation demi-embrassante ; 
(obvoluta). 


MÉLANGES BOTANIQUES 


RECUEIL D'OBSERVATIONS, 


MÉMOIRES ET NOTICES SUR LA BOTANIQUE, 


PAR M. N. C. SERINGE,, 


DIRECTEUR ET PROFESSEUR DU JARDIN DES PLANTES DE LYON, 
ET MEMBRE DE PLUSIEURS SOCIÈTES SAVANTES. 


VOLUME II. — N.° 6 DE LA COLLECTION, 


CONTENANT UN 


MÉMOIRE SUR LA CULTURE ET L'EMPLOI DES CÉRÉALES ET DE 
QUELQUES AUTRES GRAMINÉES , POUR LA FABRICATION DES 
CHAPEAUX ET DES TISSUS DE PAILLE , SUIVI DE NOTES SUR 
LES GRAMINÉES EN GÉNÉRAL. 


Extrait des Mémoires de la Société royale d’agriculture , 
histoire naturelle et arts utiles de Lyon. 


LYON, 


IMPRIMERIE DE J, M. BARRET , PLACE DES TERREAUX. 


OCTOBRE 1851. 


—— — — 


La pagination du milieu des lignes est celle des 
Mélanges botaniques, et celle des angles appartient 
aux Mémoires de la Société. 


ED OS—— 


MÉLANGES BOTANIQUES 


OU 


RECUEIL D'OBSERVATIONS, 


MÉMOIRES ET NOTICES SUR LA BOTANIQUE. 


N.° 6 DE LA COLLECTION. = OCTOBRE 1831. 


MÉMOIRE SUR LA CULTURE ET L'EMPLOI DES CÉRÉALES ET DE 
QUELQUES AUTRES GRAMINÉES , POUR LA FABRICATION DES 
CHAPEAUX ET DES TISSUS DE PAILLE, SUIVI DE NOTES SUR 
LES GRAMINÉES EN GÉNÉRAL. 


Les céréales (1) , indispensables à l’homme 
comme substances alimentaires , ainsi que les 
autres graminées (a), si utiles pour la nourriture 
de beaucoup d'animaux domestiques, pour la con- 
fection de nos engrais, pour nos toitures et 
pour plusieurs autres usages, qui, quoique beau- 
coup moins importans , ne les font pas moins con- 
courir aux agrémens de la vie, les céréales, dis 
je, ont reçu depuis le commencement de ce siècle 
un nouveau degré d'utilité dans la fabrication 
des chapeaux de paille. On a même étendu l’em- 


(1) Blé, seigle, orge, avoine , maïs , sorgho. 
(a) Les notes indiquées par des lettres sont à la fin, 


Ko I 19 
ploi de la paille, tissée avec la soie, jusqu’à faire 


des étoffles aussi pour chapeaux. Ceite branche 


d'industrie est une nouvelle preuve de la néces- 
sité de cultiver avec soin cette famille si émi- 
nemment importante. 

Nous payons chaque année à l'Italie ef à la 
Suisse un tribut considérable, en acheiant dans 
ces contrées des objets que nous pourrions fabri- 
quer chez nous et qui seraient une assez grande 
ressource pour la classe indigente , surtout dans 
des parties de notre territoire dans lesquelles il 
faudrait développer une branche d'industrie (1). 


(1) Nous tirons de la Suisse toutes les tresses dont nous 
faisons nos chapeaux ordinaires , qui ne peuvent entrer en 
France qu’en tresses, en payant un droit, Les pailles ; que 
Paris met dans le commerce , ont jusqu’à 22 pouces de long, 
mais comme on n’est pas sûr d’avoir constamment cette lon- 
gueur , on ne donne aux tissus soie et paille que 15 pouces, 
grandeur que dépasse toujours celle de Suisse. D'ailleurs. la 
paille de Paris est plus belle et plus chère que celle de Suisse, 
malgré le droit qu’elle paye. Peut-être celle de Paris:, fort 
bonne pour tissus, n’offrirait-elle pas le même avantage pour 
tresses , car il est probable qu’elle est récoltée à la maturité 
du grain, époque où elle a moins de flexibilité ( Note verbale 
donnée par MM. Laselve et Chastaing , a Lyon, qui font 
fabriquer une quantité très-variée d’étoffes paille et soie, et 
un autre tissu nommé pagne , fait avec la soïe et un filament 
très-tenace et très-brillant qu'on a cru être produit par le 
Phormium lenux , mais. dont la plante n’est pas bien connue ; 
peut-être est elle due à un bananier nommé vulgairement 
coffn , qui peut-être est aussi l’Abaca ). 


119 83 

Parmi nos céréales , trois genres sont particu- 
lièrement employés à la confection des chapeaux : 
ce sont les Dlés (4) ( Triticum des botanistes, 
Weitzen des Allemands ) , les orges (c) ( Hor- 
deum des botanistes , Gersten des Allemands } et 
le seigle (d) (Secale des botanistes ou Roggen des 
Allemands ). Mais ce sont plus particulièrement les 
blés à chaume creux , nommés communément bles 
tendres , de la section des fromens (4), qui sont 
susceptibles d'être mis en œuvre. C'est presque 
exclusivement du blé communément cultivé en 
France que l'on se sert ; on le nomme froment , 
en latin Triticum vulgare Vill. L'on préfère la va- 
riélé à épi blanc et aristé. Elle a aussi le chaume 
plus blanc, et les arêtes en se développant rendent 
les parois du chaume moins épaisses, et soit 
les lanières qu'on en forme, sat les chaumes 
non fendus , sont beaucoup plus flexibles. On 
augmente cette souplesse en récoltant les pailles 
peu de jours après leur fleuraison et dans le 
moment où le grain est en lait (1). 

(1) Malgré que le grain soit très-mal formé à cette époque 
de maturation, on peut cependant s’en servir comme aliment. 
On peut détacher les épis de la paille , laisser encore les 
grains sécher , et avancer un peu leur maturité. A cette épo- 
que le carpelle, ou gros son , et le spermoderme, ou petit 
son , n’ont pas encore acquis de dureté, et le grain n’a pas 
besoin d’être grué ou privé de ces deux enveloppes , pour 


qu'il puisse être utilisé comme aliment soit en soupe, soit 


Cuit au lait. a 


84 120 


ARTICLE [Ier 


d: 
DES PAILLES FENDUES OU CHAPEAUX SUISSES. 


Deux modes de culture, totalement opposés , font 
obtenir des pailles à chapeaux. En Suisse, où l’on 
fabrique beaucoup de chapeaux de paille fendue 
et plus anciennement des chapeaux à gros tuyaux 
éntiers , cousus près les uns des autres, on pré- 
pare préalablement le terrain par la culture des 
pommes de terre, afin de le rendre très-meuble 
et obtenir une végétation vigoureuse. À la fin de 
celte même année ou au premier printemps de 
la suivante, on sème, assez clair , de préférence, 
la variété blanche et barbue du blé commun 
(Triicum vulgare Vil ). Par cette culture on ob- 
tient de gros ét longs chaumes que l’on récolte 
verts, dix à quinze jours après leur fleuraison. 
Alors on les coupe à la faucille , on en forme de 
petites gerbes ou poignées qu'on lie sous l’épi. 
On les expose ensuite à la rosée, on les 
tourne, puis ensuite on les laisse sécher à cou- 
vert à l’air libre lorsqu'ils ont perdu leur couleur: 
verte. 

Il faut traiter la paille avec beaucoup de mé- 
nagemens pendant la récolte , le blanchiment et 
la dessication , car sans cela on aurait les tuyaux 
écrasés, pliés , et ils ne pourraient plus être mis 


af 85 
en œuvre. On doit avoir grand soin, s'il pleu- 
vait lorsque la paille est étendue sur un gazon 
ras et propre , de la transporter à couvert dans 
un lieu aéré, afin qu'elle ne perde pas sa belle 
couleur blanche et son lustre. Sans ces précau- 
tions elle prendrait une vilaine teinte rousse et 
terne qui lui ôterait de sa valeur. 

Souvent le blé pour chapeaux est cultivé en 
blé d'automne ; chaque paysan du canton de Fri- 
bourg et d’une partie de celui d’Aargovie a un 
petit terrain qu’il fume et laboure convenable- 
ment , pour en tirer la quantité de paille néces- 
saire pour le tressage que peut faire sa famille. 
Chacun d’eux a dans sa cuisine un {soufroir (ec) 
où il blanchit les tuyaux et les tresses qu'il vend 
ensuite en pièces, souvent même non débourrées , 
ou autrement dit dont il n'a pas fmême coupé les 
- bouts, produits par les ajoutages des brins et la 
fin de ces mêmes brins. 

D'autres propriétaires spéculent plus en grand. 
En général, comme je l'ai dit, on prépare le 
terrain par la culture d’une plante fumée et sar- 
clée. On sème en automne, et l'été suivant on 
récolte la paille. Souvent ces blés, dits d'hiver , 
ne réussissent pas bien , c’est-à-dire qu'ils souf- 
frent ou de trop de sécheresse ou de trop d'hu- 
midité. Dans ce dernier cas , les graines des cham- 
pignons parasites , qui circulent avec la sève , 


86 122 

trouvant des circonstances favorables à leur dé- 
veloppement, attaquent les feuilles, le chaume » 
l’épi ou le grain. 

La rouille (Uredo rubigo vera) se montre 
sur les feuilles sous l'apparence d’une poussière 
orangée , elle fatigue la plante. La Puccinie 
des graminées couvre de mouchetures noires 
la paille , et la rend impropre à la fabri- 
cation des chapeaux. L'épi et le grain sont 
aussi attaqués de plusieurs espèces de champi- 
gnons qui épuisent la plante, et alors le chaume 
a un aspect terne qui le rend aussi absolument 
hors d'usage pour les travaux de pailles. Souvent 
la même variété de froment commun , semée en 
automne ou au printemps , ne présente pas les 
mêmes maladies , et si l'une manque, l’autre peut 
réussirs; 1l est donc convenable de semer à cés 
deux époques , d'autant plus qu’en cas de non: réus- 
site de l’une des pailles , celle qu'on pourrait livrer 
au commerce aurait une bien plus grande valeur. 
Si, dans les semis de l’une ou l’autre de ces sai- 
sons, on remarque peu après la fleuraison que les 
plantes soient faibles, que les-chaumes comment 
cent à se tacher , il faut bien se garder de les cou- 
per, mais laisser mürir le grain pour le moudre. 

Si la paille est belle, il faut toujours en lais- 
ser une petile quantité pour graine , et ne pas 
croire que cetle graine ait bésoin d’être changée : 


123 87 


si elle est bien nourrie, bien ronde , lourde , 
elle doit être semée de nouveau ; mais si la plante 
avait été souffrante, ou qu'elle eut été épuisée 
par des champignons , il faudrait s'en procurer 
d’un endroit où elle aurait les qualités nécessaires 
pour faire espérer une bonne récolte. 

Souvent cette récolte est meilleure dans la plaine 
que dans les montagnes ou l'inverse ; il faut donc, 
quand on le peut, multiplier les chances de succès. 

Comme la récolte des blés pour chapeaux se 
fait de bonne heure , les agriculteurs ont soin 
de labourer légèrement aussitôt après , et ils 
sèment soit des raves , des carotes ou du sar- 
razin , dont la récolte est assurée. Souvent en 
même temps que la paille à chapeaux est semée , 
ou au printemps suivant, si l'on a semé le blé 
en automne, on ajoute du trèfle ou du sainfoin, 
qui croit avec le blé ; il grandit assez , après la 
coupe du blé, pour en faire déjà cette annéeune 
récolte , et la suivante on en obtient trois ou 
quatre coupes. Dans les cantons où la pernicieuse 
méthode des jachères est abandonnée , on retire 
souvent une seconde récolte dite dérobée , en ayant 
soin d'employer un assolement qui n'oblige de 
fumer que tous les quatre ou cinq ans le même 
terrain. En multipliant ses produits, l'agriculteur 
intelligent trouve le moyen d’avoir plus de bes- 
tiaux , d'obtenir plus de fumier , et en outre, 


88 124 
il recueille avec une sage économie des engrais 
qu’on laisse perdre autour des étables. 

On peut rendre un peu d'éclat à la paille mäl 
séchée, en plongeant les tuyaux dans une so- 
lution de sel d'oseille ( oxalate de potasse ) dans 
l'eau. Lorsqu'elle est sèche , elle est encore pas- 
sée au soufroir. 

La paille une fois séchée et blanchie , est cou- 
pée au-dessus et au-dessous des nœuds. L'on a 
soin de mettre les bouts de même longueur en- 
semble , de sorte que la partie entre l’épi et le 
nœud supérieur , le plus long de tous, est réservée 
pour les tissus de paille. On en fait des petites 
boties que l'on passe au soufroir , puis on livre 
ces pailles au commerce. Ces tubes, d’une cer- 
taine longueur, sont ensuite fendus au moyen du 
fendoir rayonnant , que j'ai figuré dans ma mo- 
nographie des céréales de la ‘Suisse ; j'en donne 
la figure modifiée à la fin de ce mémoire. L'imper- 
fection qu’il présente m'a engagé à faire connai- 
tre un second instrument beaucoup plus parfait, 
que l’on trouvera décrit dans les notes, lettre à, 
et dont le perfectionnement est dû à MM. Laselve 
et Chastaing de Lyon. 

Ces lanières, d’une largeur déterminée, sont en- 
suite humectées , et l'on en forme des tresses d'un 
nombre de bouts ou brins déterminés, suivant 
le dessin et le bord qui doit toujours être en rap- 


125 89 
port avec la manière dont la tresse devra étre 
cousue. Une fois les tresses faites d’une longueur 
suffisante pour faire un chapeau , sans être obligé 
de faire d'ajouture, on coupe tous les bouts, et 
les pièces sont encore passées au soufroir. Les 
bords des tresses en Suisse n'offrent jamais la ré- 
gularité de celles d'Italie. Comme on ne coud en 
général les tresses de paille fendue que bord sur 
bord en Suisse , on n’a pas senti le besoin d'ap- 
porter toute la régularité que présentent celles 
d'Italie , qui doivent être cousues bord à bord , 
et qui, lorsque la couture est faite , présentent 
autant de fermeté dans la partie cousue que dans 
la tresse elle-même , ce que ne pourraient jamais 
offrir ‘les tresses suisses ; cousues à la manière : 
d'Italie. Elles laisseraient des inégalités qui ren- 
draient le chapeau très-laid. | 

Cette espèce d'irrégularité des bords des tresses 
de paille fendue, et la couture beaucoup moins 
difficile , sont deux des causes qui rendent ces 
derniers chapeaux beaucoup moins chers. Le cou- 
sage, dans toutes les espèces de chapeaux et de 
tressage , se commence toujours par le milieu de 
la forme ou tête. | 

Ce n'est pas qu'on ne puisse tresser la paille 
fendue et la coudre à la manière italienne ; j'en 
posséde de fort beaux échantillons qui ont été 
faits par des dames de Berne , qui , sans avoir 


90 126 

jamais vu faire cette espèce de tressage, sont par- 
venues à lui, donner une grande perfection , soit 

dans le tressage , ‘soit dans le cousage. Mais les 
chapeaux de paille fendue , tressés et cousus à la 

manière italienne , quoique peut-être même plus 
olis que ceux d'Italie, ne présentent pas assez de 

fermeté , et ils ne pourront jamais rivaliser avee 

les florentins. 

Les chapeaux une fois cousus sont encore.en- 
tassés dans les soufroirs , pour les obtenir bien 
frais et brillans , afin d'être mis ensuite dans le 
commerce, 

Cette branche d'industrie, dont le gain, quoique 
petit pour chaque individu, est réparti sur un très- 
‘grand nombre de personnes , rapporte des sommes 
considérables aux habitans des cantons de Fribourg 
et d'Aargovie. La maison Gérard, à Fribourg , 
qui a apporté de nombreux perfectionnemens 
à cette fabrication, en fait un commerce con- 
sidérable , non seulement en chapeaux proprement 
dits, mais encore en ornemens de chapeaux en 
paille d'orge , sur lesquels je donnerai quelques 
détails à la fin de ce mémoire. 


127 gi 


ARTICLE II. 


DES PAILLES ENTIÈRES OU CHAPEAUX D'ITALIE. 


Autant on met en œuvre les ressources d'un 
bon terrain et d’une culture luxuriante pour ob- 
tenir des chaumes gros et longs, lorsqu'ils doi- 
vent être fendus, autant la culture appauvrissante 
est pratiquée pour obtenir des pailles destinées à 
être employées entières. Les terrains de qualité 
fort médiocre, calcaires , argileux, pierreux, même 
sablonneux peuvent être utilisés pour cette culture. 
C'est même un moyen de chercher à couvrir les 
frais des premiers travaux à faire dans un terrain 
qui ne pourrait subvenir à la nourriture d’autres 
plantes, qui auraient besoin d’un sol plus subs- 
tantiel. Les terres à employer pour cette culture 
n'ont pas besoin d’être fumées, à moins qu'elles 
ne manquent absolument de terreau, un labour 
peu profond à la bêche, à la pioche ou à la 
charrue peut-être employé , et l'ensemencement 
doit s’en faire très-serré. C’est bien certainement 
la même espèce de blé cultivé en Suisse que 
l'on a amené graduellement en Italie à un grand 
appauvrissement. -Des épis qui en Suisse ont de 
vingt à quarante grains , sont réduits par la 
culture à quatre ou huit. 

D'après le mémoire de M. Giuseppe Franca- 


92 ; 128 
lanci (1), 1l parait que les terrains calcaires sont 
les plus favorables pour cette culture; puis vien- 
nent les argileux, les tufacés, et, en dernier lieu , 
les sablonneux. Les expositions élevées, aérées et 
inclinées , sont celles qu'il conseille ; il pense que 
les pentes exposées au soleil doivent être choisies, 
plutôt que célles qui sont ombragées. Trop d'hu- 
midité, ou le séjour prolongé de la rosée, ternit, 
dit-il, les pailles. La difficulté de bien compren- 
dre l'italien, m'aura peut-être , d’ailleurs, empêché 
de tirer plus de parti de ce travail qui m'a 
semblé un peu long ; mais pour compléter au- 
tant qu'il m'est possible cet article, je transcris 
une notice intéressante , qui, d’ailleurs , confirme 
les idées de M. Francalanci; elle est extraite de 
la Bibliothèque universelle (juillet 1831, p. 277, 
sciences et arts), qui l’a empruntée au Bulletin 
de la chambre royale d’agricullure el de com- 
merce de Nice , 1831. Elle est attribuée à M. Risso. 
« La graminée qui produit la paille dont 
on se sert pour la confection des chapeaux dits 
de Florence, s'appelle grano marzuolo , blé de 
mars (2). On en connait trois variétés également 
cultivées dans les environs de Florence. 


(1) Memoria sopra la cultura della paglia da Cappelli, 
Firenze, 1825 , 22 pag. in-8°. 

(2) M. Francalanci écrit toujours, marzolo. Il ste. 
beaucoup , ainsi que le blé de ponfédera. D'ailleurs c’est 


129 93 
» La terre la moins forte, la plus pierreuse, 
la moins grasse même, conviennent le mieux à 
la culture de cette plante , lorsque la paille en 
est destinée à être tressée. On doit toujours pré- 
férer les terres qui se trouvent dans des situations 
élevées et très-exposées à l'air, c'est-à-dire dans 
la région des collines. Si le terrain est maigre, 
on jetle deux tiers ou trois quarts plus de grain 
en terre, que lorsqu'on sème pour recueillir le 
blé ; si le terrain est gras et compacte, on en 
jette six fois davantage. 


» La sémination de ce blé se fait à la volée; 


certainement la variété à épi blanc aristé et glabre du Triti- 
cum vulgare Vill. Je ne doute pas que les blés à arêtes ne 
soient moins productifs , quant à la pesanteur du grain ; c’est 
probablement ce qui fait qu'on cultive, de préférence, ces 
variétés sans arêtes quand on veut obtenir le grain. Le déve- 
loppement des arêtes produit probablement un certain épui- 
sement dans l’épi et la paille, dont il importe de profiter 
pour l’avoir d’une certaine souplesse. Les autres espèces de blés 
de la section des fromens , ni aucun de ceux de celle des 
épautres , ne peuvent servir pour la fabrication des chapeaux ; 
ils ont les paroïs du chanme ou trop épaisses ou remplies d’une 
moelle compacte qui leur ôte la souplesse nécessaire. Les 
personues qui voudraient tenter quelques essais, soit de cul- 
ture,soit ensuite de travaux de paille, doivent ou se procurer 
la grainede lavariété la plus estimée en Italie , ou accoutu- 
merl’uneou l’autre de nos variétés de blé ordinaire à cette 
culture appauvrissante. ( Ser. ) 


g4 150 

il est nécessaire de pratiquer de distance en dis- 
tance des sillons pour l'écoulement des eaux plu- 
viales ; car ce froment, pour donner une paille 
fine , propre à la fabrication des chapeaux, ne 
_ réussit que dans les endroits secs et n’a besoin 
que d'une humidité passagère. L'époque la plus 
favorable pour semer ce grain dans les environs 
de Florence, ainsi que nous l'avons pratiqué 
également à Nice, est vers la fin du mois de 
décembre ; mais on peut la retarder jusqu’au 
mois de mars. 


» Dans les (en stériles on sème peu pro- 
fondément , c'est-à-dire qu'on ne recouvre le 
grain que PUR deux doigts de terre suf- 
fisent pour le faire germer: on le recouvre da- 
vantage, si l’on est réduit à le semer dans un 
terrain gras , principalement dans les endroits 
peu élevés. 


» La récolte de cette paille se fait ordinaire- 
. ment vers la fin du mois de mai ou dans les 
premiers jours de juin et par un temps sec ; 
lorsqu'on a semé dans un terrain gras, il faut 
avoir soin de récolter la paille un peu plus tôt, 
parce qu'elle deviendrait trop forte, ce ai 
nuirait à sa qualité. 


» La paille doit être arrachée : en la coupant 
on risquerait de perdre la partie supérieure , 


131 95 
qui est au-dessus des nœuds, la seule qu'on 
émploie à tisser (1). 

» Il est essentiel, pour ‘avoir une paille bien 
nourrie et cependant fine, de faire la récolte 
quand l'épi n'est encore parvenu qu'à la moilié 
de sa formation , lorsque le grain commence à 
peine à se former (2); elle est alors pleine d'un 
suc nourricier , qui remplit les tuyaux , et qui 
se perd de sorte que ces chaumes restent vides 
et sujets par conséquent à se crever. Quelque 
temps après on l'arrache, précisément comme cela 
se pratique pour le lin, et de manière à emporter 


(1) Les tuyaux de paille entre les nœuds sont très-courts 
et ne peuvent être d'aucun usage pour les chapeaux ; s’ils n’ont 
pas été soufrés , ils peuvent servir utilement à la nourriture du 
bétail , n’étant pas encore privés par la maturation de l’épi 
de toute la matière nuatrilive qu’ils auraient perdue plus tard. 
( Ser. ) 

(2) Les échantillons que j'ai recus d'Italie m’ont toujours 
présenté des grains moins avancés en maturation que ceux 
des épis suisses ; en outre , comme ces épis sont soufrés avec la 
paille , le grain mal mûr qu'il renferme ne peut pas étre uli- 
lisé. Le degré un peu plus avancé de maturité auquel on re- 
cueille les blés suisses ( pour la fabrication des chapeaux ) 
n'offre pas d’ailleurs l'inconvénient qui existerait dans les 
blés italiens , qui , pour conserver une flexibilité convenable } 
ne doivent pas être trop fermes , tandis que les blés suisses, 
dont la paille est fendue, ont besoin d’avoir un peu de 
consistence et peuvent être récoltés un peu plus tard sans 
inconvénient , en ayant bien soin cependant de ne pas atten- 
dre la maturité parfaite. ( Ser. ) 

2 


6 132 

les racines. On forme des petites gerbes de gros- 
-seur telle qu'une seule main puisse contenir 
chaque gerbe ; on les étend au soleil sur la place 
même, et on les laisse sécher jusqu'à ce que la 
paille ne puisse plus fermenter et souffrir en 
restant entassée dans les magasins. 

» Pour amener la paille au point d'être tra- 
vaillée, on la transporte par petites portions ou 
gerbes sur un terrain sec, et on l'y laisse ex— 
posée au soleil et à la rosée, en ayant soin de 
bien séparer les gerbes les unes des autres, pour 
qu'elles puissent jouir librement de l'influence de 
ces deux agens de la nature qui opèrent leur 
blanchiment. Quatre ou cinq jours suffisent pour 
cela, et même moins lorsque la rosée est abon- 
dante. Ce blanchissage ne peut se faire que 
par un très-beau temps ; toute autre humidité 
que celle de la rosée tacherait la paille ; c’est 
*pourquoi cette opération se fait préférablement 
pendant les mois de juin et de juillet. 

» En Toscane , on est dans l'usage de ne faire 
blanchir la paille que lorsqu'on veut en extraire 
les tuyaux qu'on destine immédiatement à la 
fabrication des chapeaux : aussitôt que la paille 
a acquis le degré de blancheur qu'on désire, 
on arrache de chaque chaume la portion qui est 
entre l'épi et le premier nœud ; c'est la seule 
qu'on tisse pour être convertie en chapeaux. 


133 97 

» Les parties de la paille ainsi extraites sont 
passées au soufre ; pour cela on fait de petites 
bottes , qu'on peut élargir à volonté. On les 
trempe dans l'eau , et après les avoir bien fait 
égoutter , on les dépose dans le pourtour d'une 
chambre , toujours en bottes, qu’on a soin d’élar- 
gir le plus possible : on fait ensuite brüler du 
soufre au milieu de la chambre et on la ferme 
hermétiquement. 

» Cette opération de passer au soufre, a pour 
objet d'augmenter la blancheur de la paille, de 
lui donner de la consistance, de faire périr les 
insectes qui pourraient s'y trouver , et de la 
préserver à jamais de toute corruption (x). 

» Après avoir été passées au soufre, les pailles 
sont triées, d'après leur grosseur, et divisées en 
trente ou quarante qualités, qui déterminent le 
degré de finesse des chapeaux et par conséquent 
leur cherté (2). 


(1) Il est impossible que cette opération empêche la paille 
de se décomposer ;-elle ne résisterait certainement pas à 
lhumidité unie à la chaleur , mais elle peut détruire les œufs 
d'insectes ou les insectes eux-mêmes qui s’y trouveraient. La 
vapeur sulfureuse modifie légèrement ses principes consti- 
tuans et doune de l'éclat à la paille, tout comme à la soie. 
D'ailleurs les insectes attaquent très-rarement les tiges sè- 
ches des graminées. ( Ser. ) 

(2) Je tiens de M. Targioni que l’on a à Florence des 
espèces de crible, au moyen desquels on sépare les pailles 


9 15/4 

» Les tresses se font généralement avec trois 
brins de paille, et elles sont plus ou moins larges, 
suivant que la paille est plus ou moins fine. La 
beauté et la finesse des chapeaux résultent donc 
du plus grand nombre de tours que fait la tresse 
pour les composer (1). 

» Des essais de culture de cette plante textile 
ont été faits sur les collines les plus arides de 
Nice, par un agronome, et ont été couronnés 
du plus grand succès. Les chapeaux fabriqués avec 
cette paille dans l’hospice de la providence de 
cette ville, fondé et dirigé par M. l'abbé de Ces- 
soles, ont obtenu, dans la dernière exposition 
des produits industriels du Piémont, üne médaille 
d'encouragement. » 


de grosseurs différentes. Ces instrumens doivent beaucoup di- 
minuer les frais de’cette partie très-importante du travail’ 
qui, avec l'égalité dans le tressage, influe beaucoup sur 
l’uniformité et la beauté des chapeaux. ( Ser. ) 

(1) L'auteur de là notice citée avance que les tresses sont 
à trois bouts, ou autrement dit faites avec trois pailles ; je 
n'en ai jamais vu construites de cette manière , mais bien à 
5, 7, 9 ou 11 bouts. Ce ne sont que des petits cordons que 
l’on réunit ensuite pour ornemens qui soient faits à trois 
bouts. Ces cordons sont irrégulièrement quadrangulaires, la 
coupe transversale formerait un losange. Il se pourrait cepen- 
dant que quelques très-beaux chapeaux de Florence fussent à 
trois bouts; mais je ne concevrais pas comment on ne pour- 
rait pas en faire d’aussi béaux à un grand nombre de bouts, 
si toutefois la paille est très-fine, ( Ser. ) 


135 09 

On recherche , dans les chapeaux de paille 
fendue suisse, l'éclat et la blancheur , tandis que 
ceux d'Italie, dont la paille en bottes a le même 
éclat et la même blancheur , se distinguent par une 
teinte plus terne , qu'elle acquiert probablement 
par quelques préparations qui me sont inconnues. 

Les chapeaux dits de Florence ( et quelquefois 
très-improprement de riz, car cette plante a le 
chaume trop irrégulier et trop rude pour pou- 
voir être employé à cet usage) offrent une grande 
perfection dans la fabrication de leur tresse. Les 
bords sont formés de manière à ce qu'ils s'enga- 
gent les uns dans les autres et les mailles sem- 
bient si bien se continuer, que si le fil non 
tordu que l'on emploie ne rendait pas cette 
partie un peu plus haute, il serait impossible de 
trouver la couture. Les fils sont passés dans les 
engrainures en anses enchassées dans l’autre bord 
de la tresse, de manière à décrire simplement la 
courbure spirale de ses bords. 

Les chapeaux de Venise se reconnaissent très- 
facilement à la grossièreté de leur paille et à 
l'irrégularité du tressage et de la couture. Quand 
mème la tresse serait très-fine, on n'éprouverait 
aucune difficulté à reconnaitre le point où les 
bords sont unis, tant ils sont mal préparés pour 
être mis en contact ensuile. 

Le Triticum vulgare ou froment commun , dans 


100 136 

toutes ses variétés peu colorées, n'est pas la seule 
céréale qui puisse être employée pour la fabrication 
des chapeaux ; le seigle (Secale céreale ), ayant aussi 
la tige ou chaume creuse, sert aux mêmes usages, et 
en lui appliquant comme au blé commun la culture 
appauvrissante, on pourrait en lirer un grand 
parti. Le canton d’Aargovie en Suisse fournit 
au commerce un grand nombre de chapeaux fails 
avec cette céréale. Ils n'ont jamais la fraîcheur 
de ceux d'Italie, parce que le chaume du seigle 
n'a jamais la belle teinte de celui du blé, mais 
les chapeaux sont très-forts. Les tresses sont faites 
et cousues à la manière d'Italie. 

Quand les chapeaux d'Italie , d'Aargovie et de 
Venise sont cousus, ils sont encore passés à la 
vapeur du soufre , puis soumis à des machines 
de pression, dont on peut modérer l’action à vo- 
lonté sur l’une ou l’autre des faces, suivant que 
Jon place entre les planches, ordinairement de 
poirier , une étoffe plus ou moins souple. Les 
premiers négocians qui ont employé ces machines 
de pression, ont donné beaucoup d’apparence à 
des chapeaux souvent très-ordinaires, mais dont 
les coutures paraissaient à peine. Il est probable 
aussi qu'ils leur font subir auparavant quel- 
que immersion qui les rend plus brillans. Ce 
sont là des petits secrets de métier qu’on ne 
communique guère. 


157 roi 

Les graminées céréales ne sont pas les seules 
qui aient été employées pour la fabrication des 
chapeaux ; plusieurs essais ont été faits à Lausanne 
par Mie de Saint-Cierge avec les pelites gra- 
minées de nos champs. Elle a eu l'obligeance 
de me communiquer plusieurs échantillons de 
tresses faites avec 1.2 l'avoine jaundtre ( Avena 
flavescens des botanistes, gelblicher hafer des Ai- 
lemans); 2.° l’umourelte (Briza media, gemeines 
zittergrass ) 3 3.° la fouve ( Anthoxanthum odo- 
ratum, gelbes ruchgrass) ; 4.° le culpin des champs 
(Alopecurus agrestis, acher fuchsschwanz) ; 5.° 
le paturin des prés ( Poa pratensis, wiesen ris- 
pengrass ) ; 6.° l’ugrostis vulgaire (Agrostis vul- 
garis, gemeine windholm}); 7.° la phicole des prés 
(Phleum pratense, wiesen lieschgrass ) 3 8.° la 
phléole noueuse (Phleum nodosum, knotiges lies- 
chgrass }) ; 9.° le cynosure à créle (Cynosurus cris- 
tatus, gemeines kammgrass ) ; 10.0 la mélique pen- 
chée (Melica nutans, wald-perlgrass ) ; 1 1.2 l'avoine 
molle (Avena mollis}), etc. La /romenlale ( Avena 
elatior, hoher hafer ) pourrait être aussi employée 
avantageusement; celle plante réussit presque dans 
tous les terrains, surtout dans les marais , au 
soleil et à l'ombre. La portion du chaume entre 
le dernier nœud et la panicule est très-longue. 
Je suis surpris que quelques essais n'aient pas 
encore été faits sur une plante si commune et 


02 158 

qui paraît devoir présenter plusieurs avantages. 
Toutes ces petites graminées offrent un chaume 
d'une belle teinte paille ; elles n’ont pas besoin 
d’être appauvries, elles réussissent dans tous nos 
champs. Le seul obstacle qu'elles pourraient pré- 
senter, ce serait de n'avoir pas la force que pré- 
sente la paille de blé. Elles devraient être traitées 
pour la récolte et le blanchiment , comme celle 
du blé commun. D'ailleurs chacune des petites 
espèces offre une consistance différente. 


# 
ARTICLE I. 


ORNEMENS EN PAILLE. 


Les ornemens en paille pour les chapeaux ont 
“beaucoup varié de forme ; deux espèces apparte- 
nant à deux genres de céréales sont particuliè- 
rement employées dans ce but. 

Le 1.7 provient encore du même blé commun, 
Triticum vulgare , dont on fait des petites tresses 
quadrangulaires, qui diversement entrelacés, sont 
élégantes. Elles sont faites en paille fendue et 
ordinairement à trois bouts; elles servent à en- 
tourer la base de la forme du chapeau comme 
un ruban , ou bien sont cousues en bandes 
d'un pouce et demi de largeur au plus, entre 
des bandes d’égale largeur , en paille fendue cousue 


159 103 
bord sur bord. C'est un moyen d'embéllir le 
chapeau et de le rendre plus coûteux, c’est ce 
que demandent quelques personnes. 

Le 2.6 est dû au chaume de l'orge, qui serait 
trop cassant pour être tressé, mais qui, parvenu 
à la malurité complète, prend un aspect satiné 
fort éclatant. On choisit de préférence les chaumes 
de l'orge commune ou de l'orge à six rangs 
( Hordeum vulgare, H. hexastichon) ; on en coupe 
les nœuds, on réunit les tuyaux qu'on passe au 
soufroir , puis on les fend en long d'un seul 
côlé, on les amincit par leur face interne au 
moyen d’une lame tranchante ou du verre , après 
les avoir aplatis entre deux cylindres, et enfin on les 
fixe les uns près des autres sur la gaze-de-Naples, 
au moyen de la colle faite avec l'amidon et la 
pression (1). 

Ces bandes d'orge ainsi collées sont ensuite dé- 
coupées, soit aux ciseaux, soit à l'emporte-pièce, 
puis souvent légèrement gaufrées, de manière à 


(1) Une autre colle qui pourrait être très-utile pour de sem- 
blables applications, serait celle que plusieurs tisserands de 
toiles fiues emploient pour coiïler leurs étoffes. Elle se fait 
avec la farine de graine de canarie ou alpiste des canaries 
( Phalaris canariensis ), plante fréquemment cultivée pour la 
nourriture des oiseaux. Elle forme une colle extrémement 
mince et qui paraît à peine lorsqu'on a deux substances très- 
wmiuces à faire adhérer l’une à l’autre, 


td 14Ô 

pouvoir en former non seulement des fleurs de 
fantaisie extrêmement variées , mais encore des 
plumes fort élégantes. 

On joint même souvent les ornemens en paille 
d'orge à ceux de paille de blé non appliquée, 
mais en petites tresses en forme de cordonnet ; 
ils sont d'un effet fort agréable ; en mélangeant 
ces deux espèces d'ornemens , on peut obtenir 
des guirlandes fort fraiches et d'une grande variété. 


ns 
ARTICLE IV. 


TISSUS SOIE ET PAILLE. 


On ne s'est point borné à coudre ensemble et 
parallèlement les tuyaux de paille, ni à en faire, 
soit fendue , soit entière , des tresses qui, cou- 
sues , ont formé des chapeaux, des sacs et autres 
objets très en usage actuellement ; on a cherché, 
mélangée avec la soie , à en faire des étoffes 
auxquelles on est même parvenu à appliquer toutes 
sortes de dessins. 

La chaine, en soie, est disposée sur les métiers 
ordinaires à tisser la soie , de manière à faire de 
l'ani, et l'appareil est alors beaucoup plus simple ; 
ou avec des dessins , et alors c’est le métier à la 
Jacquard qui est mis en usage. Cette précieuse ma— 
chine disposée convenablement , le tisserand fait 


41 105 
agir les pédales et engage entre les fils de la chaine 
des brins ou lanières de paille fendue , présentés 
tantôt par le bout supérieur , tantôt par l’inférieur. 
La nuance différente des lanières de paille à leur 
partie supérieure (exposée à l'air et un peu co- 
lorée) et à l'inférieure (enveloppée quelque temps 
dans la gaine de la feuille supérieure , et consé- 
quemment étiolée ) nécessite cette précaution ; 
sans cela l'étoffe serait très-inégale dans sa teinte. 
Une autre raison qui force d'engager tantôt le bout 
supérieur , tantôt l'inférieur , est que malgré le 
perfectionnement des fendoirs l'un des bouts est 
toujours un peu plus étroit que l’autre. Si l’on 
plaçait toujours le bout supérieur de la paille 
du même côté, l'étoffe serait sensiblement plus 
longue d'un côté que de l’autre. 

Il fallait donc trouver un moyen pour engager 
les lanières de paille dans la chaine : d’abord on 
employait une lame de bois mince , au bout de 
laquelle était adapté une petite pince à ressort , 
qui saisissait la paille et au moyen de laquelle 
on l’entrainait. On a trouvé ce moyen trop com- 
pliqué. On se sert actuellement d'une espèce de 
règle plate de bois dur et lisse , dont les arêtes 
sont émoussées. Le bout est découpé en crochet 
mousse , au moyen duquel on saisit très-facile- 
ment les lanières de paille humectées , placées en 
deux paquets à la gauche de l'ouvrier et dont 


i06 142 

le tisserand prend tantôt d'un paquet ( dont le 
bout coloré est en haut), tantôt de l’autre ( dont 
le bout étiolé est en haut ). 

Chacune de ces lanières de paille est ordinai- 
rement séparée par un fil de soie , placé au moyen 
de la navette ; et dans l'endroit où l'on ne veut 
pas mettre de paille , on fait en soie une bande 
unie ou façonnée. 

Si au lieu d’étoffes soie et paille on veut faire 
la gaze Cérès , on se contente de distance en 
distance de faire en soie des bandes très-claires 
dues à l’écartement des fils. 

On peut multiplier vraiment à l'infini les es- 
pèces de dessins , soit de l'étofe de paille , soit 
de la gaze Cérès. Ces étoffes offrent une espèce 
de fermeté qui les rend très-propres à.être chiffon- 
nées en chapeaux, sous lesquels ont met souvent 
une espèce de carcasse ou métallique ou en tissu 
de saule. Cependant elles n'ont jamais ni la fer- 
meté, ni l'éclat du pagne, qui est fabriqué, 
depuis long-temps , en façonné , à Lyon , par 
MM. Laselve et Chastaing. On a long-temps cru 
que cette brillante étoffe était due à la soie et au 
Phormium tenax ou lin de la Nouvelle-Zélande, 
mais on penche actuellement à croire qu’on la 
retire d'une espèce de bananier |, nommée vul- 
gairement coffo. Ces filamens inégaux , demi- 


\ 


transparens , joignent la fermeté à une certaine 


145 ÿ 
flexibilité et prennent facilement des teintes très- 
éclatantes. Ils se distinguent facilement , à la 
loupe , de toutes les autres matières , qui sou- 
vent sont confondues avec elles dans le com- 
merce ; par de petites lames transversales qui 
croisent les fibres longitudinales , et qui pro- 
bablement contribuent à sa fermeté et à sa 
ténacité. D'ailleurs, lorsque cette substance sera 
abondante dans le commerce , elle sera préférée , 
pour les chapeaux , à la paille qui ne pourra, 
comme elle, joindre la fermeté à la demi-trans- 
parence , à la blancheur, et qui n’est pas suscep- 
tible de prendre le brillant coloris du cofo. 

On parviendrait cependant à varier bien davan- 
tage les étoffes en paille et soie, si l'on pouvait 
décolorer la paille sans lui faire perdre de son 
éclat, et ce moyen est encore à trouver. 

Toutes les tentatives ont encore été infruc- 
tueuses pour appliquer le gaufrage aux étoffes de 
soie ou au pagne ; une chaleur même assez modérée 
les rend très-cassantes. 


Je termine ce petit travail en souhaitant vive- 
ment qu'il puisse étre utile à mon pays. Dans 
une année où l’on sent le besoin de procurer 
de l'ouvrage aux pauvres , quelques amis des 
malheureux devraient bien commencer des défri- 
chemens de mauvais terrains, les faire semer en 


108 144 

blé de printemps du pays, s'ils ne peuvent se 
procurer la variation appauvrie d'Italie, en faire 
la récolte dans les circonstances convenables, et 
chercher à établir, soit dans une école de village, 
soit ailleurs, les premiers essais de cette fabrication. 
On n'obtiendrait pas d'abord des tresses fines, car 
ce n'est qu’au bout de quelques années qu'on peut 
appauvrir convenablement le blé, pour ne lui 
faire produire que de petits chaumes. Au lieu de 
blé, un curé, pénétré de la dignité de son état , 
pourrait acheter de la paille de seigle dans son 
village, et faire faire sous ses yeux ces essais qui 
pourraient devenir fructueux. Si d’ailleurs les dé- 
veloppemens que j'ai donnés ne suffsaient pas, 
et que quelques personnes voulussent faire quel- 
ques tentatives, je leur enverrais des échantillons 
de différens tressages , de diverses manières de 
faire les coutures de ces tresses. Il sufirait qu’on 
m'écrivit au jardin des plantes de Lyon ,: dont 
je suis directeur. Avec ces faibles secours, une 
personne intelligente , en défaisant les tresses et 
les coutures, pourrait facilement parvenir à diriger 
des enfans des villages , qui souvent auraient besoin 
d'être occupés. Je me trouverais heureux d'apprendre 
un jour que ce travail ait pu concourir à sou- 
lager l’indigence d'un grand nombre de malheu- 
reux. | 


NOTES , 


PARTICULIÈREMENT SUR LA FAMILLE DES GRAMINÉES. 


(a p.117) La famille des graminées, difhcile par 
elle-même et à cause de la petitesse de ses fleurs , 
a été rendue presque inabordable, surtout pour les 
commençans ,; par la manière pen philosophique 
d’en considérer les trois organes floraux les plus 
extérieurs (involucelle, calice , corolle ). Dans cette 
famille , où les fleurs sont souvent très-rapprochées, 
on trouve quelquefois des bractées en plus ou moins 
grand nombre qui en entourent la base, c’est ce 
que dans l’épi femelle du maïs, par exemple, on doit 
nommer involucre (1), qui est en tout comparable 
à celui des Ombellifères, Dipsacées , Synanthérées, 
à la spathe des Liliacées, des Aroïdées, etc. On 
conçoit facilement que dans les Graminées , tout 
comme dans les Ombellifères , il peut exister des 
assemblages de bractées partiels entourés de quelques 


(1) Outre les noms inutiles que nous verrons plus bas , ap- 
pliqués à d’autres organes des graminées, celui d’involucre n’a 
dans plusieurs families qu'environ dix synonymes superflus. Il a 
été nommé colerette , calice commun, calicule, cupule, péri- 
phoranthe , péricline, spathe , perichætium , etc. On trouvera 
actuellement dans le Dictionnaire raisonné des termes de 
botanique , par MM. H. Lecoq et J. Juillet , à vol. in-8. de 
719 pages, un moyen de connaître cette foule de synouymes 
d'organes qui ne devront plus à l’avenir paraître dans les ou- 
vrages de botanique. Ce dictionnaire , fort bien fait, est le 
seul qui soit actuellement au niveau de la science ; il est ré- 
digé ayec soin et est indispensable à tous les botanistes. 


AR 140 

bractées ; de là l’involucelle. Pourquoi donner un nom 
particulier à cet involucelle si la nature de ses brac- 
tées change. 

L’enveloppe d’une ou de plusieurs fleurs de gra- 
minées , groupées et formant ce qu’on a nommé 
épillet ou épiet (petit épi), ne manque pas de dé- 
nominations superflues. Je crois qu'on ne peut 
donner aux bractées , qui se remarquert souvent à 
la base dun épillet sessile ou pédonculé, que le 
nom d’éinvolucelle. Celui-ci ne manque pas non plus 
de synonymes. M. Richard lui a donné le nom de 
lépicène , beaucoup d’autres auteurs l’ont nommé 
glume ou béle. Linné la nommé calice, et plusieurs 
auteurs modernes gluine calicinale. 

Ce n’est pas seulement dans l’enveloppe de la 
fleur , ou plus souvent des fleurs des graminées, 
qu'on a multiplié les dénominations d’un même 
organe ; le vrai calice des plantes de cette famille 
a reçu aussi divers noms, et malheureusement les 
nouveaux auteurs ont encore plus mal fait queleurs 
prédécesseurs , car ils ont donné de nouveaux noms 
à des organes qui en avaient déjà un inutile. 

Pour moi, la première enveloppe d’une fleur, 
proprement dite, doit porter le nom de calice, dans 
quelle famille qu’il se présente et de quelle nature 
qu’il soit (en ne confondant pas toutefois , dans quel- 
ques cas difficiles, linvolucre uniflore avec lui, 
comme dans le genre Nyctago , par exemple ; ce dont 
on ne peut juger dans des cas semblables que par 
analogie). Nous voyons souvent cet organe régulier, 
d’autres fois irrégulier; et alors ce sont ordinairement 
les lobes ou sépales qui sont du côté de l’axe des 
fleurs qui tendent à se déformer les premiers. En gé- 
néral, les organes qui ont une texture destinée à offrir, 


147 111 
offrir dans l’état parfait, de la dureté , doivent plus que 
d’autres éprouver de changemens dans le commence- 
ment de leur développement. Les graminées effective- 
ment nous en présentent de fréquens exemples. Je 

rends donc le nom de CALICE , dans les graminées , à ce 
que les auteurs désignent sous les noms de corolle 
( Linn.); glumelle ( Desv. ) ; bäle (beaucoup d’au- 
teurs ); glume intérieure , glume corolline ; péri- 
gone ( De C.); stragule ( Beauv. ). Voilà donc encore 
sept mots inutiles, 

J’ai dit plus haut que je nommais calice le plus 
extérieur des deux rangs d’organes enveloppant ceux 
de la reproduction, Quand ces deux enveloppes sont 
réduites à une seule , je la nomme encore calice , 
attendu qu’on a un très-petit nombre d’exemples 
où cet organe manque complètement. J'ai dit que 
ce calice souvent était très-irrégulier , et les gra- 
minces offrent peut-être le plus grand exemple de 
cette irrégularité. Dans cette famille , je nomme 
donc ainsi les trois parties, qui souvent semblent 
n'être qu’au nombre de deux ; qui constituent l’en- 
veloppe la plus apparente d’une fleur. Généralement 
le nombre ternaire est l’un des caractères des en- 
dogènes ou monocotylédonées. Comment retrouver 
ce nombre? Ce que je nomme sépale extérieur est 
cette partie dure, foliaeée à la manière des grami- 
nées ,s sonvent ta but nervée et souvent aristée , 
qui se trouve en-dehors de l’axe floral; vis-à-vis 
est un corps un peu plus court, presque toujours 
membraneux ; sans arêle , relevé de deux nervures 
verdâtres : ces deux nervures sont celles des deux 
sépales intérieurs , soudés dans un très-grand nombre 
de cas, bilobés dans d’autres , et complètement li- 
bres dans le Triticum monococcum (vulgairement blé 

3 


112 148 

locular }, et probablement dans plusieurs autres gra- 
minces. Le point de soudure de ces deux sépales saille 
vers Laxe de la fleur et répond au sillon de la face 
interne du grain. , 

Comment actuellement prouver la présence de la 
corolle et y montrer ce nombre ternaire? Dans ce 
que je nomme calice se trouvent, avant le cercle 
apparent des étamines dans les fleurs hermaphrodites 
ou dans les fleurs mâles, deux ou rarement trois es- 
pèces d’écailles très-minces , souvent ciliées el très- 
petites; c’est ce que, avec Micheli, je nogme co- 
ROLLE. Les auteurs leur ont donné les noms de glu- 
mellule (Desv.), écaille (Linné}), nectaire (Schreb.), 
glumelle (Richard), lodicules (Beauv.). La position 
relative la plus fréquente dans les plantes est d'offrir 
une corolle alterne avec Île calice. Cette corolle dans 
le plus grand nombre des graminées est réduite à 
deux pétales, alternes avec le sépale extérieur et les 
deux intérieurs qui, comme je l'ai dit, sont souvent 
soudés l’un à l’autre. Le troisième pétale devrait être 
devant la ligne de soudure des deux sépales intérieurs. 
Les deux pétales extérieurs sont difficiles à voir pour 
les personnes peu exercées aux dissections , très- 
faciles à trouver dans un grand nombre de cas , lors- 
qu’on en a l’habitude. 

Les trois étamines de PANDROGÉ , quand il est com 
plet, sont placées , une devant le sépale extérieur et 
les deux autres devant les deux autres sépales soudés, 
mais elles se présentent en apparence entre le sépale 
extérieur et les deux intérieurs. Quand il v a six éta- 
mines (Oryza}), trois alternent avec la corolle ét les 
trois EE intérieures sont devant les pétales. Dans la 
fleur épanouie les étamines sont portées par le vent 
tantôt d’un côté , tantôt de l’autre. 


149 ta 5 
Quant au GYNÉCÉ , il est réduit à un seul carpelle 
surmonté ordinairement de deux (rarement de trois ) 
stigmates ordinairement plumeux. A la maturité, ce 
carpelle monosperme est ce que nous nommons vul- 
gairement un grain où une graine, mais c’est un vé- 
ritable fruit. Peut-être les deux stigurates qui se ren- 
contrent dans un. très-grand nombre de graminées 
sont-ils l'indice d’un avortenrent constant de l'un des 
earpelles; ce qui doit le‘faire penser, c’est que lou 
trouve des graminées constamment à trois sligmales , 
dans lesquelles un seul. carpelle cependant se déve- 
loppe. Nous savons bien que dans presque tous les 
chênes les sfx graines du jeune fruit, placées dans trois 
carpelles, se présentent cependant presque constam- 
mentsous apparence d’un seul carpelle monosperme. 
Tous les botanistes savent bien que ke gros son est le . 
carpelle, où ilest difficile de retrouver ces trois mem- 
branes, qui cependant n’y en existent pas moius (1). 
Plusintérieurementest lepetit son, qui pour le botaniste 
est le spermoderme. Encore plus en-dedans on trouve 
l'embryon, qui dans cette famille présente deux posi- 
tions relatives différentes, ce qui, lorsque les fruits de 
ces plantes seront mieux étudiés , formera probable- 
ment deux tribus distinctes. Dans la première rentrerait 
a grande majorité des graminées qui ont l'embryon 
placé en-dehors de laxe floral, ou autrement dit, à 
la face externe de l’albumen , ou, ce qui est la même 


(1) Aucun botaniste observateur ne doute actuellement que 
les tuniques de l'oignon ne soient formées par les bases per- 
sistantes des feuilles , et tous savent que par l'épuisement elles 
se transforment en ce que nous nommons une pelure d’oignus, 
où ne sont pas moins qu'auparavant l’épiphylle , le mésophylle , 
et l’hypopbylle. 


114 H bo 

chose , devant le sépale externe (Triticum). Dans la 

seconde se placerait le maïs, dont l’embryon oecupe 

la face interne de l’albumen , ou autrement dit répond 
à l'axe floral. 


(b p.85—119) Legenre BLÉ (rrITICUM)(1) est facile à 
distinguer des autres graminées à ses fleurs disposées 
en épi, dont l’axe offre des articulations flexueu- 
ses ; au sommet de chaque articulation est ce que 
les botanistes nomment l’épillet, formé dans les blés 
céréaux de quatre fleurs, naissant d’un axe fort 
court, qui est entouré à sa base d’un involucelle 
à deux bractées. De ces quatre fleurs, les deux 
plus inférieurés sont ordinairement fertiles, quel- 
quefois, surtout dans les années où la fécondation 
s'est bien opérée, la troisième offre encore un 
grain fécond ; et, dans le gros blé ou blé anglais 
(Triticum turgidum Linn. ), la quatrième fleur est 
même fertile. 

Ce genre se divise en deux sections très-natu- 
relles. 1.7 fromens (2) , dans lesquels l’axe de 
l’épi est flexible, ne se rompt point sous le fléau ; 
les enveloppes des fruits se fanent et restent ad- 
hérentes à cet axe, d’où conséquemment les graines 
ou fruits non anguleux, mais arrondis, tombent 
nus, c’est-à-dire non enveloppés: par les débris 
de lépi. Ce sont les blés français. 

La 2m section renferme les épautres (3) qui 
se reconnaissent à la rupture des articulations de 


(1) Gaertn., Fruct., t. 81, f. 1,2, 3. 

(2) Seringe, Mélang. botan. vol. 1 , pag. 86. 

(3) Seringe, Mél. bot. , vol. 1 , pag. 116. Ce sont aussi 
des épautres qu’a figurés Gaertner , Fruct., Et. 81, f, 1,2, 3, 


151 115 
l'épi, au sominet desquelles restent souvent ad- 
hérentes et enveloppées plusieurs graines | qui sont 
plus allongées , plus pointues et anguleuses. Les 
enveloppes de ces fruits sont dures et comme crus- 
tacées; ce sont plus particulièrement les blés cul- 
tivés en Allemagne et dans la Suisse allemande. 
Aucune des espèces de cette section n’est employée 
pour la fabrication des chapeaux, Quant à l’utilité 
du grain des espèces des deux sections , outre des 
avantages spécifiques pour la fabrication du pain, 
chacune des sections offre quelques avantages. Les 
fromens s’égrainent plus facilement en récoltant 
la plante, et en outre les oiseaux en détruisent 
beaucoup ; tandis que les épautres, qu’il faut 
d’abord débourrer ( ôter les enveloppes ) avant de 
les broyer , ont l’avantage d’être beaucoup moins 
attaqués par les oiseaux, qui ne peuvent sortir 
le grain de ces envoloppes; il se conserve beaucoup 
plus facilement et les boulangers prétendent que 
la pâte a besoin d’être moins travaillée. 

(cp.85—119) Le genre ORGE (HORDEUM) se distingue 
à ses fleurs en épi, dont l’axe est articulé comme dans 
le blé; mais chaque épillet ( ramification sessile de 
l’épi), au lieu d'offrir trois à quatre fleurs , ren- 
fermées dans leur involucelle ou collerette, naît 
isolé l’un de l’autre, de sorte que chaque articu- 
lation est terminée par trois fleurs demi-verticil- 
lées |, enveloppées chacune dans un involucelle 
formé de deux bractées très-longues , très-étroites 
et terminées par une arête fine. 

Ce genre se divise en deux sections naturelles ; 
dans l’une , Hordea (1), les trois fleurs de chacun 


(1) Guertn., Fruct., t. 81 ,.f. 5, 


Me 152 

des épillets qui sont disposés en demi-anneaw, 
sont toutes sessiles et fertiles ; ici -se rapportent 
les espèces dites à six rangs, malgré que chaque 
articulation de l’axe ne porte que trois fleurs fer- 
tiles et conséquemment des demi-verticilles. C’est 
des espèces de cette section , que lon se sert 
pour faire les fleurs ou autres ornemens en paille. 

Dans la 2€ Zeocrita (1) , les épillets sont disposés. 
comme dans la première section, en demi-ver- 
ticilles , mais la fleur ou épillet du centre est 
hermaphrodite et sessile, tandis que les deux 
latérales sont pédicellées, mâles et conséquemment 
stériles et très-rapprochées de l’axe. Elle renferme 
les espèces à deux rangs ( fertiles ). 

(d p.83—119) Le genre SEIGLE (SRGALE) (2) se distin- 
gue des deux précédens par chaque articulationde l’épt 
qui porte un épillet à deux fleurs fertiles. En 
outre, le fruit vulgairement connu sous le nom de 
grain, est oblong et a son sommet tronqué. 


(c p.83—119) On nomme SOUFROIR un tonneau de 
bois blanc placé debout, fermé en haut par un couver- 
cle qui joint bien. A la partie inférieure est pratiquée 
uue petite porte, par laquelle on introduit un vase 
contenant du soufre. Vers le tiers inférieur du 
tonneau , est assujettie une petite grille en bois, 
qui supporte les petites bottes de paille débarras- 
sées de leurs nœuds. Ces petits paquets remplissent 
les deux tiers du tonneau. Tout'étant ainsi disposé, 
l’on place le couvercle ,; on allume le soufre , on 
l'introduit par la petite ouverture, que l'on ferme 


(1) Gaertn., Fruct., t. 81 , £. G. 
(2) Gaertn., Fruct. ,t. 81, fig. 4. 


QI 


15 117 


ensuite hermétiqaement, Douze à vingt heures 
après , on lève le couvercle, et lorsque la vapeur 
sulfureuse est dissipée ,; on en retire les pelits 
paquets de tuyaux , ou bien si l’on voit qu'ils ne 
soient pas bien blancs, on répète l’opération. C’est 
dans ce même soufroir que l’on soumet encore 
à la vapeur sulfureuse les tresses débourrées ou 
non débourrées et plus tard même les chapeaux, 


(ep. 85—121) Les premiers FENDOIRS employés pour * 
diviser les cylindres de paille (Ser. Mél. bot. v. r, 
fig.) consistaient en une petite branche cylindrique 
en fer, fixée par sa partie inférieure sur un petit 
manche en bois, et terminée supérieurement par 
un coude portant à son sommet 4, 6, 8, 10 
petites lames tranchantes rayonnantes , placées à 
distances égales, et dont le sommet incliné vers 
l’axe, aboutissait à un petit cône de trois à quatre 
lignes de long qui s’engageait dans Ja paille. Au 
moyen de ce petit instrument fort simple, on di- 
vise le tube de paille en autant de petites bandes 
qu’il y a de lames. 

Plus tard, on a fait à Fribourg des fendoirs en 
os.(pl. 1, fig. 1.) , quine sont qu’une bien légère mo- 
dification du premier et qui offrent le même in- 
convénient que lui. Sur un petit manche en bois 
d'environ deux pouces , est fixé à angle droit 
un morceau d'os taillé en autant de lames qu’on 
veut obtenir de lanières de paille, et placées à 
distances égales les unes des autres. Leur partie 
tranchante aboutit à une pointe de 6 à 8 lignés 
de long, qui leur sert d’axe, et qui s’engage dans 
le cylindre de la paille, lequel est poussé contre 
les lames et divisé en lanières, Cet instrument , 


118 154 

quoique ayant des lames bien régulièrement. espa- 
cées, ayant à diviser des tubes de pailles plus ou 
moins gros, doit nécessairement fournir des laniè- 
res assez inégales, car un tuyau d’une demi-ligne de 
diamètre, comme celui d’ane ligne, ne sera divisé 
qu'en huit lanières. 

Les deux modifications de fendoirs que je viens 
de décrire sont ce que je nomme fendoir suisse. 
Celui que j'ai fait représenter ( pl. 2, fig. 2. ) est ce 
que je nommerai fendoir français. La première idée 
de ce perfectionnement paraît due à des fabricans 
de Paris ; mais cette dernière modification a été 
faite par MM. Laselve et Chastaing de Lyon. Voici 
en quoi consiste l'instrument : une base circu- 
laire en laiton , d’une ligne d’épaisseur eb évidée 
en-dessus, est percée au centre d’un trou circu- 
laire d’environ une ligne et quart de diamètre, 
Cette base présente deux espèces d’esplanades cir- 
culaires qui vont en décroissant ou qui simulent 
deux marches qui règnent dans toute la circonfé- 
rence. La partie verticale de la première porte plu- 
sieurs pas de vis. Sur cette première , en repose une 
seconde moins grande, qui est sciée dans son 
épaisseur de manière à recevoir un peu obliquement 
8 lames rayonnantes tranchantes (en acier), qui 
vont aboutir à un axe conique d’environ 6 lignes 
de long, portant 8 cannelures à sa base où viennent 
appuyer les 8 lames qui la fixent en place, 
de manière que l’ouverture circulaire du centre 
se trouve divisée en 8 petites loges à peu près trian- 
gulaires. Tel est le fendoir proprement dit, car les 
deux autres parties servent à diriger et à mesurer le 
calibre de la paille. Le grand couvercle (lettre g4.) 
est en buis ; il porte en-dedans des pas de vis? 


155 119 


qui s'engagent en g dans ceux de la pièce inférieure 
En k,on voit anssi des pis de vis , qui reçoivent la 
troisième pièce par la portion indiquée en £; et 
enfin en j est l’ouverture qui reçoit la pointe de 
la pièce inférieure et le tuyau de paille qui ne peut 
avoir qu’une grosseur déterminée par l'ouverture 7. 
Ce petit instrument offre un grand avantage sur 
les fendoirs suisses, en ce qu’il ne peut recevoir 
qu’une paille d’une certaine grosseur , pour passer 
entre les parois du fendoir et le cône en fer où 
viennent aboutir les petites lames, qu’on peut re- 
tirer , s’il faut les aiguiser. Le tuyau de paille arrivé 
aux lames , est solidement engagé et coupé en 
Janières d’une largeur déterminée, puisque de trop 
gros tuyaux ne pourraient être coupés , n’ayant 
pas la possibilité d’entrer, et de trop pelits ne 
pourraient recevoir la pointe qui se trouve au 
centre de la machine. On risque beaucoup moins 
avec cette machine, d’avoir des lanières inégales ; 
el soit les tresses , soit les étoffes, présentent au moyen 
de cet instrument une beaucoup plus grande ré- 
gularité. 

Les négocians déjà cités ont aussi fait construire 
un autre petit fendoir, dont les lames, très-rap- 
prochées, sont toutes sur le même plan. Sur le 
bois qui porte ces petits couteaux parallèles, vient 
se fixer (à charnière) un autre morceau de bois 
dur, qui, lorsque l'instrument doit agir, est pa- 
rallèle avec le premier, mais à une très-petite dis- 
tance des lames. L’un des bouts du tuyau de paille 
(qui préalablement est écrasé) est placé sur les lames 
contre lesquelles il est pressé quand l'instrument 
est fermé. Alors on tire la paille par le petit bout 
qui dépasse , et elle est aussitôt divisée en lanières 

4 


120 150 

fort étroites. Aucune des autres espèces de fendoirs 
ne pourrait produire des bandes de paille aussi 
étroites; car en multipliant les lames dans l’un 
des fendoirs circulaires, il faudrait employer trop 
de force pour vaincre la résistance des lames jus- 
qu'à ce qu’on puisse saisir la paille par le bout 
qui aurait passé , et avant d'y parvenir, elle serait 
brisée. 


J'apprends à l'instant qu’il existe à Grenoble une 
fabrique de chapeaux de paille, qui correspond avec 
une maison de Paris, et que , surtout à Vizille et 
Lamure ,; beaucoup de femmes sont occupées au 
tressage et au cousage des chapeaux. On m'a dit 
aussi que cette maison trouvait mieax son compte à 
ne faire que des chapeaux ordinaires , mais qu’on 
tressait et cousait les pailles à la manière d'Italie. 


EXPLICATION DE LA PLANCHE PREMIÈRE, 


Fig. r et 2. Seigle, deux fleurs du même épillet ( grossies }. 

Fig, 1. Involucelle formé de 2 bractées lanceolées aiguës c& 

naviculaires. 

Sépale externe , naviculaire, foliacé, garni de poils sur sa 
grosse nervure , terminé par une arêle tronquée. 

Sépales internes soudés et semblant ne former qu’un seul sé- 
pale membraneux et sans arête. 

Un pétale, l'autre est par derrière, et le troisième, qui de- 
vrait être placé au milieu des deux sépales iu- 
ternes soudés, est ayorté. 

Etamines , au nombre de trois, naissant de dessous l’ovaire 
devant Les sépales. 

Pistil , formé inférieurement de l'ovaire (caché en partie par 
un pétale ) et terminé par les deux stigmates 
plumeux. 

Fleur non épanouie, formée d’une bractée ou partie gauche 
de l’involucelle, du sépale externe, et plus inté- 
rieurement du sépale interne, Le reste des or- 
ganes floraux n’est pas développé. 

Fig.2. Deux pétales ( placés entre le, sépale externe et lin- 
terne formé de deux sépales soudés ),. 

Ovaire pendant la fleuraison , mais grossi comme tout le reste. 

Sligmales plumeux , le plus souvent au nombre de deux dans 
les Graminées. 

Fig. 3 et 4. Fleur grossie du Remirea marilima Aubl., retirée 
d’an épillet muni à sa base d’un involucelle. 

Fig.'3. Sépale externe naviculaire et aigu. 

Les”deux sépales internes , soudés presque jusqu'au sommet , 
montrant en aa les grosses nervures de chacun 
des sépales. 

Corolle à trois pélales placés comme il a été indiqué ci-dessus 
et plus grossis. 

Elamines placées comme dans la figure ci-dessus. 

Pislil remarquable par son ovaire alongé et son style terminé 
par trois stigmates, ainsi que la figure 4. 


EXPLICATION DE LA PLANCHE DEUXIÈME. 


Fi. 1. Fendoir suisse à huit lames (de grandeur naturelle). 


a. Manche en bois. 


b. c. Partie du fendoir en os qui sert à diviser la paille, 
présentant en b les huit lames tranchantes seulement 
vers leur sommet, et qui aboutissent à une espèce 
d’épine qui s’engage dans le cylindre de la paille. 

Fig, 2. Fendoir francais à huit lames (de grandeur naturelle). 


a. b. c. d. e. f. Fendoir proprement dit , en laiton, pré- 
sentant en a la base; — D, partie de la base où se 
visse le couvercle g h; — ©, autre partie de la base 
portant les huit lames dont une est marquée d ; — 
e, partie tranchante des lames; — f, pointe cannelée 
à sa base où viennent aboutir les lames. 


g- Partie inférieure du grand couvercle , qui se visse sur 
la base en b. 


h. Partie supérieure dans laquelle se visse la partie : du 
petit couvercle. 


i. J. Petit couvercle montrant en à la vis qui s’engage 
dans la partie À ou écrou du grand couvercle ; — 


j , ouverture supérieure du petit couvercle par laquelle 
on engage la paille. 


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